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23/12/2058 : Nouveaux métiers - -

Quand je serai grand, je serai thanatopathe... Voilà ce que votre enfant pourrait un jour vous annoncer, en effet, la Commission Européenne vient d’officialiser, par voix de décret, le métier de thanatopathe (mot créé sur le modèle de naturopathe) ou accompagnateur d’auto-euthanasie. Les détracteurs de cette activité qu’ils jugent immorale l’appelle déjà "suicidographe" ou scénographe de suicide !
Une chose est sûr : ce métier correspond à une réalité sociale comme à une demande réelle. La généralisation de l’utilisation des kits auto euthanatiques dans toutes les couches de la société appelle un accompagnement souhaité par de nombreuses associations d’aide aux personnes en détresse morale : "L’opinion à l’égard du suicide a beaucoup changé au cours du siècle précédent. Mais trop souvent la personne qui décide de mettre fin à sa vie se retrouve seule dans ces instants particuliers entré tous. La morale et la compassion appellent à un accompagnement objectif de ces personnes au terme de leur vie. La légalisation des kits auto euthanatiques ont été un réel progrès, il faut désormais que le progrès continue sur la dimension humaine de ces fins de vie programmées."
Les Cultes monothéistes, par la voix du porte-parole de leur Conseil Européen, se déclarent opposées à toute disposition permettant l’assistance technique ou humaine au suicide : "Le respect de la personne humaine c’est aider celui qui souffre à aimer la vie Au lieu de cela, ces aides lui font espérer la mort comme une fin en soi !"
D’autres voix n’hésitent pas à accuser la Commission Européenne de préférer l’encadrement du suicide de ses citoyens au lieu de mettre en œuvre les structures hospitalières adéquates à l’accompagnement de toutes les formes de dépressions et de fin de vie. On parle là de maisons de retraites, de soins palliatifs et autres cliniques psychiatriques jugées trop onéreuses pour être prises en charge par la collectivité européenne. En tout cas plus onéreuses que le financement des futurs thanatopathes ou qu’une campagne de promotion pour les kits auto euthanatiques. Quoi qu’il en soit, le choix de mourir fera encore couler de l’encre (électronique !).
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro

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Le 17 décembre 2057 : RIP


Un nouveau mode de sépulture est en train de trouver son marché, la n-incinération (« n » pour nano, on s’en serait douté !). Après une incinération classique, est remis aux proches une urne bouchée d’un couvercle hermétique. Cette urne contient, bien évidemment, les cendres du défunt ou de la défunte. La nouveauté tient dans le traitement nanoT qu’on reçues les parois de l’urne. Elle réagissent à l’oxygène ainsi qu’à la présence de cendres.

Les proches sont invités à ouvrir le couvercle de l’urne de préférence de nuit ou tout au moins dans un lieu à l’abri de la lumière directe du soleil mais aéré. Les particules nanoT présentes dans les parois de l’urne s’activent et se mettent à réduire les cendres en des particules de tailles nanométriques, réarrangées en éléments chimiquement neutres.

En quelques minutes, le temps d’un chant d’adieu, l’urne se vide dans une délicate nuée lumineuse, les nanoT ayant été dotés de capacité luminescentes. Les cendres disparaissent « miraculeusement ». L’effet est très apaisant pour l’entourage et semble bénéfique au deuil que chacun reste à accomplir en soi. La luminescence reste ténue, c’est ce qui incite les représentants des Nouvelles Pompes Funèbres Européennes (NPFE) à conseiller l’ouverture de l’urne de nuit. Les Eglises, par l’intermédiaire du porte parole du Conseil Français des Cultes Théistes, s’étonnent de ce simulacre technologique : « Comment ose-t-on vendre une aura lumineuse, si belle soit-elle, comme une réponse objective à la douleur des proches d’un défunt ? ».

Réponse du berger à la bergère : « la prochaine étape sera de faire disparaître le corps sans l’incinération préalable dans une lumière vraiment maîtrisée… » déclare le Pdg des NPFE, première entreprise à proposer ce service.
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Le 26 novembre 2057 : Morale robotique


Pour se faire accepter de ses futurs utilisateurs, la robotique prend en compte les appréhensions des hommes. D’autres diront que c’est l’éthique humaine qui a influencé l’évolution de ces technologies en pleine expansion. Quoi qu’il en soit, pour se rendre acceptables, les robots ou d’autres systèmes avancés, qu’ils soient anthropomorphes ou non, ont été dotés de certaines adaptations techniques. La plus représentative de ces adaptations concerne le « siège » de l’indépendance du robot. On parle d’indépendance robotique pour ne pas parler de conscience, notion propre à l’homme. Cette indépendance robotique est « exécutée », aujourd’hui, par l’ODA, l’Organe de Décision Autonome.
Plus précisément, l’ODA est un périphérique autonome du programme fonctionnel de l’appareil robotique. Cette localisation différenciée de l’indépendance fut décidée, lors d’un vote mémorable et express de l’assemblée de l’ONU. Ce vote obligeait les constructeurs à développer, à contre cœur, l’ODA.
Depuis ce moment, l’ODA peut être physiquement déconnecté afin de permettre à l’utilisateur humain de reprendre la main sur le robot, sans pour autant interrompre les fonctions actives. A cette époque l’ODA se nommait PDA, Périphérique de Décision Autonome. Mais l’anthropocentrisme naturel a eu tôt fait de transformé le « périphérique » en « organe ». Sur un plan plus technique, les spécialistes d’intelligence artificielle avaient émis des doutes sur la pertinence de cette disposition, d’autant plus que le législateur avait obligé les fabricants à retiré l’existence de l’ODA de la base de donnée environnementale et comportemental du robot. « Cette omission est une entrave au développement de l’intelligence artificielle » s’emporte le professeur Aloïs Charron, spécialiste de renommée mondiale.
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