Les projets autour de FuturHebdo bougent...

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27/04/2059 : La traversée de Paris

Que reste-t-il des grands travaux d’infrastructures des trente premières années du XXIe siècle ? L’enfouissement du tronçon de la RN13 qui traverse Neuilly-sur-Seine (92) a été le prélude à toute une succession de travaux souterrains dans le sol de la capitale. La transformation des voies sur berge "Georges Pompidou" en zone piétonne et espace vert avait vite appelé à la création d’un solution alternative pour traverser d’Est en Ouest de cette capitale toujours soumise au diktat de l’automobile individuelle non-robotisée.

Les diverses procédures de déclaration d’utilité publique, les appels d’offre et autres délais légaux ont repoussé les travaux de la RN13 à tel point que ce tronçon souterrain ne fut inauguré qu’en 2021. Parallèlement à ces travaux, les procédures et études étaient lancées pour assurer un prolongement de ce tunnel jusqu’à l’autoroute A4, à l’extrême Est de Paris. Cette traversée souterraine devenait, de fait, le premier autoroute souterrain et urbain de France prenant le nom d’A01. il fut inauguré en grande pompe, en 2032. l’ensemble de ces deux tranches de travaux coûtèrent la bagatelle de 7 milliards d’euros à l’état, aux collectivités locales et régionales ainsi qu’aux particuliers ; un péage automatique par RFID fut mis en place dès le début de l’exploitation.

Alors que l’automobile étaient en voie d’automatisation et robotisation, que le trafic passait sous gestion collective et globale, ce qui impliquait des mutations très importantes pour l’avenir des transports, les banlieues Nord et Sud revendiquaient à aux cris leur autoroute souterrain, devant relier l’A1 à la A6... l’A02 était portée sur les fonds baptismaux de manière encore plus rapide que la jonction entre la RN13 et l’A01 ! Sans réelle concertation sur l’évolution de l’industrie automobile, pas plus que sur l’avenir des transports particuliers et collectifs.


Aujourd’hui, 8 ans après la fin des travaux titanesques sous Paris, la circulation automobile a réduit au point de faire apparaître la démesure des travaux entrepris et leur surdimensionnement. On se permet de se poser la question : "Les pouvoirs publics de l’époque, ont-ils pris le temps de se projeter dans l’avenir ?"

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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23/02/2059 : Mœurs et urbanisme

La Préfecture de Police vient d’autoriser une manifestation qui ne risque pas de passer inaperçue. L’ensemble des acteurs des professions du sexe se rassembleront dans huit jours, place du Châtelet pour faire entendre leur voix. Ils invitent leurs sympatisants à venir manifester avec eux.
Les propriétaires de clubs et ceux de sexe shops, les prostituées et les danseuses de table dance... tous refusent de faire les frais du nouveau projet d’urbanisme du quartier des Halles. La municipalité va rendre public son choix de projet architectural pour le renouveau du quartier des Halles (voir FuturHebdo du 22 janvier 2058, le Phœnix de Paris). Le projet qui rassemblent le plus de suffrages "off" et qui est sensé célébrer le retour des pavillons Baltard (le Monde du 4 septembre 2056) implique un fort réaménagement du quartier autour des Halles.
Cette nouvelle version architecturale des pavillons des halles sera gigantesque. Dans ce projet, les quatres batiments de verres et acier nanoT déploiront des piles et colonnes qui, elles, prendront appuis dans les rues attenantes, telles que les rues Saint Denis, de la Grande Truanderie... Ce à quoi les professionnels du sexe répondent : « Toutes les grandes villes du monde ont leurs quartiers rouges. Nos activités ont toujours traditionnellement trouvé leurs places dans ce quartier de Paris. Ce projet n’est qu’un nouveau moyen de nous repousser toujours plus loin, vers la périphérie de la ville… ».
Une association est née au cours de l’été, quand les projets des divers cabinet d’architecture ont commencé à dévoiler les modalité de déploiement de leurs dispositifs. Dans les locaux de "Putes mais pas soumises", les gens se rassemblent en nombre et les caliquots et autres banderoles se préparent. La mairie de Paris ne s’est toujours pas exprimée. Son silence passe pour de l’embarras. Les activités du sexe, même si elles gènent, font partie effectivement du paysage parisien. Il est envisagé de demander aux architectes de revoir leurs copies en respectant la structure traditionnelle du quartier...
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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Le 21 janvier 2058 : Le Phoenix de Paris


Le quartier des Halles, au centre de Paris, n’en finit pas de renaître de ses cendres. 35 ans après la fin du deuxième réaménagement de ce quartier devenu sensible, ce quartier n’arrive pas à trouver son équilibre. Le traumatisme issu des premiers travaux, datant des années 1970, se fait toujours sentir.

La Dalle, cette gigantesque couverture de verre et d’acier qui s’étend sur les jardins, la réussite de la dernière tranche de travaux, fédère les nouveaux projets et les espérances. Des riverains professionnels et résidentiels soutenus par l’architecte Pierre-Yves Dodelle, proposent le doublement de la Dalle et le retour symbolique des pavillons Baltard : suspendue à une soixantaine de mètres au-dessus du sol et couvrant ainsi la première Dalle, cette nouvelle structure transparente embrasserait tout le quartier des halles, de Beaubourg à la rue du Louvre. Elle porterait de petits jardins et quatre nouveaux pavillons, inspirés de ceux conçus par l’architecte du XIXe siècle. Ces nouveaux pavillons sont appelés à devenir des centres de loisirs et de culture.

Les matériaux nanoT rendent possible un tel projet. Sans eux, ce projet prendrait une toute autre forme. Les difficultés techniques concerneraient aussi bien les structures de soutien qui deviendraient vite massives à l’excès, que la structure de la dalle. Celle-ci aurait du mal à garder toute légèreté tant elle serait épaisse afin d’obtenir la rigidité nécessaire au soutien de son propre poids ainsi que celui des pavillons Baltard.

C’est cette potentialité qui inquiète les opposants au projet Dodelle : « Les matériaux nanoT doivent-ils justifier des projets qui par leur gigantisme perdent toute crédibilité objective. Avec ce genre de principe, pourquoi ne pas couvrir tout Paris d’une telle dalle et ainsi doubler sa surface utile ? » s’interroge le nouveau porte-parole des opposants au projet Dodelle. L’idée de la couverture de Paris, quant à elle, a déjà été évoquée… et refera parler d ‘elle !

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