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08/06/2059 : Domotique ou majordome robotique ?


Les économies d’énergie ou, plus précisément, l’optimisation de sa consommation restent, depuis plusieurs décades, la grande thématique qui concentre tous les efforts industriels, tous domaines d’activités confondus.
Le logement individuel n’y echappe pas, il est même devenu une science comportementale et technique : la domotique. Mais, chacun, en son logement, ne reçoit pas de traitement égale en matière de domitique. Tout dépendant de la date de construction. Et, notre pays est riche, en millions, de logements bâtis bien avant l’avènement de cette science qui occupe bien des amphithéâtres de faculté et fait la fortune des équipementiers domestiques.
Pour faire simple, chaque proprietaire ou locataire d’un de ces logements anciens, si celui-ci n’a pas été "mis à jour", se trouve face à trois choix : laisser le logement en l’état de "logement inerte", se lancer dans des travaux d’intégration de systèmes domotiques ou faire l’aquisition d’un majordome robotique.
La première des trois situations bien que n’étant pas "politiquement correcte", recueille les suffrages de nombreux foyers, principalement chez les personnes propriétaires de leur logement. Les bailleurs font plus facilement le pas des travaux, incités par les aides gouvernementales.
Alors que l’on pourrait souhaiter voir s’accélérer le rythme de ces travaux, les estimations les plus optimistes n’envisagent la domitisation de l’ensemble du parc de logements français et européens que sous des délais qui se comptent encore en décennies... Car, comme alternative aux investissements et désagréments conséquents aux travaux de domitisation, l’aquisition d’un majordome robotique trouve une place toujours plus grande dans le coeur du grand public. Choix paradoxal au regard de l’hostilité toujours palpable à l’égard de la présence des robots en ville.
Le robot qui semble donc trouver sa place dans la sphère privé se révèle ètre un excellent "manager d’espace domestique" : répondre aux commandes vocales (listes de courses, réglage de température, commandes de lumière, de musique ou d’un plat cuisiné... plus, tout ce qu’il peut gérer de manière autonome, selon un protocole établit par logiciel intégré( ou téléchargé, pour les propriétaires de robots non spécialisés). Les promoteurs de la robotique voient dans les majordomes un excellent moyen de faire progresser le nombre de robots dans la cité d’une manière douce, ventant les mérites d’une domitique beaucoup plus souple et adaptable au plus près des désirs et comportements de chacun, en opposition totale avec la domitique intégrée, plus discrète mais figée, selon ses détracteurs.
La domotique dite intégrée est pourtant bien une forme de robotique... quoique plus discrète ! Il semblerait, qu’une nouvelle fois, ce soit la guerre de l’anthropomorphisme du robot qui fasse rage !

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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20/04/2059 : Droits intellectuels et robotique

La cour européenne d’appel de Strasbourg est le théâtre d’un procès qui attire sur lui les regards de tous les acteurs de l’industrie de la robotique. Ce procès traite, en appel, du cas de ce jeune génie de la mécanique robotique qui, contre l’avis des fabricants de robots, a tenté de faire profession de sa passion pour les robots et ses talents d’informaticien.

Youri Bassegnac, jeune génie autodidacte de l’informatique et de la robotique, à commencé par "customiser" avec succès ses robots. Plutard, il a proposé à son entourage d’apporter des modifications afin de personnaliser les robots. Il répondait ainsi à tel ou tel particularité ou goût. Puis, par voix de promotion médiatique, Youri a élargi son public permettant à tout à chacun d’apporter des modifications substentielles à des robots construit en série. Chaque possesseur de robot le sait, l’acquisition d’un robot reste un investissement substentiel. Youri, quand à lui, proposait ses customisations à prix très abordable.

En première instance, les fabricants de robots qui revendiquent le droit exclusif d’intervention sur leurs machines, systèmes et sous systèmes, mécaniques aussi bien qu’informatiques, avait obtenu gain de cause. Ce premier jugement a mobilisé la communauté des développeurs en licence libre tout comme les associations de consommateurs quand à été mis à jour le vide juridique autour de la propriété effective du robot qui reste le fabricant, malgré l’achat de la machine. A l’image de l’achat d’un véhicule personnel, qu’est-ce qui prime : le droit à la propriété intellectuelle d’un des organe électronique ou le droit à la propriété privée de l’utilisateur ? Fort de ces soutiens, Youri Bassegnac a fait appel du jugement en première instance.


Pour modifier les machines qui lui ont été confiées, le jeune homme a utilisé des nanobots programmés par ses soins. Ces modifications portent aussi bien sur la programmation comportementale que l’apparence fonctionnelle. L’ouverture de ce procès en appel tentera d’apporter des éléments de réponse à toutes ces questions, tout en appelant le législateur à apporter rapidement un cadre juridique clair. Les revendeur de pièces détachées robotiques, marché parallèle en plein essot suivra de très prêt le nouveau volet d’une affaire qui les touches au premier chef.

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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26/01/2059 : Intelligences couplées (IC)

le grand public connaît les IC dans des domaines tels que ceux de la médecine. Les IC permettent, par exemple, à un chirurgien d’opérer un cœur qui bat toujours dans la poitrine du patient. Le robot se charge d’annuler les mouvements du cœur par des mouvements opposés, il en fait de même avec la prise de vue. Le chirurgien en IP (Immersion Partielle) voit le cœur immobile et peut se concentrer sur son opération, assisté, toujours par le robot, dans ses gestes les plus délicats.
Le monde du cirque s’est récemment emparé des possibiltés qu’offrent les IC : sur la piste des frères Martelli, un des derniers grands cirques qui sillonne le monde, vient d’être présenté pour la première fois un numéro de trapèze volant mêlant un humain et une unité IC. C’est stupéfiant ! Le robot IC du cirque est un dérivé civil d’une unité militaire. On retrouve ce type d’unité IC auprès des pompiers et autres GIGE, mais les uns comme les autres restent tout aussi discret que les militaires sur l’utilisation et les capacités réelles de ces machines qui, qu’on le veuille ou non, effrayent le public. Le cirque laisse aisémment imaginer ce dont ces redoutables combattants IC sont capables alliant la vitesse et la force du robot au décision humaine.
On peut néanmoins s’interroger sur le niveau d’application des lois de la robotique dans l’unité IC du cirque : il est évident que les voltiges accomplies par l’étrange duo, homme-machine, va à l’encontre de l’impérieuse obligation de protection des êtres humains à laquelle sont soumis les robots. Le terme IC implique que derrière le robot en action, il y a un humain aux commandes. Mais cette machine reste néanmoins un robot. Alors, encore une entorse aux règles de bonne cohabitation homme-robot ?
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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12/01/2059 : IA sous tutelle - - - - -

Le robot parfaitement anthropomorphe n’est pas pour demain… juste, après demain ! Tout le monde en semble convaincu que l’on se place du côté des défenseurs de la robotique ou des opposants. Parlant de robots anthropomorphes, là encore tout le monde s’accorde sur le sens de cette expression : un robot parfaitement semblable à une personne humaine au point de faire oublier les origines artificielles du robot. L’éventualité de cette confusion quitte le domaine du virtuel pour entrer de plein pied dans celui du possible... et les armes sont fourbies afin de prendre part à la polémique qui monte : Peut-on laisser un robot duper un humain sur son identité originale ?
Les lois de la robotique empêche, en théorie, à un robot de mentir à un être humain car ce mensonge pourrait mettre en danger la sécurité de cette personne. Mais les chercheurs comme certains utilisateurs (militaires, industrie du sexe, loisirs extrêmes…) ont toujours demandé qu’il y ait une certaine souplesse dans l’application de ces lois fondatrices du comportement robotique afin d’augmenter l’efficacité des robots dans les tâches qui leurs sont assignées, dans certains domaines d’activité bien particuliers. C’est le cas de l’ODA des exosquelettes militaires : la compréhension par l’ODA de la notion de "personne humaine" a été restreinte au soldat qui porte l’armure et aux membres du même camp, ceci afin d’être plus efficace sur les champs de bataille. Il en va de même pour les sexybots qui n’hésitent pas à emmener les « partenaires » humains dans des joutes pour le moins éprouvantes…
Afin d’éviter des débordements malheureux tout aussi bien que des pertes de contrôles d’unités robotiques potentiellement dangereuses pour les humains, des associations humanitaires laïques, appuyées par le Nouveau Parti du Communisme Européen ainsi que par le Conseil Européen des Cultes Monothéistes (CECM) demandent l’intégration d’une close anti-Turing en préliminaire des lois fondamentales de la robotiques, dites lois Asimov.
Petit rappel : le professeur Turing avait établi un test d’évaluation destiné aux intelligences artificielles. Ce test établissait qu’un machine serait considérée comme intelligente si elle parvenait à entretenir une conversation soutenue, en aveugle (un participant au test ne voyant pas l’autre), avec un être humain sans que celui-ci ce doute qu’il converse avec une machine artificielle. L’ajout de cette close anti-Turing est invoquée au nom du principe de précaution, nul ne sachant ce qu’il adviendrait si une intelligence artificielle se « convainquait » elle-même d’être un être humain, passant seule le test de Turing, en circuit fermé : Cogito Ergo Sum !
L’ensemble de la classe scientifique s’insurge contre cette possibilité qui reviendrait à donner un vigoureux coup de frein dans l’élan que la robotique semblait prendre ces dernières années. Certains, psychologues roboticiens, redoutent même l’apparition de pathologies psychologiques dans les cerveaux artificielles en cas d’application de cette contrainte. Les deux parties s’apprètent à s’affronter aussi bien au plan médiatique que légale, envisageant de porter l’affaire devant la Cour Européenne de Justice.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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29/12/2058 : Assistance au combat

Quelques années après les troupes d’élites, ce sont les unités conventionnelles de l’Armée Européenne qui se voient dotées de leur unités BAACERH (Binôme Artificiel d’Assistance au Combattant en Région Hostile), plus couramment appelé Bagheera par leurs utilisateurs, en référence au personnage de la panthère noire protecteur du le Livre de la Jungle de Rudyard Kipplig.
Ce robot s’était très vite fait connaître malgré le classement "Top Secret" du projet. La grande muette, avec la généralisation de l’utilisation de ce robot a été contrainte d’en publier les caractéristiques les moins confidentielles. On apprend ainsi que le BAACERH est un robot doté de quatre membres à configurations multiples : il passe indifféremment du bipède avec membres supérieurs préhensiles au quadrupède courant, grimpant, nageant sans contraintes de position antérieure ou postérieure pas plus que supérieure ou inférieure. Les articulations se reconfigurent en permanence par garder les membres du robot dans une disposition optimale en fonction de la mission demandée.
Au service du combattant, le bagheera sert avant tout à porter les lourds matériels indispensables à l’être humain. Cette première fonction, mise ne avant par les autorités militaires, ne doit occulter que le BAACERH devient un allier redoutable en période de combat : asservi à l’armure exosquelette du soldat, le BAACERH, grâce à son ODA dédiée, devient une extension autonome du soldat. Ce dernier peut lui demander des missions de protection rapprochée comme d’autres d’observation à distance, ou, bien évidemment, de combat direct, le soldat voyant ainsi sa force de frappe multipliée par au moins deux (les performances de l’humain pouvant supporter la comparaison de celles du robot grâce à l’exosquelette).
Il va de soi que les 3 Lois de la robotique ont été fortement modifiées pour accepter le combat direct et donc la blessure, voire la mort d’un soldat opposant. Ces altérations marquent un nouveau stade après les premières effectuées sur l’ODA des exosquelettes. Les militaires sont allés encore plus loin dans une autonomie libérée de la contrainte de la protection humaine, la restraignant au binôme humain. Les opposants à ce débridage de l’intelligence artificielle se déclarent sidérées que l’Armée aie généralisé l’usage de ces unités robotiques de combat. En vain.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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10/11/2058 : Le retour du kiosque à journaux

Sully Trans Press annonce que l’ensemble de ses titres « People » seront à l’équilibre à la fin de l’année 59. En plus de l’intention éditoriale, cette annonce valide le modèle économique qui s’est cristallisé autour du papier électronique jetable. Ce dernier avatar des supports d’information que permet les dernières évolutions technologiques se veut la combinaison parfaite entre le média imprimé et le média interactif. Le système de distribution développé par Sully Trans Press (STP) repose également sur un réseau de kiosques à journaux en plein développement.
Le papier électronique jetable (PEJ) possède les qualités et le confort de lecture du papier classique, les qualités environnementales et interactives d’un support électronique et les qualités d’un ordinateur avec ses capacités de connexions à l’HyperNet. La dernière qualité du PEJ répond également à une attente chez le consommateur : ne plus avoir les poches et mains encombrés d’appareils plus ou moins encombrants et jamais complètement adapté à l’usage que l’on veut en faire.
Après avoir eu le plaisir de se rendre dans son kiosque à journaux pour y acheter son titre favori… après avoir lu à satiété le dit titre et tout autre contenu interactif associé, le lecteur se débarrasse de son PEJ en le jetant dans une corbeille parmi des milliers mises à la disposition de ses consommateurs par STP. En plus du développement du réseau de ses kiosques et de ses corbeilles, STP s’est associé le travail d’une armée de robots dont la tâche est d’assurer le traitement des corbeilles. Ces robots sont assignés à un kiosque et maillent ainsi l’ensemble du territoire. Les robots sont également chargés de récupérer les PEJ abandonnés hors des corbeilles ; tout consommateur de STP se voit accordé un crédit de 5 documents abandonnés hors des corbeilles avant d’être sanctionné par une amende forfaitaire. Les robots sont également chargés de retirer de la circulation les supports défectueux.
L’intérêt que manifeste le grand public pour cette nouvelle forme du commerce de l’information intéresse les médias classiques et historiques qui voient dans cette nouvelle forme de distribution un débouché pour leur propres contenus. D’autres industriels envisagent la procédure de collecte des robots STP un moyen de recyclage d’un ensemble beaucoup plus large de matériels électroniques (flyers, tracts…).
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
Voir aussi : 05/05/2058 : Tests à géometrie variable
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27/10/2058 : Puériculture ludique


La robotique ne se lasse pas de déployer tous ses atours afin de se faire accepter par la société civile, même si cela crée des formes inattendues. Le partenaire sexuel robotique, couramment appelé sexybot, sans desservir la cause robotique, n’a pas changé grand chose. Le sextoy « classique » a depuis longtemps trouvé sa place dans les étagères, mais peu de gens assument une sexualité épanouie avec un compagnon robotique. Les magazines d’influence se répandent en exemples célèbres, mais la rue a du mal à laisser entrer le robot dans son lit. Et pourtant, à l’inverse du sextoy qui est plus généralement destiné aux femmes, le sexybot à tout pour satisfaire les deux sexes.

L’industrie de la robotique toujours en veine d’inspiration a imaginé une nouvelle forme à donner à ses produits : le poupon. En effet, la proportion de célibataires n’a jamais été aussi importante, et le désir d’enfanter chez ces célibataires est une réalité. Les poupons réalistes plus ou moins automatisés existent depuis longtemps. Des générations de femmes, ainsi que de nombreux hommes, ont pu assouvir leurs désirs de langer et bercer un petit être, grâce à ces ersatz. Aujourd’hui, leur plaisir sera encore plus grand et plus accompli, grâce au bébé robot.
Le bébé robot, Toy-Noda propose sa première gamme sous le doux nom de BabyBot (dénomination destinée à devenir un terme générique), est doté d’une ODA dont la psychologie a été construite autour de la petite enfance humaine. Les ingénieurs ont accentué, dans la programmation comportementale, une affectivité empruntée au chat ou au chien. Ainsi, le propriétaire d’un babybot peut entrer dans une réelle interaction avec son enfant robotique, se laissant aller à tous les élans d’affectivité qu’il souhaite, avec l’assurance, plus ou moins avouée, d’être entièrement sous la protection des trois lois de la robotique. Car le babybot reste un robot complet, aux capacités mécaniques étonnantes, qui reste fidèle à sa programmation comportementale tant que son propriétaire, ou tout autre être humain, ne se trouve pas en danger. Que demander de plus : plaisir et sécurité !
@ Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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20/10/2058 : Le drone et l'homme



Le GIGE (Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Européenne) vient de se distinguer une nouvelle fois en réussissant la neutralisation d’un forcené qui s’était barricadé dans une salle de classe, prenant en otages la maîtresse et les élèves, une quinzaine d’enfants de 9 à 12 ans. La prise d’otage a eu lieu à l’école internationale de Bruxelles, Jean Monnet. L’homme qui s’était fait appelé Human Bomb comme son sinistre prédécesseur de 1995, à Neuilly-sur-Seine près de Paris, a été abattu au moment de l’assaut. Les otages sont tous indemnes. Une fois l’équipe de 8 hommes du GIGE mise en place, l’assaut aura duré moins de 45 secondes.

Cette intervention a encore montré toute l’efficacité des drones miniaturisés, qu’ils soient conçus pour l’observation ou pour l’intervention. Ces robots, pilotés à distance, mais dotés d’une intelligence artificielle assurant une préservation optimum du dispositif, modifient radicalement les rapports de force entre les forces de l’ordre et tout « fauteur de trouble ». Le GIGE n’est pas le seul à être doté de ces équipements. Les Services Secrets, bien qu’ils n’en fassent pas étalage, ont su trouver une utilité à ces équipements de très haute technologie : les décès inattendus mais opportuns de tel ou tel responsable politique gênant ou tout autre chef de réseau terroriste semblent porter la signature de ces interventions micrométriques.
Mais les réseaux du terrorisme planétaire ne se laisseront pas distancer très longtemps dans cette production d’armes nouvelles. Et, bien que ceux-ci cherchent plus souvent l’efficacité d’armes de destruction massives, tel que peut le devenir un avion de ligne (le sud de Manhattan en porte encore les cicatrices morales), ils trouveront une utilité à ces frappes chirurgicales d’une efficacité redoutable. Reste à espérer que les laboratoires qui ont développé ces engins et qui malheureusement en perdront sûrement les plans, ont pris le temps de trouver la parade contre une nuée d’insectes létales qui pourrait bien s’abattre sur nos gouvernants tel une nouvelle plaie d’Egypte.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro

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06/10/2058 : Le handicape libéré -

Malgré les résistances de la rue, la robotique a depuis longtemps apporté une aide substantielle aux handicapés moteurs : sièges robotisés, prothèses de remplacement, exosquelette... Le développement de l’intelligence artificielle a permis une utilisation toujours plus fine par les personnes concernées de leurs appendices artificiels. L’éventail des prothèses à disposition est large, pourtant une question se pose : quel niveau d’autonomie doit-il être laissé à ces prothèses robotisées ? Doivent-elles être soumises à l’entière volonté de l’utilisateur ou doit-on y intégrer un certain niveau de décision et d’autonomie dans le respect des lois de la robotique ?
Les systèmes militaires, dont sont issus nombre de ces appareillages civils, ont répondu à ces questions par le simple fait de la finalité martiale. Les exo-squelettes sont censés assurer un maximum de protection au soldat, le laissant entièrement dédié à sa mission. Les interventions volontaires du robot, non-incapacitantes pour les mouvements de l’humain, font parties de l’utilisation de ces équipements. Ainsi le soldat est-il protégé sans qu’il s’en rende compte : ce qui, le plus souvent, s’apparente à une armure est doté d’un armement secondaire dédié à cette défense. Les tirs nécessaires se font sans son ordre. Il en va de même avec les mouvements du soldat : ils sont modifiés subtilement pour rendre ses déplacements efficaces et parfaitement sûrs.
La vie de le handicapé moteur n’a que peu de points communs avec celle du soldat, si ce n’est qu’il doit être assisté dans ses déplacements et sa vie quotidienne. Alors qu’elle doit être le niveau d’indépendance laissé aux prothèses ? Le mythe du cyborg rejaillit, tout droit sorti de la mauvaise littérature de Science-Fiction du XXe siècle : si la machine prenait le pas sur la volonté de l’homme ? Les associations d’handicapés s’opposent à cette compréhension simpliste du problème des prothèses robotisées. Elles associent cette peur à la même aversion que le grand public garde à l’encontre des robots dans la vie quotidienne civile. Les usages « utiles » (militaires, pompiers, chirurgiens…) n’y changent rien.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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14/07/2058 : Encombrements robotiques


La compagnie des TOE (Trains Omnibus Européens) rompt la première le silence autour de la présence des robots dans les transports en commun. Désormais, le propriétaire d'un robot devra s'acquitter d'un titre de transport pour le robot qui l'accompagne au titre de « bagage encombrant ». La TOE, entreprise qui s'est spécialisée dans le transport en commun de proximité transrégional à l'échelle européenne, a dû répondre aux nombreuses plaintes qui émanaient de ses clients. « La plupart se plaignent de ne pas pouvoir trouver de places, aux heures de pointe, du fait de la présence des robots accompagnant leurs propriétaires » explique le responsable de la communication de la TOE.
La dimension encombrante du robot avait déjà été évoquée par les restaurateurs qui avaient fait savoir que la présence d'un nombre sans cesse grandissant de robots, dans les salles de restauration, causait une gêne réelle pour l'exercice de leur métier. Ce grognement avait été interprété comme une des nombreuses manifestations d'hostilité à l'égard des robots humanoïdes dans la rue. Il ne faut pas s'y tromper : c'est surtout la mise en évidence de la banalisation de l'utilisation du robot domestique.
La création d'un ticket spécial demandé aux propriétaires pour la présence et le transport de leur compagnon mécanique est une nouvelle preuve de cette généralisation. Les promoteurs du robot humanoïde pourraient s'en réjouir, et pourtant, il n'en est rien : le vocabulaire utilisé pour définir la présence du robot ouvrant à l'acquittement d'une taxe est toujours révélateur du refus dans lequel se drape la société civile : « bagage encombrant ».
Mais, qu'on le veuille ou non, le robot fait et fera partie de notre quotidien. Le robot a, d'ores et déjà, trouvé sa place dans le monde professionnel. Il lui reste à la trouver dans la vie de tous les jours.
© Olivier Parent
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Le 7 avril 2058 : Archéologie martienne et symbole terrien.


À l’occasion de son deuxième voyage Terre-Mars, le First-Hope porte dans ses soutes une cargaison hautement symbolique. Il a été confié à l’équipage la « dépouille » d’un précurseur de l’exploration martienne et de la conquête spatiale : le robot Opportunity. De retour sur Terre dans quelques semaines, Opportunity sera, au cours d’une cérémonie internationale, coulé dans un bloc de cristal artificiel afin de l’immortaliser, lui et les symboles qu’il porte. Le lieu de création de ce monument a été choisi avec soin : ce sera sur le parvis de la représentation onusienne à Jérusalem, ville internationale, ville symbole d’une planète qui cherche toujours la paix. Le frère d’arme d’Opportunity, Spirit, a été également retrouvé. En bien meilleur état que son jumeau, il a même été réactivé. Après quelques réglages, Spirit s’est mis en attente d’instruction d’une nouvelle mission. Le langage employé par l’unité centrale était ancien, au point qu’il a fallu adapter l’émetteur par l’intermédiaire duquel les techniciens s’adressaient au petit robot, mais tout semblait en ordre. « On a failli réparer les roues et les autres organes défaillants pour le relancer… Mais il y avait trop de risques qu’il soit détruit par inadvertance, vu l’activité qui règne sur Mars ! » s’est enthousiasmé un ingénieur. Il a donc été décidé de cristalliser Spirit au même moment qu’Opportunity, au cours d’une cérémonie similaire, sur Mars, sur le site même du premier « arènissage » (de Arès, Mars en grec), en présence des représentants de toutes les organisations présentes sur la planète rouge, qu’elles soient privées ou publiques. Les deux Antiquités technologiques sont appelées à devenir les témoins de l’exploration martienne par l’humanité et les jalons d’un voyage qui doit mener l’homme vers des horizons toujours renouvelés. Sur Terre, le choix de Jérusalem ne laisse pas indifférent. Les extrémistes juifs et arabes voient un peu plus s’éloigner l’éventuelle reconquête de la ville pour en faire LEUR capitale.












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Le 17 mars 2058 : Le Musée Grévin nouveau arrive !


Voyant le nombre de ses visiteurs fondre comme banquise au soleil, le Musée Grévin s’est lancé dans de vastes travaux de restructuration et de rénovation.
« La partie traditionnelle du musée n’a pas pour autant été sacrifiée » rassure le directeur du musée, maître d’œuvre de ce projet. La robotique, néanmoins, a la part belle dans cette nouvelle version de cette vieille institution parisienne qui a essaimé dans le monde entier. Depuis longtemps dans les cartons à dessin, les doubles robotisés des personnalités ont dû attendre une certaine maturité des technologies de cette industrie en pleine évolution.

Le contexte du musée contournait le problème de l’autonomie énergétique et comportementale. Par contre, ce même contexte a amené à un niveau jamais encore égalé le traitement mécanique du visage et de la peau en général. « Faire une belle cire de Jimmy Hendrix fait d’avantage appel à un talent artistique que technologique… Mettez en mouvement ce même personnage, vous vous heurtez à une quantité insoupçonnée de problèmes, aux premiers desquels on compte la typologie gestuelle propre à chacun d’entre nous », nous a expliqué Monsieur Pier Roncayolo, directeur du Groupe Musée Grévin.

Le musée a bénéficié d’un soutien conséquent et inattendu de l’industriel Toy-Noda. Le constructeur et promoteur des robots voit dans ce mécénat « un bon moyen de préparer les opinions publiques à l’arrivée, dans leur vie quotidienne, des robots anthropomorphes, les R-humanos, évolution naturelle de cette industrie ». C’est donc en collaboration qu’ont été développées des applications de modélisation de typologies gestuelles, en travaillant soit à partir de film et de vidéo, pour les plus anciens des futurs locataires du musée, soit d’après enregistrement direct, en laboratoire, pour ceux d’entre eux qui sont encore vivants.
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Le 11 février 2058 : Robotique agraire


Le robot humanoïde (R-humano) investit, petit à petit nos campagnes et devient une réponse objective à la désertification rurale.

Pendant de longues décennies, l’utilisation de robots, à la ferme, s’était cantonnée à un ensemble de manoeuvres techniques. Les engins dotés de cerveaux robotiques étaient appelés R-manœuvres pour les labours, moissons, semailles… Le robot était indissociable de l’engin. À la plus grande satisfaction des promoteurs des R-humanos, le nombre de ces derniers assignés à de nouvelles tâches dans le monde agricole ne cesse de croître et se banalise.

C’est ainsi que l’on a vu des « R-humanos » assignés à l’assistance des R-manœuvres. Charger, décharger, graisser et réparer, les R-humanos sont vite devenus indispensables à l’exploitation des domaines agricoles contemporains. Deux nouvelles tendances se présentent dans l’utilisation du R-humano ; d’une part, le retour des engins agricoles non robotisés et pilotés par des R-humanos. Cette pratique est justifiée par une optimisation de l’utilisation des R-humanos dont l’achat reste onéreux, d’autant plus quand on parle de flottes robotiques sur les plus grands domaines. On économise ainsi la robotisation de l’engin de manœuvre. Cette pratique a été rendue possible par l’adaptabilité développée par les dernières générations de robots humanoïdes.

L’autre tendance, conditionnée aux mêmes qualités des R-humanos, consiste à lâcher dans la Nature, au propre comme au figuré, des flottes de robots-jardiniers dont la mission est d’entretenir la campagne. Malgré le mouvement migratoire rurbain, la surface des terres anciennement agraires et, désormais, laissées à l’abandon, ne cesse de croître. Les modifications climatiques ont fait apparaître sous nos latitudes de nouvelles espèces de plantes envahissantes. La présence de ces robots-jardiniers maintient la campagne dans un état qui sans leur action ressemblerait vite à une jungle inextricable.

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Le 26 novembre 2057 : Morale robotique


Pour se faire accepter de ses futurs utilisateurs, la robotique prend en compte les appréhensions des hommes. D’autres diront que c’est l’éthique humaine qui a influencé l’évolution de ces technologies en pleine expansion. Quoi qu’il en soit, pour se rendre acceptables, les robots ou d’autres systèmes avancés, qu’ils soient anthropomorphes ou non, ont été dotés de certaines adaptations techniques. La plus représentative de ces adaptations concerne le « siège » de l’indépendance du robot. On parle d’indépendance robotique pour ne pas parler de conscience, notion propre à l’homme. Cette indépendance robotique est « exécutée », aujourd’hui, par l’ODA, l’Organe de Décision Autonome.
Plus précisément, l’ODA est un périphérique autonome du programme fonctionnel de l’appareil robotique. Cette localisation différenciée de l’indépendance fut décidée, lors d’un vote mémorable et express de l’assemblée de l’ONU. Ce vote obligeait les constructeurs à développer, à contre cœur, l’ODA.
Depuis ce moment, l’ODA peut être physiquement déconnecté afin de permettre à l’utilisateur humain de reprendre la main sur le robot, sans pour autant interrompre les fonctions actives. A cette époque l’ODA se nommait PDA, Périphérique de Décision Autonome. Mais l’anthropocentrisme naturel a eu tôt fait de transformé le « périphérique » en « organe ». Sur un plan plus technique, les spécialistes d’intelligence artificielle avaient émis des doutes sur la pertinence de cette disposition, d’autant plus que le législateur avait obligé les fabricants à retiré l’existence de l’ODA de la base de donnée environnementale et comportemental du robot. « Cette omission est une entrave au développement de l’intelligence artificielle » s’emporte le professeur Aloïs Charron, spécialiste de renommée mondiale.
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Le 26 septembre 2056 : Les robots de l’aube.

TOY-NODA présente son nouveau robot domestique DOMOBOT VII. Doté d’un ODA (Organe de Décision Artificielle) de dernière génération, il se déplace avec aisance aussi bien dans la maison que dans n’importe quel lieu public. Cette ODA lui permet une meilleure interaction avec les êtres humains, ses référents humains aussi bien que les « étrangers ». Une attention particulière a été portée à son aspect : il garde un look mécanique et maladroit qui appelle ce commentaire du Pdg de Toy-Noda : « Le principal frein à l’évolution de nos robots, c’est la rue… ».
Les robots font partie de notre quotidien depuis 20 ans, mais la rue a du mal à leur faire une place. Pourtant certains professionnels n’envisagent plus de travailler sans les robots : Ils sont une aide précieuse auprès des personnes âgées, des enfants grandissent sous leur protection, le GIGE (Group d’Intervention de la Gendarmerie Européenne) ou les pompiers en ont fait des suppléants efficaces dans les situations les plus dangereuses grâce aux Intelligences Couplées (IC). Mais « on » ne veut pas croiser de robot dans la rue ! Dernier exemple en date : des robots devaient vendre des journaux PE (papier électronique) à la criée. Ils ont été vandalisés en quelques jours.
La route avait été ouverte par des jouets robots de plus en plus perfectionnés qui s’adressaient aussi bien aux enfants qu’aux adultes. L’imaginaire collectif avait été nourri par des robots tutélaires tels que R2D2, C6PO, Asimo (hommage à Isaac Asimov, créateur des lois de la robotique)... Mais une fois passé dans la réalité, le comportement de l’homme de la rue, grégaire, se calqua sur la méfiance la plus primaire.
Il faudra attendre encore de longues années pour que le robot se fasse oublier, comme l’ordinateur qui s’est fondu dans la masse des objets impersonnels de notre quotidien.
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