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INTERVIEW D’OLIVIER PARENT POUR YOUPHIL.COM

Selon le prospectiviste Olivier Parent, l’urgence climatique orientera les choix urbains de demain : "Les villes durables vont être construites dans l’urgence".

Youphil.com : Pourriez-vous nous donner une définition de ce qu’est une ville durable ? Olivier Parent : C’est un terme vaste, la ville durable, et très nouveau. On lui fait dire un peu ce qu’on veut. Avant tout, c’est une ville qui n’a pas d’impact écologique, ou qui le compenserait d’une manière ou d’une autre. Cela dit, ce qui me frappe le plus dans toutes les études architecturales, les analyses statistiques, c’est que finalement, on ne prend pas vraiment en compte l’avis de l’individu qui doit vivre dans cette ville durable. Une ville durable dans laquelle l’individu a envie de vivre dans le respect des différences culturelles et sociales. Je ne suis pas encore convaincu que ce que les études proposent correspondent aux envies et aux besoins de l’individu...
La suite sur www.youphil.com
Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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29/06/2059 : Déchets en ligne de mire


Années après années, force est de constater que chaque foyer, tout comme le milieu industriel, génère de moins en moins de déchets, en Europe comme à l’échelle planétaire. Les industriels ont, pour la plupart et sous les pressions conjointes de l’opinion et des gouvernements, fait les efforts nécessaires à cette réduction. Et l’agroalimentaire est le domaine d’activité, par les modifications de packaging, dont les efforts sont les plus visibles.
Mais la population mondiale grandit à un tel rythme que la production de ces mêmes déchets ne décroît sensiblement pas. Et il reste à traiter les millions de tonnes d’ordures plus ou moins ménagères accumulées au long des dernières cent années écoulées.
Si la technologie a souvent participé à l’état de délabrement actuel de la planète, il semblerait que cette même technologie apporte une solution à l’épineux problème des déchets présents et passés : Nanotech et robotique. Cette dernière pour dépêcher dans les zones contaminées, au dessus tout aussi bien qu’au dessous du niveau de la mer, des armées de robots pour collecter ce que l’homme a abandonné derrière lui. On parle des décharges qui parsèment les paysages de la planète comme des débris infinis que l’on croise en ville, à la campagne, à la plage, dans le désert comme dans la jungle ou en mer.
Cette nouvelle approche du traitement des déchets, soutenue en fin de chaîne par des usines nanoT afin d’apporter leurs un retraitement vraiment écologique, vient en complément du travail quotidien effectué par les pigeons génétiquement modifiés qui assurent la propreté des trottoirs de nos villes.
Mais, malgré tous les développements et innovations dans le traitement des déchets, le premier concerné dans la chaîne de production du déchet c’est le consommateur. Si l’on veut gagner la bataille des déchets, il faut d’abord gagner celle des comportements : le choix du produit générant le moins de déchets et le geste qui sauve : une corbeille n’est jamais loin : il n’y aura jamais assez de robots pour ramasser ce que nous ne retraitons pas !

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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08/06/2059 : Domotique ou majordome robotique ?


Les économies d’énergie ou, plus précisément, l’optimisation de sa consommation restent, depuis plusieurs décades, la grande thématique qui concentre tous les efforts industriels, tous domaines d’activités confondus.
Le logement individuel n’y echappe pas, il est même devenu une science comportementale et technique : la domotique. Mais, chacun, en son logement, ne reçoit pas de traitement égale en matière de domitique. Tout dépendant de la date de construction. Et, notre pays est riche, en millions, de logements bâtis bien avant l’avènement de cette science qui occupe bien des amphithéâtres de faculté et fait la fortune des équipementiers domestiques.
Pour faire simple, chaque proprietaire ou locataire d’un de ces logements anciens, si celui-ci n’a pas été "mis à jour", se trouve face à trois choix : laisser le logement en l’état de "logement inerte", se lancer dans des travaux d’intégration de systèmes domotiques ou faire l’aquisition d’un majordome robotique.
La première des trois situations bien que n’étant pas "politiquement correcte", recueille les suffrages de nombreux foyers, principalement chez les personnes propriétaires de leur logement. Les bailleurs font plus facilement le pas des travaux, incités par les aides gouvernementales.
Alors que l’on pourrait souhaiter voir s’accélérer le rythme de ces travaux, les estimations les plus optimistes n’envisagent la domitisation de l’ensemble du parc de logements français et européens que sous des délais qui se comptent encore en décennies... Car, comme alternative aux investissements et désagréments conséquents aux travaux de domitisation, l’aquisition d’un majordome robotique trouve une place toujours plus grande dans le coeur du grand public. Choix paradoxal au regard de l’hostilité toujours palpable à l’égard de la présence des robots en ville.
Le robot qui semble donc trouver sa place dans la sphère privé se révèle ètre un excellent "manager d’espace domestique" : répondre aux commandes vocales (listes de courses, réglage de température, commandes de lumière, de musique ou d’un plat cuisiné... plus, tout ce qu’il peut gérer de manière autonome, selon un protocole établit par logiciel intégré( ou téléchargé, pour les propriétaires de robots non spécialisés). Les promoteurs de la robotique voient dans les majordomes un excellent moyen de faire progresser le nombre de robots dans la cité d’une manière douce, ventant les mérites d’une domitique beaucoup plus souple et adaptable au plus près des désirs et comportements de chacun, en opposition totale avec la domitique intégrée, plus discrète mais figée, selon ses détracteurs.
La domotique dite intégrée est pourtant bien une forme de robotique... quoique plus discrète ! Il semblerait, qu’une nouvelle fois, ce soit la guerre de l’anthropomorphisme du robot qui fasse rage !

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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04/05/2059 : Les joyaux de l’écologie

Quand les métiers d’arts viennent au secours des écosystèmes en perdition, on obtient l’improbable symbiose du luxe et de la biodiversité, c’est en tout cas l’expérience, qui se veut unique, proposée par les "Sanctuaires du Monde" (lire FH/YVA 10/03/2059 : Les nouveaux zoos). Ce que le grand public sait moins, c’est que ces Sanctuaires ne sont pas à destination de nos seuls faunes et flores, de nos seuls écosystèmes en voie de disparition. La simple sauvegarde alimenté par le sentiment de culpabilité ou par la nostalgie était loin d’être suffisante pour justifier et financer ces zoos du dernier espoir !
Si l’envie vous prend et, surtout, si vous en avez les moyens, vous pouvez vous isoler dans un Sanctuaire et y vivre des moments de luxes rares de nos jours.
Il faut prendre le temps de la visite du Sanctuaire de Paris. Il est constitué de neuf unisphères (contraction d’univers et sphère). Chacune de ces unisphères, à la forme fort élaborée selon l’écosystème qu’elle porte en son sein est le siège d’un univers particulièrement équilibré au point de tendre vers l’autarcie. Chacun des unisphères s’imbrique élégament dans l’ensemble de huit autres unisphères. Les parois des unisphères faites de verre nanoT sont photo-actifves (photo-électrosynthèse, photo-absorption de polluants...),
Parmi les joyaux perdus, les concepteurs du Sanctuaire parisien ont sélectionnés les lagons des Seychelles, la forêt primordiale de Bornéo, les bords du Gange, un désert Dogon, un glacier et son alpage, les palétuviers de Floride, la savane d’Afrique équatoriale, une banquise et un haut plateau himalayen.
L’heureux client des Sanctuaire, au cœur de ces unisphères, au cœur de ces écosystèmes miraculeusement sauvegardés et reconstitués, au cœur de la ville où, souvent, il travaille sans compter, il peut jouir d’une hôtellerie de luxe dans un mobilier fruit d’un artisanat d’art qui bénéficie directement de la sauvegarde de l’écosystème dont il est issu. Marqueterie et travail de l’os, du cuirs ou de la pierre, tissus et draperies, joaillerie et orfèvrerie, ébénisterie et menuiserie... Ce que les artisans d’art du monde entier font de mieux se trouve à portée de la main du consommateur fortuné moderne. Pour les bourses les moins bien loties, l’expérience pourra n’être qu’un promenade dans l’un de ces microcosmes afin, tout simplement, de retrouver le goût de la solitude ou le plaisir de s’interroger : "Suis-je seul ?" tout cela sans risque !
"Le luxe réinventé !" s’exclame le directeur du Sanctuaire de Paris, Képhas Quasguet qui compare son établissement aux thermes de Monaco ou à des complexes hôteliers tels que celui du Normandie-Deauville avec des capacités écologiques que n’atteindront jamais ces lieux sélects mais désuets en terme de conceptions.
Les opposants aux Sanctuaires existent. Ils doutent des intentions altruistes du milieu du luxe, s’opposant farouchement aux formules "zoos à bas prix" dans lesquels le grand public est cantonné à la franche de ces univers clos pendant que les nantis bénéficient d’un luxe inaccessible sous couvert de protection de la biodiversité ! Mais la mode est lancée... le marché, une fois encore fait sa loi.
Ecrit avec la collaboration de Simon Gasquet
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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27/04/2059 : La traversée de Paris

Que reste-t-il des grands travaux d’infrastructures des trente premières années du XXIe siècle ? L’enfouissement du tronçon de la RN13 qui traverse Neuilly-sur-Seine (92) a été le prélude à toute une succession de travaux souterrains dans le sol de la capitale. La transformation des voies sur berge "Georges Pompidou" en zone piétonne et espace vert avait vite appelé à la création d’un solution alternative pour traverser d’Est en Ouest de cette capitale toujours soumise au diktat de l’automobile individuelle non-robotisée.

Les diverses procédures de déclaration d’utilité publique, les appels d’offre et autres délais légaux ont repoussé les travaux de la RN13 à tel point que ce tronçon souterrain ne fut inauguré qu’en 2021. Parallèlement à ces travaux, les procédures et études étaient lancées pour assurer un prolongement de ce tunnel jusqu’à l’autoroute A4, à l’extrême Est de Paris. Cette traversée souterraine devenait, de fait, le premier autoroute souterrain et urbain de France prenant le nom d’A01. il fut inauguré en grande pompe, en 2032. l’ensemble de ces deux tranches de travaux coûtèrent la bagatelle de 7 milliards d’euros à l’état, aux collectivités locales et régionales ainsi qu’aux particuliers ; un péage automatique par RFID fut mis en place dès le début de l’exploitation.

Alors que l’automobile étaient en voie d’automatisation et robotisation, que le trafic passait sous gestion collective et globale, ce qui impliquait des mutations très importantes pour l’avenir des transports, les banlieues Nord et Sud revendiquaient à aux cris leur autoroute souterrain, devant relier l’A1 à la A6... l’A02 était portée sur les fonds baptismaux de manière encore plus rapide que la jonction entre la RN13 et l’A01 ! Sans réelle concertation sur l’évolution de l’industrie automobile, pas plus que sur l’avenir des transports particuliers et collectifs.


Aujourd’hui, 8 ans après la fin des travaux titanesques sous Paris, la circulation automobile a réduit au point de faire apparaître la démesure des travaux entrepris et leur surdimensionnement. On se permet de se poser la question : "Les pouvoirs publics de l’époque, ont-ils pris le temps de se projeter dans l’avenir ?"

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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10/03/2059 : Les nouveaux zoos -

Vous n’avez sûrement pas pu éviter ces bâtisses gigantesques qui jaillissent au cœur de la plupart des mégapoles de la planète tels des phares ou, mieux encore, selon les promoteurs de ces projets démesurés, comme des joyaux géants posés au milieu d’écrins que deviennent ainsi nos centres urbains Hi-tech (lire FH/YVA 04/05/2059 : Les joyaux de l’écologie). Les campagnes de presses motivées par ces projets n’ont pas manqués pour les faire connaître bien avant le dernier coup de pioche. Il fallait expliquer au plus grand nombre que, grâce à ces débauches de moyens, ces lieux allaient devenir des sanctuaires de biodiversité, sanctuaires indispensables à l’avenir de l’homme.
Les projets comme l’Arche du Spitzberg vont beaucoup plus loin, en terme de sauvegarde et d’efficacité par la numérisation des génotypes de la plupart des formes de vie de la planète. L’autre grand projet de vie virtuelle est une approche alternative à l’indispensable plan de sauvegarde lancé à l’échelle de la planète. Mais l’un comme l’autre, bien que bénéficiant d’un relais médiatique important auprès du grand public, sont très lointain en terme d’image et d’accessibilité auprès de ce même public.
Les Sanctuaires du Monde répondent à cette nécessaire proximité qui aide à comprendre les dépenses publiques consenties à la réalisation de ces projets virtuels, qui seront, on l’espère, rentables sur une longue durée. D’autan plus que l’actuelle population active n’a jamais connu la planète que dans l’état de décrépitude tel que nous l’ont transmis les générations précédentes.
Pour le grand public, les Sanctuaires sont un peu ce que furent les zoos, à la du XIXe siècle, quand on donnait à voir aux foules occidentales des exotismes inimaginables sans eux. Ainsi sont ces Sanctuaires qui rappellent à l’humanité que le monde se baignait dans l’eau bleue des atolls aujourd’hui submergés, que le monde se mirait dans des glaciers aujourd’hui fondus, que le monde se perdait dans des forêts aujourd’hui rasées... Que le monde possédait milles autres lieux magiques à jamais perdus. Ces zoos ultra modernes permettent aux gens de s’approcher de ces paradis perdus... Mais pas de trop prêt : question d’équilibre.
Écrit en collaboration avec Simon Gasquet
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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23/02/2059 : Mœurs et urbanisme

La Préfecture de Police vient d’autoriser une manifestation qui ne risque pas de passer inaperçue. L’ensemble des acteurs des professions du sexe se rassembleront dans huit jours, place du Châtelet pour faire entendre leur voix. Ils invitent leurs sympatisants à venir manifester avec eux.
Les propriétaires de clubs et ceux de sexe shops, les prostituées et les danseuses de table dance... tous refusent de faire les frais du nouveau projet d’urbanisme du quartier des Halles. La municipalité va rendre public son choix de projet architectural pour le renouveau du quartier des Halles (voir FuturHebdo du 22 janvier 2058, le Phœnix de Paris). Le projet qui rassemblent le plus de suffrages "off" et qui est sensé célébrer le retour des pavillons Baltard (le Monde du 4 septembre 2056) implique un fort réaménagement du quartier autour des Halles.
Cette nouvelle version architecturale des pavillons des halles sera gigantesque. Dans ce projet, les quatres batiments de verres et acier nanoT déploiront des piles et colonnes qui, elles, prendront appuis dans les rues attenantes, telles que les rues Saint Denis, de la Grande Truanderie... Ce à quoi les professionnels du sexe répondent : « Toutes les grandes villes du monde ont leurs quartiers rouges. Nos activités ont toujours traditionnellement trouvé leurs places dans ce quartier de Paris. Ce projet n’est qu’un nouveau moyen de nous repousser toujours plus loin, vers la périphérie de la ville… ».
Une association est née au cours de l’été, quand les projets des divers cabinet d’architecture ont commencé à dévoiler les modalité de déploiement de leurs dispositifs. Dans les locaux de "Putes mais pas soumises", les gens se rassemblent en nombre et les caliquots et autres banderoles se préparent. La mairie de Paris ne s’est toujours pas exprimée. Son silence passe pour de l’embarras. Les activités du sexe, même si elles gènent, font partie effectivement du paysage parisien. Il est envisagé de demander aux architectes de revoir leurs copies en respectant la structure traditionnelle du quartier...
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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15/09/2058 : 36600 communes et moi, et moi, et moi…

Le Parlement Français célèbrera au cours du mois de septembre le 20e anniversaire de la promulgation de la loi de réorganisation des municipalités françaises. Cette loi avait été votée en urgence, avant l’été 38 et la traditionnelle interruption estivale des travaux parlementaires, en réponse aux grandes crises institutionnelles des années 30-35 provoquées par le manque chronique de candidatures aux élections municipales. Ces crises avait atteint leur apogée au printemps 2038.
Ce texte proposait une rationalisation du territoire français. Le nombre de municipalités, en France, passait de 36600 à moins de 22000. Ce regroupement avait surtout touché les municipalités de moins de 2000 habitants, celles-ci représentant un peu plus de 85 % des municipalités en France. Trente années auparavant, l’Eglise Catholique de France, par manque de prêtres, avait procédé à une réduction similaire du nombre de paroisses sur l’ensemble du territoire Français, passant d’environ 35 500 paroisses à moins de 18000.
Les parlementaires avaient-ils pris le temps de relire les chroniques de cette révolution culturelle autant que cultuelle ? Il avait fallu faire preuve de beaucoup de délicatesse et de psychologie afin de ne pas froisser les édiles et les administrés des municipalités sacrifiées sur l’autel de la réforme et de l’efficacité républicaine et autant qu’européenne. Ce remembrement répondait, en effet, à une volonté européenne, la Commission Européenne attendant de ses états-membres qu’ils prennent en compte les évolutions de leurs populations dans la gestion de leur territoire en termes d’urbanisation et d’infrastructures autant qu’en termes de biodiversité et de ressources naturelles. Les mouvements de populations étant globalement à l’urbanisation, le nombre de communes n’était plus en adéquation avec le tissu humain et, ce, malgré les mouvements qualifiés de « retour rurbains ». Cet anniversaire est aussi à mettre directement en rapport avec la dématérialisation de la citoyenneté et de l’adresse postale (cf. YVA du 25 déc. 2056).
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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25/08/2058 : Six hundred feet under

L’homme porte en lui l’idée que son développement se fait naturellement sur le plan horizontal avant de s’élever selon un axe vertical. La preuve en est que les recherches océanographiques, spéléologiques et géologiques ont toujours été faites en retard par rapport aux explorations de surface puis des espaces interplanétaires. Ces considérations trouvant bien évidemment leurs origines dans des difficultés mécaniques dues aux milieux puis aux impacts technologiques.
Force est de constater cette aversion pour les mondes souterrains qui est allé jusqu’à influencer le développement même de nos mégapoles contemporaines. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, tous les projets d’aménagement des sous-sols qui ont pu se succéder pour une ville telle que Paris n’ont-ils pas tous avortés ? Cette aversion n’a pour autant pas empêché les travaux de nécessité tels que ceux des transports collectifs et autres parkings souterrains du temps de l’automobile reine. Des centres commerciaux ont également tenté quelques percées en profondeur, se raccordant à d’autres couloirs... mais se faisant sans grande concertation, en tout cas rien de manière globale, à l’échelle de la ville. Imaginez un tel développement, en surface ; ce serait une belle anarchie !
L’actuelle maire de Paris tente de cristalliser autour de sa personne une concertation globale en vue de rationaliser les kilomètres de souterrains qui parcourent les sous-sols de la capitale. La volonté clairement affichée étant de faire oublier l’image de cette fourmilière anarchique qui gît sous la ville, pour proposer un plan d’urbanisme cohérent. Malheureusement, cette bonne volonté devra tenir compte d’une hostilité pour le moins inattendue : la Nature ne supportant pas le vide, la vie s’est organisée dans les kilomètres de couloirs et de tunnels laissés à l’abandon au cours des décennies. Qu’ils se fassent appeler les Troglos, les Caveux... ils ne vont pas se laisser exproprier sans faire valoir leur droits sur ce qu’ils considèrent comme leurs domiciles. Et c’est bien cette vie troglodyte qu’ils revendiquent !
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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28/07/2058 : Alliers de plumes et d’acier


Les robots-jardiniers que l'on a pris l'habitude de croiser lors de nos promenades rurales vont recevoir de nouveaux alliers dans leur tâche d'entretien de nos forêts et de nos campagnes.
La société Meyriet Baxter Genie-Gen (M-B Gene-Gen) qui, en collaboration avec la municipalité de Paris a développé le G&N-pigeon-éboueur, propose une nouvelle application à son animal modifié par voix de génie génétique. A l'attention des municipalités rurales autant qu'urbaines, le nouveau produit de M-B Genie-Gen est un G&N-pigeon programmé pour s'attaquer aux populations d'insectes qui migrent vers le Nord au gré des modifications climatiques. Pour la plupart venus du Maghreb, enjambant la Méditerranée, portés par des vents toujours plus capricieux, ces insectes entrent en compétition avec les espèces endémiques et mettent en danger certains représentants du monde végétal.
Les modifications génétiques qu'a subit le G&N-pigeon ont principalement élargit l'étendue de ses goûts « culinaires » : tous ces nouveaux hôtes de nos contrées lui sont des friandises. De plus, lui ont été « ajoutées » trois nouvelles qualités, en plus d'un bec renforcé. La première qualité est une immunité à l'épreuve de tous les venins qui sont à la disposition de ces envahisseurs. La deuxième est une capacité insecticide du système digestif qui s'assure que tout insecte, tout œuf d'insecte ingéré sera efficacement éradiqué. La dernière de ces qualités est une persévérance que le pigeon naturel n'avait pas. Cette ténacité est indispensable pour déloger certains malins dans des trous d'arbres.
Le binôme robot-jardinier-G&N-pigeon insectivore a la difficile mission de protéger et de maintenir, autant que possible (pour combien de temps encore, s'interrogent certains) la biodiversité d'une campagne de plus en plus laissée à elle-même. Le choix du pigeon interroge, mais la réussite de l'adaptation du G&N-pigeon parisien donnait ce même oiseau comme le meilleur des candidats à cette nouvelle adaptation.



© Olivier Parent
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Le 21 avril 2058 : Mise à jour de pathologies psychiatriques


Le Congrès International de Psychiatrie, réuni à Vienne, en Autriche, reconnaît officiellement le syndrome dit de Bailey, du nom d’un héros d’Isaac Asimov, auteur de Science-Fiction du XXe siècle.

Ce personnage, à l’instar de ses contemporains de fiction, est incapable de se promener à l’air libre du fait de son éducation troglodyte, au sein de cités géantes et souterraines, coupé de tout, surtout de tout rythme et de toutes influences naturelles. Les cabinets des psychothérapeutes ont été amenés à traiter de plus en plus de patients souffrant d’Agoraphobie Péri-Urbaine Dépressive (APUD) ou syndrome de Bailey. Ce sont des urbains qui vivent dans les principales mégapoles de la planète, utilisant les cellos comme domicile, et pouvant passer plusieurs jours consécutifs sans en sortir. Ce sont des professionnels aguerris dans leur domaine que ce soit dans le tertiaire ou le quaternaire. La plupart du temps, le syndrome se révèle à la suite d’un séjour prolongé en milieu rural. A leur retour, les victimes du syndrome de Bailey s’enferment dans leur cello, refusant tout contact avec l’extérieur. Ils sont tétanisés par la peur du ciel bleu, des espaces ouverts, des courants d’air frais et par l’absence de l’ubiquité numérique que leur offre le confort sécurisé des cellos.

Les pompiers de Paris ont demandé à recevoir une formation spécifique sur le traitement de tels symptômes. Leurs représentants syndicaux ont révélé que le nombre d’interventions concernant de tels cas était en constante progression. Ils constatent également que l’obésité est souvent associée aux cas d’APUD, ce qui complique leur tâche quand la personne auprès de laquelle ils interviennent a dépassé en corpulence le gabarit de la porte de leur cello. Cela nécessite le démontage d’une des parois du cello, voire sa destruction, dans certains cas. En plus du traumatisme lié au syndrome de Bailey, les victimes doivent subir celui de la destruction d’une partie de l’habitat qui les rassurait tant. Les pompiers sont amenés, à ce moment, à gérer un sur accident psychologique majeur.
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Le 4 février 2058 : La Camargue boit la tasse


La France vient de perdre un de ses joyaux naturels : la Camargue n'est plus. Après consultation par le gouvernement des différents acteurs sociaux, privés et politiques, il a été décidé de mettre fin au pompage permanant des eaux d’infiltration. Ce territoire était devenu un polder, au cours du dernier demi-siècle, du fait de la montée du niveau des mers, consécutive aux dérèglements climatiques constatés au cours de la même période. Le programme de sauvegarde mis en place ces dernières années, aura plus tenu de « l’inventaire avant fermeture définitive » que du plan d’action volontaire qui devait assurer la sauvegarde de ce parc naturel.
Aujourd’hui, c'est bien un constat d'échec qu'il faut établir : l'homme n’a pu rien entreprendre contre les forces de la Nature, d'autant plus quand il est à l'origine de ces déclenchements de "colère". Plus au Nord, en Europe, les Pays-Bas ont décidé de se battre, coûte que coûte contre les éléments, en surélevant leurs digues et en renforçant les systèmes de pompage. Dans le même temps, les autorités incitent les particuliers à construire des maisons inondables, c’est-à-dire sur pilotis.
Chaque pays réagit de manière différente à cette montée des eaux. Le classement de la Camargue au Patrimoine Mondial de l’Humanité, auprès de l’Unesco, n'y aura rien changé. Ce territoire était pourtant le témoin de ce que l'homme peut réaliser quand il respecte la Nature. Le gouvernement de Monsieur Pierre-André Ballama-Petrus est accusé, par l’Opposition, d’avoir baissé les bras malgré un habile discours qui tente de minimiser l'impact de cet arrêt.
L'Opposition fait son beurre d’une telle affaire en s'en emparant. Elle stigmatise l'immobilisme du gouvernement national aussi bien que celui de la Commission Européenne et promet, en cas de victoire aux prochaines élections législatives, de lancer un programme de sauvegarde étendu à l’ensemble des zones humides de France.
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Le 21 janvier 2058 : Le Phoenix de Paris


Le quartier des Halles, au centre de Paris, n’en finit pas de renaître de ses cendres. 35 ans après la fin du deuxième réaménagement de ce quartier devenu sensible, ce quartier n’arrive pas à trouver son équilibre. Le traumatisme issu des premiers travaux, datant des années 1970, se fait toujours sentir.

La Dalle, cette gigantesque couverture de verre et d’acier qui s’étend sur les jardins, la réussite de la dernière tranche de travaux, fédère les nouveaux projets et les espérances. Des riverains professionnels et résidentiels soutenus par l’architecte Pierre-Yves Dodelle, proposent le doublement de la Dalle et le retour symbolique des pavillons Baltard : suspendue à une soixantaine de mètres au-dessus du sol et couvrant ainsi la première Dalle, cette nouvelle structure transparente embrasserait tout le quartier des halles, de Beaubourg à la rue du Louvre. Elle porterait de petits jardins et quatre nouveaux pavillons, inspirés de ceux conçus par l’architecte du XIXe siècle. Ces nouveaux pavillons sont appelés à devenir des centres de loisirs et de culture.

Les matériaux nanoT rendent possible un tel projet. Sans eux, ce projet prendrait une toute autre forme. Les difficultés techniques concerneraient aussi bien les structures de soutien qui deviendraient vite massives à l’excès, que la structure de la dalle. Celle-ci aurait du mal à garder toute légèreté tant elle serait épaisse afin d’obtenir la rigidité nécessaire au soutien de son propre poids ainsi que celui des pavillons Baltard.

C’est cette potentialité qui inquiète les opposants au projet Dodelle : « Les matériaux nanoT doivent-ils justifier des projets qui par leur gigantisme perdent toute crédibilité objective. Avec ce genre de principe, pourquoi ne pas couvrir tout Paris d’une telle dalle et ainsi doubler sa surface utile ? » s’interroge le nouveau porte-parole des opposants au projet Dodelle. L’idée de la couverture de Paris, quant à elle, a déjà été évoquée… et refera parler d ‘elle !

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Le 2 juillet 2057 : Le tag est de retour

Le tag, expression graphique et populaire, a toujours oscillé entre art et transgression. Pour nombre d’élus, l’arrivée et la généralisation des surfaces nanotechs semblait sonner le glas des tags jugés coupables : les nouvelles surfaces et les peintures devenaient résistantes aux bombes de peinture et aux feutres des taggers. Pendant une quinzaine d’année, on a vu les tags contraints de rester aux confins des villes, dans les parties les plus pauvres, les moins rénovés.

Dans le même temps, les nanotechs continuant leur conquête de tous les pans de la société, permirent l’arrivée des peintures et des feutres eux-mêmes nanotechs et dont les prix se trouvèrent en constante baisse. Aujourd’hui, pour un tagger, cela lui revient à des coûts sensiblement identiques aux outils des taggers de la génération précédente. Alors les tags sont repartis à la conquête des centres-villes, vivifiés, renforcés par cette longue décade d’exil.

Renaissance pour certains, scandales pour d’autres, le tag n’en est pas moins une expression artistique à part entière. Le tag est une image, une représentation de notre urbanité, une des expressions des diversités et des disparités des vies qui se croisent et se percutent, parfois à contre cœur, sur les trottoirs de nos mégapoles. Les municipalités ont beau « réactiver » leur appareil législatif répressif contre les taggers, le tag reste pertinente. Le tag exprime la distance qu’il existe entre diverses tranches de la société. Le tag est le point de jonction, de communication entre ces sous-groupes sociaux qui n’ont pourtant guère de points communs.

Le tag fait peur. Le tag dérange. Le tag est comme un caillou dans nos chaussures trop propres, qui nous rappelle que nous avons été sauvage et violent. Qu’il faut aussi être et rester en réaction contre un établissement qui peut tourner au somnifère suicidaire.
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Le 18 juin 2057 : Retour à la vie sauvage

La Loire a retrouvé sa liberté depuis quelques décennies et les observateurs de la vie fluviatile (qui pousse et vie dans les eaux courantes d’un fleuve) ne cessent de se réjouir : depuis le démantèlement du dernier barrage hydro-électrique sur le plus long fleuve français, la vie sauvage à repris ses droits. D’autant plus que ce démantèlement s’était accompagné de tout un cortège de réglementations protégeant ces rives inscrites au patrimoine mondiale de l’Humanité à l’UNESCO.
L’état des lieux dressé, récemment, par le ministère de l’Ecologie pour le bassin de la Loire révèle un embellissement constant de la faune et de la flore. Ce résultat n’a pu être établit qu’à deux conditions : Une réforme des lois et des comportements en terme de construction et le développement d’autres sources d’énergie hydroélectrique.
Une des justifications des barrages a longtemps été la régulation de ce long et capricieux fleuve. « Au détriment de la vie sauvage et de la biodiversité » répondaient d’autres voix. Il fallait surtout empêcher les constructions en zones inondables et toutes ces décennies ont été nécessaires pour, entre autre, supprimer les nombreux pavillons coupables et indemniser les malheureux propriétaires.
La force de l’eau reste une valeur sûre parmi les sources d’énergie renouvelables. Mais, il fallait rendre le fleuve à son cours. Alors, que l’on parle des marée ou des courants marins ou bien encore du vent, il n’a fallu se déplacer que de quelques dizaines de kilomètres, souvent guère loin que l’embouchure du fleuve, pour voir bientôt fleurir les projets de production électrique utilisant les sources énergie vertes. Les tâtonnements technologiques sont loin, reste une production d’énergie propre.
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Le 11 juin 2057 : Super-municipalité

Le Grand Paris fête ses 30 ans. Cette super municipalité qui regroupe la ville de Paris et les anciennes municipalités de la "Petite Ceinture" n’a pu voir le jour qu'après de longues et âpres tractations rendues difficiles par de vieilles peurs.

"Paris brule-t-il ?" C'est ainsi qu'était interrogé von Schoelnitz par Hitler en 1945. Pour nombre de français qui connurent cette époque, cette interrogation résonna longtemps comme une menace. Assimilé à cette peur, on trouve également la dénomination de « Grosse Paris » qui désignait la région parisienne. Et tout projet d'agrandissement de Paris qui immanquablement était nommé « grand Paris », voyait s'opposer à lui un non farouche !

Au nom de « la protection de chaque identité qui participe à la figure de Paris », c’était cette vieille peur du Grosse Paris planait encore, tel un présage funeste, sur la capitale. La preuve ? il aura fallu attendre la disparition des derniers compagnons de la Libération pour que ce projet de super municipalité aboutisse que tout appelait. Paris, ville close étouffait entre ses murs. Il lui fallait entrer dans un partenariat intime avec les municipalités de sa banlieue.

Une fois accomplie, cette création ouvrit la voix à 30 années ininterrompues de travaux pour permettre à Paris de se préparer aux challenges de la fin du siècle. Les travaux, principalement tournés vers les infrastructures, ont décuplé les possibilités des transports en commun permettant leur évolution vers la robotisation.

Paris semble enfin prête à relever les défis de demain. Si ce n'est que les peurs d'hier ont été remplacées par celle d'aujourd'hui : pour grandir, Paris à sacrifier des patrimoines qui refusent de mourir... jusqu'à ce que les dépositaires de ces histoires disparaissent aussi.
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Le 28 mai 2057 : La Ka’aba retirée des regards.

Le monde arabe s’est unis face à l’urgence : La Ka‘aba et la mosquée de La Mecque, centre de la convergence et de la ferveur des musulmans, subissent de plein fouet les effets de la pollution et d’une affluence toujours plus grande.

Ces bâtiments vont faire l’objet de travaux de restauration et de rénovation sur 4 années. Au plus fort des travaux, on estime que le dérangement sera tel qu’il faudra envisager une réduction des pèlerins de l’ordre de 30 à 40 %. Les imams du monde entier se sont engagés à inciter leurs fidèles à retarder leur hajj quand cela s'avérait possible.

Mais les perturbations prévues sont telles que les autorités saoudienne ont provoqués la colère d’autres croyants plus enflammés : en plus d’empêcher des millions de croyants musulmans d'accomplir leurs obligations et elles autorisent que la terre sacrée de la Ka'aba soit foulée par des impies : deux des principaux acteurs de ce projet ne sont pas issus du monde arabe : le groupe SPYC-Hart-He Yong (SHH), en charge des travaux, est chinois et l'architecte coréen Hwang Moon-i, intime du Daï Lama, est bouddhiste fervent.

Bien que SHH se soit engagée a n'engager que des ouvriers musulmans, cela n'a pas suffit a apaiser la colère des mollahs. Il aura fallu toute l’influence de la Ligue Arabe, avocate bienveillante de ce projet, pour éviter qu'une fatouah ne soit lancée contre le projet.

Une fois les travaux achevés, les promoteurs de ce projet attendent de voir « La Mecque, la nouvelle » devenir la fierté du monde arabe. « Le monde entier tournera ses yeux vers cette nouvelle merveille du monde. Nous accomplissons-là une œuvre à la gloire de Dieu ! » à déclaré le porte parole de la Ligue Arabe. Tout le monde espère que le prétexte des travaux permettra aussi une meilleure maîtrise de la foule de pèlerins et d’éviter les accidents trop fréquents.
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Le 7 mai 2057 : Feu les feux tricolores.

En France comme dans le reste de l’Europe, la voiture dans son entendement le plus ancien a vécu : tôt, ce matin, et comme partout en France, les équipes de la voirie de la Municipalité de Paris ont démonté les derniers feux tricolores de la capitale. Désormais les voitures s’autorégulent sur l’ensemble du territoire européen. Bien que, quand on parle de voiture… que reste-t-il de commun entre la voiture de nos grands-parents et celle d’aujourd’hui, dotée d’une ODA embarquée, dotée de capacités robotiques permettant à l’ODA de prendre le contrôle intégral du véhicule ?

Rétrospectivement, la vraie révolution de la voiture, peut importe ce que l’on met sous ce vocable, fut l’apparition de la gestion « pear to pear » de la circulation.

La couverture globale du territoire par les réseaux de télécommunication de dernière génération, ainsi que l’augmentation des capacités des ordinateurs selon la loi de Moore, ont vite permis la gestion décentralisée de la circulation automobile : chaque véhicule partage sa trajectoire et ses paramètres utiles avec les véhicules susceptibles d’être en interaction directe avec lui.

Longtemps, les feux tricolores restèrent en activité aux croisement de nos rues. Comme le volant de direction, un archaïsme que les conducteurs ont eu du mal a laisser partir. Le volant a été remplacé par un simple joystick, l’ODA assurant la précision de la trajectoire. Les feux tricolores, eux, voient leur temps se finir ce jour, 150 ans après leur création : quand la circulation automobile dans les villes devint trop dense, quand les accidents de la circulation augmentèrent trop vite, quand les véhicules automobiles devinrent dangereux pour les autres véhicules circulant sur la chaussée, comme les chevaux ou les charrettes à bras.













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Le 30 avril 2057 : Quel avenir pour Paris ?

Depuis l’annonce officielle du lancement du concours d’architecture pour le projet de couverture du bras sud de la Seine, le long de l’île Saint Louis jusqu’à celle de la Cité, les conseils municipaux à la mairie de Paris s’enchaînent dans un climat délétère. Le fond du débat est l’avenir de la vie de la capitale.

Il y a les partisans d’une ville d’avenir, en mouvement, qui ne veulent plus de la ville musée, synonyme d’immobilisme. En face d’eux, les protecteurs du patrimoine historique et architectural de la ville resserrent leurs rangs et fourbissent leurs armes. Entre les deux, des voix tentent de se faire entendre, refusant les opinions tranchées nées de l’annonce du nouveau projet de la Maire. Le plus étonnant est que cette guerre d’opinion a fait éclater la majorité municipale et les partis politiques. Ainsi voit-on des élus de droite et de gauche faire, à quelques minutes d’intervalles, des déclarations sensiblement similaires.

Mais ce que ces joutes verbales, guère raisonnables, laissent entendre est bien plus grave. Il est évident que Paris a des choix à faire dans les années à venir. La France, carrefour de l’Europe, s’est reposée sur ses lauriers. Après l’ivresse olympique, Paris se réveille avec « la gueule de bois ».

La première destination touristique du monde ne l’a pas été seulement pour les atours de ses plus belles gargouilles ou de ses plus belles toiles accrochées aux murs du Louvre. C’est le pays dans son ensemble, économique et culturel, qui était cette destination touristique tant estimée. Il est une question à laquelle le Conseil Municipal de la ville de Paris pourrait tenter de répondre : Un centre économique tel que celui de la Défense a-t-il su faire sa révolution ? Car les sièges sociaux quittent la Défense et la France pour d’autres rives plus accueillantes.
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Le 2 avril 2057 : La Seine à vos pieds…

La Maire de Paris, en clôture du conseil municipal, présentait, hier, un nouveau projet d’aménagement urbain pour la capitale : la couverture du bras sud de la Seine entre le pont de Sully et le pont Neuf. La dalle de couverture, en nano matériau, serait transparente et laisserait ainsi apparaître le cours de l’eau. L’objectif de cette esplanade de verre est de faire la jonction entre le parvis de Notre Dame et le quartier Saint Michel. Plusieurs bureaux d’architectes ont déjà été contactés pour le développement de ce projet.

La création d’une dalle de nano matériau de cette surface, sans être exceptionnelle, reste une gageure technique. Sous la dalle, ce sont des milliers de mètres carrés qu’il faudra aménager : la mairie envisage l’aménagement de restaurants, d’une bibliothèque, d’une piscine et bien d’autres projets.

Certaines voix s’élèvent pour dénoncer un projet qu’ils estiment démesuré. Elles n’y voient qu’un moyen détourné pour la Mairie de Paris de se réapproprier des espaces, depuis longtemps, laissés à l’abandon : les quais de la Seine, après le coucher du soleil, ont toujours été des lieux « alternatifs » pour la prostitution et les « deals » de drogues. Le porte-parole du bureau de la Maire de Paris s’est catégoriquement refusé à tout commentaire à ce sujet, se concentrant sur le constat du retard que prend Paris, au plan architectural, par rapport à d’autres capitales mondiales.

Le turn-over architectural d’une ville comme New York n’est pas envisageable dans la capitale. « Paris, comme Londres, Rome ou d’autres grandes villes européennes, est une ville historique avec des espaces aménageables restreints. Ces contraintes doivent stimuler l’imagination des habitants aussi bien que des professionnels » a-t-il conclu.
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