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17/08/2059 : Ubiquité numérique -

Vous êtes en réunion, vous dormez, vous êtes au cinéma, vous êtes en voyage... autant de situations au cours des quelles vous ne pouvez pas répondre aux personnes qui souhaitent entrer en contact avec vous, mais pour lesquels vous souhaitez rester joignable.
La vieille messagerie numérique peut remplir cette tâche... à moins que vous souhaitiez offrir à votre interlocuteur une gamme de réponses plus large. L’intelligence artificielle peut vous permettre cette fonction. Qu’on l’appelle le Hub-média ou AvRil (Avatar de Réseau Intelligent, évolution du ARI - Agent de Réseau Intelligent), cette interface propose à tout interlocuteur d’entrer en contact avec un clone numérique de vous-même et de le renseigner au mieux, en votre absence.
Ce clone numérique se "nourri" de tout ce que vous faites au cours de votre journée. Chacun de vos déplacements, chacunes de vos actions ou de vos choix remplissent la base de données de votre AvRil. Ce mouvement de centralisation avait été initié par Google, dans les années 10, avec Grand Central, système de convergence des appels téléphoniques et autre messageries électroniques. Aujourd’hui, la database tire ses informations de ces mêmes vecteurs mais aussi de votre système de paiement (CB ou embarqué à votre téléphone ou Navigo...). Vos conversations téléphoniques ainsi que le contenu de vos mails, les informations issue de votre CenDo (Centrale Domotique) sont autant de sources d’informations qui rendent votre AvRil toujours plus crédible à vos interlocuteurs en votre absence. Les carnets d’adresses, qu’ils sont privés ou sociaux (Facebook et consorts...) sont la colonne vertébrale de la hiérarchisation de ce flot de données : déterminer si telle ou telle information est de l’ordre de l’intime, du privé, des relations civiles, administratives ou professionnelles... Et donc, ne divulguer ce informations qu’aux personnes concernées, informations qui tombent sous le coup des lois PEMA (Private Electronic Mail Address).
Un autre aspect du paramétrage de l’AvRil est son apparence. Vous pouvez choisir un clone immuable ou évolutif (les critères ne manquent pas...), un clone réaliste ou bien encore une forme fantaisiste... Ces diverses options réagissant aux mêmes règles de hiérarchisation de l’information. Un ultime choix, parmi une multitude, est celui de prévenir ou non votre interlocuteur qu’il s’adresse à un avatar. Cette option prenant toute sa "saveur" quand vous faites le choix d’avatar réaliste de votre image réelle. Cette option, la plus troublante, étant aussi la plus révélatrice de l’évolution de l’Intelligence Artificielle sur les réseaux ! Elle induit beaucoup de choses dans les relations inter-personnelles... D’autant plus qu’elle oblige le propriétaire à se renseigner régulièrement sur les conversations que son AvRil aura pu avoir avec son entourage.
Ainsi, l’enjeu de cette nouvelle technologie, mise à la disposition du grand public, se situe dans l’influence que la technologie peut avoir dans les relations humaines. Que se passerait-il si une personne, pour telle ou telle raison, "abandonne" ses contacts avec le monde réel à son AvRil ? L’AvRil a-t-il une existence légale ? Une administration peut-elle tenir comme authentique des informations fournies par un AvRil ? Un utilisateur peut-il se décharger d’une responsabilité en avançant l’argument que l’AvRil n’est pas habilité à répondre à sa place dans tel ou tel domaine ? Le virtuel qui par l’intermédiaire de ces interfaces intelligentes de substitutions font une entrée fracassantes dans le monde réel, ne va-t-il pas encore plus troubler un monde que beaucoup sentent en manque de repères ?
D’après une idée de Christian Gatard.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro


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25/05/2059 : Espionnage industrio-privé

Pour vous rendre à votre travail, vous utilisez, sans y penser, la puce RFID qui est implantée dans votre bras. Elle vous identifie à l’entrée de votre entreprise, elle vous donne accès à votre poste de travail ou à votre ordinateur, ou bien encore, elle vous ouvre les portes de la cafétéria de la société.
Les services rendus par cette petite puce identifiable par fréquences radio sont innombrables. Pour toutes ces raisons, utiliser dans le cadre de l’entreprise un dispositif anti-RFID est contraignant et très mal vu. Pourtant, il est un lieu de l’entreprise où Pierre Martin (les noms ont été modifiés) aurait du utiliser ce genre d’appareil de "dissuasion" : les toilettes. Aujourd’hui, il aurait encore son travail.
Aussi aberrant que cela puisse paraître, à lui et à toutes les autres personnes qui n’ont pas la meilleure des santés, on pourrait conseiller d’utiliser les commodités de lieux publics ou collectifs tels que les restaurants ou les bibliothèques...
Pourquoi ? Parce que, à l’insu de son personnel, l’entreprise de monsieur Martin a doté l’ensemble de ses toilettes d’analyseurs bio-médicaux afin de suivre "l’évolution sanitaire de son personnel" dixit la direction de la communication de cette entreprise indélicate. Elle se retrouve avec son salarié remercié devant les juges des Prud’hommes. Or ces appareils incriminés ont révélé chez Pierre une hépatite B résurgente, datant d’une contamination conséquente d’un voyage de jeunesse dans les années 30. Pierre invoque la violation de la vie privée. L’entreprise se défend en rappelant que l’ensemble des salariés signe dans leur contrat d’embauche une clause d’obligation d’information d’un état de santé particulier du fait de l’activité sensible de l’entreprise ; celle-ci est fortement impliquée dans le bio-médical.
Les Prud’hommes se déclareront sûrement incompétents, renvoyant ce dossier devant un tribunal civil. La procédure sera plus longue, au détriment de Pierre, le maintenant sans activité. Mais ce renvoi va donner une plus large diffusion à un cas qui est loin d’être isolé. Le législateur acceptera-t-il enfin de faire son travail a propos de l’utilisation inappropriée de données personnelles ?
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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18/05/2059 : Connaissance à apprivoiser

Maintenant que les risques de syndrome de Richardsson (du nom du joueur d’échec décédé devant les caméras du monde entier d’un Nano Data Storage Massive Leak) sont maîtrisés, la généralisation des implants mémoriels pose une véritable interrogation quand à la valeur du savoir.
Le cinéma comme la littérature de SciFi nous ont abreuvé de vulgarisation, d’intégration artificielle du savoir et autres connaissances, sans trop se soucier du rapport qu’il peut exister entre cette connaissance et l’expérience physique qui lui est associé. Autrement dit le rapport entre l’intellectuel et le psychomoteur qui découle de la composante affective non négligeable dans l’appropriation de la connaissance.
De plus en plus de gens se font implanter des mémoires hybrides pour conserver des chiffres, des images des textes… Les Interfaces PGUI (Psycho Graphic User Interface) appelé familièrement Pinguin (le lien avec le pingouin de Linux reste pertinent…) sont de plus en plus abouties, d’ou cette généralisation. Certains vont jusqu’à arborer les implants tels des bijoux en se rasant les cheveux autour du rocher (l’éminence osseuse derrière l’oreille), du côté où ils portent l’implant. Avec l’implant, le rocher double de volume.
Si on peut assimiler toute connaissance, que vaut l’assimilation de l’histoire de l’architecture sans l’expérience physique de la balade dans les murs, que vaut l’assimilation de tous les coups d’escrime sans la sensation de l’effort dans son propre corps ? Ce sont, en tout cas, les directions que prennent les laboratoires : la modélisation de l’expérience physique de l’apprentissage d’une connaissance.
Les premières expériences se font sur les cinq sens premiers (goût, toucher, ouie, odeur et vue), l’expérience psychomotrice viendra dans un deuxième le temps.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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11/05/2059 : Biens humanitaires -

La présidence de l’Union Européenne, à l’initiative de la République Française, a présenté à l’Assemblée extraordinaire de l’ONU son projet ambitieux de Domaines Génétiques Humanitaires (DGH).
Ces domaines se veulent une réponse, un contre-feu, à la profusion de dépôts de brevets que multiplient les laboratoires et autres entreprises de biotechnologie privésdu monde entier. Nombre de personnes qu’elles soient des milieux associatifs, humanitaires ou même législatif dénoncent ces entreprises qui « s’approprient » des tranches de plus en plus grandes des patrimoines génétiques naturels "éparpillés" sur la surface de la planète.
Le projet de Domaines Génétiques Humanitaires institurait des champs de la vie, des champs par extention génétiques, qu’il serait impossible de breveter en vue d’une exploitation privée. Il va de soi que cette proposition a provoqué une levée de bouclier de la part des industriels concernés qui vont tout mettre en œuvre pour empêcher l’adoption d’un tel dispositif législatif. "Cette proposition va à l’encontre même de la liberté d’entreprise. Une telle loi serait anti-constitutionnelle" s’est exclamé le porte-parole du représentant des industries pharmaceutiques auquelles se sont jointes celles spécialisées en biotechnologie.
Malgré cette farouche opposition, les défenseurs européens du projets se sont "rodés" aux arguments des opposants lors des attaques au sein de la Commission Européenne, les premiers domaines génétiques proposés à la protection par les BH sont ceux de l’homme. Les promoteurs de la loi vont même encore plus loin, car selon eux, la vrai difficulté sera de rendre les BH rétroactifs. En effet, il existe déjà des centaines de brevets déposés et qui concernenet de "franges étroites" de l’ADN humains. Mais la vrai dificulté quand on a reconnu la valeur humanitaire de ce disposutif législatif sera de na pas refroidir l’esprit d’entreprise et d’innovation.
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16/03/2059 : L’éternité au poignet

A notre époque où la miniaturisation est reine, la montre-bracelet reste un objet à la mode bien qu’anachronique, pour ne pas dire obsolète. Il est ici question de la montre mécanique ou automatique qui trouve un regain de popularité en qualité d’objet esthétique et non pas de ces concentrés de technologies que les geeks d’arrachent et qui font pour ainsi dire tout à l’exception du café !!!
Ce trait d’humour passé, il faut néanmoins reconnaître que la montre-bracelet a concédé une amélioration technologique, et non des moindres. Que ce soit dans le bracelet pour les plus anciennes ou dans le boitier, de plus en plus d’utilisateurs « embarquent » une puce qui bloque, quand souhaité, la communication de leur h-RFID (Radio Frequence ID que portent de plus en plus de personnes) avec tout appareil extérieur.
Quel intérêt peut-il y avoir à annuler les avantages de cette h-RFID que l’on s’est fait implanté volontairement ? Elle dévérouille vos portes et ordinateurs, elle vous indentifie auprès de votre bar ou votre boîte de nuit préférée, elle jouen le rôle de carte de fidélité dans vos magasins favoris, elle suit votre votre consommation et votre régime alimentaire… Les services liés à la h-RFID ne cessent de s’accroître.
Ce sont bien tous ces services que les détracteurs de la h-RFID lui repproche, faisant de chaque individu une personne publique sans possibilté de vie privée. La montre-barcelet équipée du brouilleur permet à tout porteur de h-RFID de redevenir un anonyme pouvant se rendre là où bon lui semble sans laisser de traces de ses déplacements ou de ses activités. Les professionnels du sexe se félicitent de cette innovation qui permettra à sa clientèle de s’élargir, la suspition d’être « tracé » avait été décellée dans un enquête d’opinion auprès des éventuels clients des quatiers rouges européens.
Le gouvernement, quand à lui, ne voit pas d’un bon œil cet nouvel appareillage. Mais la h-RFID n’a rien système officiel. Il lui est donc difficile d’interdire un gadget contrecarrant un autre gadget.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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16/02/2059 : Monnaie fiduciaire électronique

Malgré les dizaines de millions de manifestants sortis dans les rues du monde entier et malgre les avis défavorables émis par nombreuses instances gouvernementales ou non, religieuses, associatives et universitaires, cette décennie ou la suivante sonneront le glas de la monnaie fiduciaire conventionnelle, que l’on parle de pièces ou de billets, dans de nombreux états du monde. Il est à noter que les états qui se proposent de passer ce pas décisif possèdent des économies tertiaires et quaternaires.
Seule source d’apaisement pour les populations les plus pauvres : la généralisation à l’échelle de la planète des "terminaux de transactions privées" (2TP, prononcez twoteepee), de la banque Indo-European - Shou Yen (IESY), héritière plus ou moins direct de la Grameen Bank, fondée par le Prix Nobel de la Paix 2006, le professeur Muhammad Yunus. Ne nécessitant aucune identification ou connexion sur les réseaux, ces terminaux permettent à leur possesseurs de réaliser toute sorte de transaction sans la moindre trace informatique, comme le permet la monnaie fiduciaire papier. Porte-monnaie éléctronique individuel, le 2TP reste anonyme dans la mesure où les transactions réalisées par son entremise restent inférieure à 3000 €. Cette limite suit les cours quand la transaction se fait en d’autres monnaies. La banque IESY a décidé d’appuyer le système de ses terminaux sur l’euro, monnaie qui a fait ses preuves de stabilités avec ses avantages et inconvénients que l’on connait. La EISY est devenue européenne en 2036 suite à une succession de rachats qui ont provoqué la dissolution de la Grameen Bank dans un conglomérat. Ce dernier à malgré tout su garder l’esprit du professeur Yunus.
Le 2TP est une vraie réponse pour les plus démunis dans ce monde de plus en plus informatisé. Il suffit de se rendre dans une succursale EISY pour prendre possession de son terminal. La EISY se rémunère sur les micros crédits généralement "adossés" au 2TP.
Que l’on soit laissé-pour-compte ou personne privée désirant tout simplement faire une transaction sous seing privé, le terminal propose une solution pratique bien que présentant aussi des désagréments. Si la IESY crée la monnaie fiduciaire électronique, elle qui devient le garant de la circulation de ces sommes d’argent. Premier risque pour cette institution. Les détarcteurs du systèmes, quand à eux, promettent le retour des trousseurs de bourses c’est à dire une recrudescence de la délinquence et autres vols à la tire liés aux terminaux 2TPP. La IESY promet d’augmenter les systèmes de sécurité en intérant des détections biométriques actives avec détection de biorythmes.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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05/01/2059 : Opinion étrangère... -

Ou comment les médias de masse peuvent faire preuve d’une forte influence sur l’opinion que les populations se forgent.
Depuis un demi-siècle, les séries américaines ont imposé et su garder leur suprématie sur les chaînes de télévision publiques tout autant que privées, en Europe. Malgré de nombreuses tentatives, les productions nationales et européennes n’ont jamais détrônées ni menacer durablement ces produits d’importation qui, à la longue, ont fini par, également "greffer" des idées chez les téléspectateurs qui vont à l’encontre des fondements de l’Europe moderne. On passe gentiment sur les erreurs de titres dans les prétoires de justice européens : le Président de la court devient trop facilement "votre honneur"... On passe déjà moins sur les insinuations tendant à justifier des opinions scientifiques battant en brèche l’Evolution... Le thème le plus éloigné des idéaux que l’Europe veut promouvoir et qui lui sont imposées par voix de Vox Populi concerne la peine de mort.
Abolie en France et dans le reste de l’Europe au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle, ce progrès social et humaniste que l’on pouvait considéré comme définitivement acquis revient sur le devant de la scène. Les opinions publiques, bercées par les séries américaines, demandent le réexamen des dispositions constitutionnelles qui interdisent l’application de la peine capitale en Europe. De ce côté-ci de l’Europe, on a longtemps cru que les USA finirait par se débarrasser de ses couloirs de la morts. Mais l’instabilité du pays au cours de dernières décennies n’a pas servie la cause abolitionniste, bien au contraire : les Etats Unis d’Amérique se sont refermés sur eux-mêmes, cherchant à retrouver dans leurs histoires, l’énergie et les principes nécessaires à la sauvegarde d’une unité fortement chahutée par les aspirations indépendantistes des hispanophones et afro-américains.
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29/09/2058 : Supermarchés de la procréation

Les techniques de procréation médicalement assistées ne manquent pas : de la fivette, avec ou sans location d’utérus, au don de sperme ou d’ovules en passant par toutes les variantes d’insémination artificielle, les futurs parents désirant une descendance n’ont que l’embarras du choix. De cet éventail on exclu bien sûr le clonage reproductif qui reste officiellement interdit sur l’ensemble de la planète.
Dans un proche avenir, sera proposé aux couples désirant avoir un enfant une nouvelle technique qui aura la particularité de préserver intégralement le lien de filiation entre les deux parents et leur enfant. En effet dans le cas d’une procréation avec don de gamètes, l’un des deux parents se trouvait privé de filiation génétique. Ce lien demeure une valeur importante pour nombre de familles.
Cette technique s’appelle la gamétogenèse. Elle consiste en la génération de gamètes, par voix de génie génétique, en utilisant les cellules souches du parent dont la fécondité est déficiente. Ainsi celui ou celle qui ne peut fournir de spermatozoïdes ou d’ovules se voit restituer dans son intégrité parentale. L’annonce de l’autorisation de l’utilisation de cette technique a également provoqué un frisson de satisfaction dans les milieux gays et lesbiens. En effet, ces couples, parmi lesquels on compte nombre de parents, ne pouvaient l’être que par voix d’adoption. Leur restait inaccessible le lien de parenté qui lie le couple hétérosexuel à son enfant.
Grâce à la gamétogenèse, les gamètes « manquants » dans un couple homosexuel pourront être générés : spermatozoïdes chez un couple lesbien, ovule chez un couple gay. « Cette annonce est un nouveau pas sur le chemin de l’égalité de droits entre individus qu’ils soient hétéro ou homosexuels. Nous nous félicitons de cette avancée décisive que nous offre la science. Reste, pour les couples gays, la problématique de la location d’utérus que refusent certains ! » déclare le porte-parole du Conseil Européen de Surveillance des droits des minorités sexuelles.
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18/08/2058 : Mort en libre-service


Le Conseil Européen des Cultes Monothéistes (CECM) publie son rapport annuel faisant bilan de sa participation à l’Observatoire Européen des Pratiques de Fin de Vie (European Observatory for end of Life – EOL).
Le CECM signale une nette augmentation des pratiques auto-euthanatiques (néologisme opposé au terme de suicide, assimilé à un geste spontané de désespoir ou de colère) associée au constat de trois situations indépendantes : d’une part, la dérégulation totale des messageries privées qui furent, d’autre part, suivies de celle des douanes nationales intra-européennes. Enfin, le CECM fait remarquer l’influence de la maîtrise des nanotechnologies dans l’augmentation des auto-euthanasies. Ces trois états de faits rapprochés, précisent les rédacteurs du rapport, permettent la fabrication et la large diffusion de manière discrète de matériaux létaux que chacun peut s’auto administrer.
Ces kits auto-euthanatiques (kits AE) permettent ainsi à de nombreuses personnes de mettre fin à leur vie en contournant les procédures d’accompagnement à la fin de vie mises en place par les institutions européennes. Ces kits injectent dans le corps de la personne des nanorobots qui s’attaquent au système nerveux central. La personne tombe dans l’inconscience en s’endormant paisiblement. « Elle glisse dans la mort de manière inéluctable et apaisée » précise la documentation des kits AE.
Les kits sont fabriqués clandestinement dans certains pays d’Afrique et de l’Asie du Sud-Est. Cette fabrication nécessite peu de moyens : une bonne usine nanoT et les plans adéquats. "Le prix d’achat de ces kits (de l’ordre de 3000 €) reste le dernier rempart à l’épidémie de mort que certains annoncent dans nos villes et banlieues" précise un responsable des Sapeurs Pompiers de Paris. Ces derniers avouent être confrontés de plus en plus fréquemment à la découverte de corps sans vie dans des cellos à la frange des grandes mégapoles. Le CECM voit, de son point, dans cette augmentation de ces pratiques « la manifestation d’un mal être terrible au sein de la population qui préfère la mort à toute forme de vie ».
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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11/08/2058 : Class action transnational









Le bilan de la montée des eaux au plan international du fait des changements climatiques est lourd. Les états insulaires inondés qui, pour certains, ont même été rayés de la carte ou pour d'autres ont perdus une grande partie de leur territoire littoral, se rassemblent, cette semaine, au Palais des Congrès de Paris. L'ordre du jour est on ne peut plus clair : lancer une procédure en Class Action contre, d'une part, les états dits industriels de l'occident du XXe siècle et, d'autre part, contre les principaux groupes industriels, d'échelle mondiale, issus des consolidations de la première moitié du XXIe siècle. Cette procédure s'appuiera, vraisemblablement, sur la « non-assistance à personne en danger ». Le dossier préparé et défendu par un groupement de cabinet d'avocats venant de toutes les latitudes, sera présenté auprès de la Cour de Justice Internationale.
Cette procédure n'est pas une surprise. Sur tous les continents, éditorialistes et lobbyistes de tous bords ont milité de longues dates pour ce procès qui s'annonce fleuve… Néanmoins, il est loin de faire l'unanimité. Ce sont les états qui se sont portés parties civiles, non pas les citoyens, comme de nombreuses ONG humanitaires l'auraient souhaité. « En cas de victoire, quelles garanties ont les déracinés de tous ces pays que les éventuelles compensations arrivent jusqu'à eux ? » s'interroge un avocat d'une association de citoyens expropriés par les eaux. Son cabinet s'est vu refuser la participation à la procédure internationale au nom de la raison d'état qui oeuvre au nom des individus. « La multiplication des parties civiles nuirait à la clarté de la procédure » a renchérit le porte-parole des avocats des états engagés dans cette Class Action d'un nouveau genre.

Le traumatisme est grand et toutes les solutions palliatives n'ont que peu changé les choses : îlots artificiels, représentations diplomatiques virtuelles, locations de territoires… Ce ne sont que des solutions transitoires qui, jamais, ne feront disparaître ces populations apatrides.

© Olivier Parent
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30/06/2058 : Moon baby boum


Le baby boum tant appréhendé a bien eu lieu. On compte aujourd'hui pas moins de sept grossesses déclarées dans l'ensemble des bases lunaires. Toutes aussi clandestines les unes que les autres, c'est une enquête internationale qui a révélé la situation.
Le premier bébé lunaire, Peter-Moon, se porte à merveille. Il est considéré par certains enthousiastes comme le premier citoyen de la Lune. Il aura donc fait des émules : le second citoyen sélène (adjectif préféré à lunaire) devrait naître dans quelques semaines. Alors que l'institution de la base internationale Selen One comme la première municipalité hors de la surface de la Terre avait été lancée comme une boutade, aujourd'hui, de nombreux juristes plaident pour la création d'un statut de « municipalité internationale hors Terre », afin « de mettre fin aux fantasmes de certains ».
Ce cadre juridique instituerait une unique organisation de droit international sur l'ensemble de la surface de la Lune. Les habitants, ceux qui sont sous contrat longue durée, cette durée et cette condition restent à préciser, éliraient un maire. Il n'en reste pas moins que chacun procréerait selon son droit national. Chaque nation présente sur la Lune serait invitée à ouvrir une représentation diplomatique. Le maire de Selen One, quant à lui, se verrait conférer des droits supra nationaux garantis par l'ONU. On parle même de la création d'une police municipale issue des rangs des Casques Bleus.
Tout ce déploiement d'arsenal juridique n'a qu'une fin : que ce soit l'ONU, les nations ou les entreprises qui investissent hors de la surface de la Terre, personne ne veut prendre le risque de perdre le contrôle de la moindre installation. Ce cadre juridique strict, bien qu'il se veuille ouvert, est sensé éviter l'apparition d'une nation lunaire. Certains jugent cette démarche anachronique, ne lui prédisant qu'une courte durée de vie, d'autant plus qu'elle ne prend pas en compte les stations spatiales, elles aussi, en pleine expansion.
© Olivier Parent
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19/05/2058 : 1958-2008-2058, autres temps, autres mœurs

Ces trois dates sont politiques : la Cinquième République a été instituée en 1958, se déroulent les commémorations de ce centenaire. Elles incitent à une analyse comparative des situations et des symboles véhiculés par les conjoints des chefs d'état français.

Yvonne, Carla et Pierre-HuChang sont trois personnalités à l'image de la France qui, en leur temps, a porté leurs époux et épouses vers les plus hautes fonctions de l'état français.

"Tante Yvonne" est longtemps restée, dans le cœur d'une certaine France, l'image de l'épouse discrète et toute dévouée au destin de son président et général de mari, Charles de Gaulle. Carla Bruni-Sarkozy, 50 ans plus tard et après une révolution culturelle (2058 célèbre aussi les 40 ans de Mai 68), est longtemps restée une icône glamour de l'artiste qui a su préserver sa créativité et son authenticité malgré les fonctions qu'elle devait assurer auprès de son mari, Nicolas Sarkozy. Enfin, se présente le cas de Pierre-HuChang Enderleigt, époux de l'actuelle présidente de la République Française, surtout connu et reconnu pour ses activités industrielles lucratives. Ce qui est remarquable dans le cas du "prince consort-industriel", c'est que, bien que soutenant pleinement son épouse dans sa fonction présidentielle, il n'a jamais caché n'avoir, à aucun moment de la campagne électorale, envisagé de mettre ses activités professionnelles en sommeil.

Mlle Carla Bruni (ex-Sarkozy), aujourd'hui âgée de 91 ans, en plus d'avoir été cette icône romantique de l'artiste véritable - elle se fit remarquer dans divers domaines des arts médiatisés -, fut, également, en son temps, à l'image d'une société de consommation fortement marquée par une dimension ludique en pleine explosion. Mme de Gaulle (1900 - 1979), qu'en à elle, était à l'image d'une société figée, héritière de codes culturels et sociaux qui éclateront une décennie après l'accession au pouvoir de son mari le poussant l'arrière cour du pouvoir.

Armé de ces deux modèles de conjointes de chefs d'états français, on peut envisager d'analiser l'esprit d'entreprise du Premier Homme de France et se plaire à imaginer que Pierre-HuChang devienne une image de bon augure d'un esprit conquérant qui voudrait bien souffler sur notre vieux pays quelque peu endormis sur ses lauriers...

© Olivier Parent
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Le 10 mars 2058 : Rancœur froide


La cinquantaine de clones humains découverts, à partir 2027, dans les murs de trois sectes indépendantes, ont aujourd’hui entre 34 et 37 ans. La découverte de ceux qui n’étaient alors que des enfants avait, à l’époque, permis la mise en application de législations contre le clonage humain. Tous ces individus étaient issus des gènes de divers gourous. Sans vivre cachés, aujourd’hui, ils cherchent à préserver un certain anonymat. La plupart d’entre eux a subi des opérations de chirurgie esthétique afin d’altérer leur apparence, quand la ressemblance avec leur parent était trop flagrante. Quelques-uns se rassemblent pour tenter d’exorciser leurs origines. Ces réunions ont toujours lieu dans la plus grande discrétion. Une poignée d’entre eux se sont rassemblés afin d’attaquer, une nouvelle fois, en justice, les anciens responsables des sectes encore vivants. Ils sont, pour la plupart, toujours incarcérés, suite aux procès datant des années 30-35. Les « enfants des sectes », devenus adultes, revendiquent, désormais, le droit à un nouveau procès, cette fois pour crime contre l’humanité, ce changement de qualification étant indispensable à toute nouvelle procédure. L’annonce de la perspective d’un nouveau procès a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans un monde qui ne sait toujours pas quelle place donner aux clones. Nos sociétés vivent dans le déni total de cette question, bien que, chaque jour qui passe la rende un peu plus flagrante ; malgré l’absence de chiffres officiels, le nombre de naissances illégales issues de clonages ne cesse de croître, sur l’ensemble de la planète. En réponse au groupe attaquant les anciens gourous, un autre groupe de clones s’est constitué. Celui-ci s’engage, en cas de procès, à témoigner en faveur des accusés. Par une telle déclaration, ils espèrent dissuader leurs frères de destin de s’engager dans une procédure qu’ils jugent « contre nature ». « Ce n’est pas avec ce genre de procès que l’on fera avancer la cause des clones, dans le monde » a déclaré le porte-parole de ce groupe informel.
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Le 18 février 2058 : Protection individuelle


L’Europe célèbre le 25e anniversaire de l'EEDPC (European Electronic Data Protection Council). Cette institution indépendante, souvent décriée, est née de la fusion de la CNIL française avec ses consœurs européennes.

La seule victoire de l’EEDPC (prononcez l’eed-PC) qui fasse l’unanimité est la promotion, tout d’abord au niveau européen vite suivie d’une adoption au niveau mondial, des législations en faveur des adresses électroniques dites PEMA (Private Electronique Mail Address). Ces textes étendent les protections liées à la propriété privée d’un individu à toute adresse électronique déclarée comme privée, d'où la PEMA. Cette propriété privée impliquant le respect de la vie privée, l’ensemble des activités électroniques d’un individu tomba sous la protection de textes fermement protecteurs des libertés individuelles. Cette évolution est en opposition totale avec la tendance du début du XXIe siècle, moment où l’on vit, aux USA puis en Europe, la mise en place de textes très restrictifs des libertés individuelles au nom de la protection de la communauté et de l’Etat.

Les évolutions de société de ces dernières décennies rendirent indispensable la protection des activités électroniques de tout individu. La première de ces évolutions fut le vote électronique. Il ne fut accepté par les électeurs qu’au prix de la création et de la protection de l’individu électronique. Une autre évolution fut l’abandon de l’adresse postale physique au profit d’une existence uniquement électronique. Cette évolution faisant suite à la dématérialisation de l’administration.

C’est ainsi que l’EEDPC milita pour la création des PEMA, seule réponse objective aux évolutions des sociétés et des Etats. Les opposants furent nombreux. Parmi eux, les marchands électroniques qui se voyaient infligés de lourdes amendes en cas de violations de la vie privée électronique. D’autres opposants furent les partis politiques conservateurs, pour qui de telles protections signaient la mise à mort d’une image idéale de l’Etat.
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Le 7 janvier 2058 : Génération tamisée

La Cour Européenne de Justice (CEJ) vient d’être saisie d’une demande inhabituelle : une jeune femme, fertile et en parfaite santé, demande la génération d’ovules par voix de génie nano-génétique. Sa demande est justifiée par l’origine de sa propre naissance : elle a été conçue à la suite du viol de sa propre mère. À l’époque, traumatisée, l’adolescente ne s’était jamais confiée à son entourage. Quand sa grossesse devint impossible à dissimuler, il était trop tard pour une IVG. Le bébé naquit quelques mois plus tard.

Aujourd’hui marié, le bébé veut donner la vie. Mais la future maman ne veut rien transmettre à son enfant de l’héritage génétique de son géniteur honni. Pour arriver à ses fins, la jeune femme, qui s’est vu fermer les portes des tribunaux nationaux, se tourne en dernier recours vers la CEJ pour obtenir officiellement le droit qu’elle revendique pour elle-même et les siens. Elle veut que lui soit reconnu le droit de faire « tamiser » les gamètes. Elle veut que soient générés des ovules desquels tous les chromosomes du violeur auront été retirés. Les moyens nanoT sont tout à fait à même de réaliser ce raffinage.

Une solution alternative aurait été que la jeune femme demande à sa propre mère de lui faire un don d’ovules, car un ovule prélevé sur la jeune femme, une fois « tamisé », sera équivalent à un ovule ainsi donné, mais la jeune femme est orpheline. Sa mère suicidée peu de tant après son accouchement.

L’eugénisme sans raisons médicales objectives est interdit en Europe. L’eugénisme médical, dit positif, est réalisé principalement grâce aux diagnostiques pré-fécondatoires. « Ce que je demande est exactement un cas d’un eugénisme médical » revendique la jeune femme. La CJE a accepté de recevoir et d’étudier la requête. « C’est un premier pas vers la reconnaissance d’un droit appelé à devenir universel » se réjouit l’avocat de la requérante.

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Le 25 décembre 2057 : Génotype virtualisé


Les Sciences modernes sont au chevet de la biodiversité mondiale. Grâce aux séquenceurs génétiques de dernière génération, de nombreuses équipes, travaillant toutes sous licence publique, se sont mises à la tâche de sauvegarder le patrimoine génétique du plus grand nombre possible d’espèces d’êtres vivants. Les équipes travaillent en priorité sur les espèces dont on ne possède plus que des gamètes ou des corps congelés. Parfois même, des enquêteurs sont envoyés à la recherche des dernières traces génétiques disponibles, cela a été le cas pour le dodo de l’île Maurice.

Le principe théorique de leur travail est simple : le séquençage génétique d’une cellule d’un être vivant donne l’ensemble de son code génétique. On enregistre ce code dans une mémoire sécurisée, comme on le ferait pour un fichier de texte exceptionnellement long et précieux, écrit avec seulement quatre lettres : A, C, G et T, les initiales de quatre molécules : Adénine, Cytosine, Guanine, Thymine. L’agencement de ces quatre lettres forme les mots de la vie, les gènes qui caractérisent chaque être vivant.

La quantité de données générées est telle que seule l’informatique nanoT permit d’envisager sérieusement ce projet. Par ailleurs, les nanoT autorisèrent la seconde étape de ce projet de sauvegarde : le retour à la vie de ces espèces disparues ou en danger. Cette dernière tâche est confiée à un répliqueur génétique : le répliqueur reconstitue, atome par atome, lettre par lettre, le génome qui permettra de redonner naissance à un être vivant par voix de clonage. Le génie génétique passant pas là pour corriger ce qui peut l’être.

La théorie n’est plus, on est passé à la pratique : un petit passereau a été conçu artificiellement. Une mère porteuse vient de pondre quatre œufs. La naissance des poussins est attendue avec impatience…
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Le 3 décembre 2057 : Syndrome récurant


Le RFS (Right Frame Syndrom), syndrome de la colonne de droite, n'en finit pas de terroriser les agences de communication. Formalisé dans les années 2010, ce « syndrome » décrit la capacité que développe l'oeil d'un internaute à éviter une partie de la page dès que celle-ci est identifiée comme publicitaire. À cette époque, la colonne de droite était dévolue aux "réclames", la partie de gauche de la page étant dédiée aux menus « utilisateur ».

Avec la généralisation des caméras intégrées aux ordinateurs, des entreprises telle que Google avaient tenté de modéliser les comportements des internautes et, plus particulièrement, des mouvements de l'œil afin de déterminer où placer les messages publicitaires. Ces recherches amenèrent les programmeurs à développer des langages permettant aux pages des sites d’être dynamiques, c’est à dire, de prendre la composition la plus adaptée à un individu donné.

Jamais ces recherches arrivèrent à prouver la pertinence des fonds investis. D’autant plus que nombre d’utilisateurs quittèrent les providers trop entreprenant à l’encontre de leurs libertés individuelles.
Qu’il s’applique à « la colonne de droite » ou à tout autre endroit d’un espace virtuel, il est évident que l’esprit humain sait ne voir que ce qu’il veut voir. Les publicitaires font appel à une armée de moyens toujours plus diversifiés. L’un de ces moyens consiste en l’analyse des bruits environnants de l’ordinateur, afin de déterminer les habitudes de l’utilisateur. Les contrôles des caméras étant inaccessibles à l’utilisateur lambda, l’analyse peut donc se faire en toute tranquillité et sur de longues périodes. Il ne reste à l’utilisateur que la liberté d’éteindre son ordinateur, au lieu de le laisser en veille…

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Le 12 novembre 2057 : Naviguer de conserve…


…jamais sans mon ARI (Agent de Réseau Intelligent), IWP en anglais (Intelligent Web Probe) !
Le Web n’a jamais compté autant de pages, rien ni personne n’a pu entraver la progression de ce nombre… pas même les grandes crises économiques ! Tant et si bien que l’information pertinente est devenue très difficile à dénicher.

Telle une mégapole perdue dans une jungle dantesque, seule une infime partie du réseau est connue, cartographiée… à tel point qu’aucun GPS virtuel n’arrive à donner une image exacte de l’espace virtuel dès lors que l’on s’éloigne des sentiers battus. On dit souvent que l’information est noyée au milieu d’un bruit très élevé. C’est dans ce contexte que sont apparus les Agents de Réseau Intelligents.

Ce sont ces programmes issus des moteurs de recherche mais dotés de capacités d’apprentissage. Ils sont au monde informatique ce que sont les ODA au monde réel. A l’opposé, des moteurs de recherche du style MPG (My Private Google) qui centralisent toutes les données utilisateurs, l’ARI est une unité informatique collaborative et inviolable : l’ARI tombe sous la protection des lois relatives à la vie privée. L’ARI bénéficie aussi des énormes progrès accomplis dans la miniaturisation des mémoires. Ainsi plus l’ARI navigue, mieux il vous connaît, mieux il connaît le Web, se servant de votre contact pour toujours développer de nouvelles stratégies d’exploration du Web.

Le fait de quitter le monde connu ralenti les recherches. Mais l’ARI sait lancer des requêtes, plusieurs à la fois, les traiter, les hiérarchiser, les filtrer selon ce qu’il connaît de vous, selon ce qui est induit dans la formulation de la question, selon l’heure qu’il est et l’humeur dans laquelle vous êtes. L’ARI est un compagnon dont l’intelligence varie aussi selon son prix d’achat.

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Le 3 septembre 2057 : T’as pas cent balles ?



Monnaie fiduciaire versus e-monnaie. Quels sont les réalités qui se cachent derrière ce choc de civilisation.

Moneo, Clicpay, Digicash... tous ces noms font partie de notre quotidien, à la nuance prêt que "nous" ne concerne que des individus qui travaillent ou ceux qui ont encore leur place dans la vie active électronique. Imaginez cet enchaînement : licenciement, chômage longue durée, divorce, pension alimentaire, perte de logement, perte des droits AESCIS (Agence Européenne de Soutien et de Coopération Individuelle et Sociale), clôture de compte bancaire... Si la monnaie n’existe plus que sous sa forme électronique, comment fait notre quidam pour vivre ?

Cet enchaînement dramatique pas si éloigné de la réalité, a le mérite d’attirer notre attention sur les réelles motivations de la dématérialisation de la monnaie. Historiquement, le « kidnapping » de l'argent par les gouvernants a commencé le jour où la monnaie n'a plus valu son poids de métal. C'est le jour où la monnaie est devenue effectivement fiduciaire, c'est-à-dire basée sur la foi de la valeur frappée sur ses faces. L'étape suivante fut le billet, puis la carte de crédit et, aujourd’hui, la monnaie électronique.

Sous les atours de la commodité électronique de cette dématérialisation qui nous est ventée, se cache une réalité bien plus concrète : ni la BCE, ni les banques nationales et encore moins les banques commerciales ne veulent continuer à payer le coût de la manutention de la monnaie fiduciaire. L'utilisation de robots dédiés n'y change rien.

La première victime de la monnaie électronique sera le Compte Bancaire Universel. En effet, comment pourrait-on alimenter un compte bancaire si on perd tout contact avec la vie active électronique ? C’est, d’un coup de crayon « éradiquer » beaucoup de laissés-pour-compte !
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Le 13 août 2057 : Grossesses sujettes à caution


Les laboratoires GeneTan viennent de lancer un produit qui suscite la controverse. Il s'agit du premier kit de caractérisation fœtal à l'attention du grand public.

Une pilule ingérée, une nuit de sommeil et comme pour l’antique test de grossesse, un peu d’urine sur un bâtonnet. Si ce n’est qu’aujourd’hui c’est le caryotype de l’enfant que la maman porte qui apparaît : couleur des yeux, cheveux, de la peau, corpulences et tailles probables… C'est cette énumération non exhaustive qui fait naître la controverse : cette liste serait rapidement amenée à augmenter, surtout dans la "zone médicale" du caryotype.

Beaucoup de spécialistes de la génétique s'interrogent sur la fiabilité d'un tel test. "Quand on lit la liste des critères que le test est capable de déterminer, on a le vertige ! Pour arriver à des résultats fiables sur une telle quantité, il faudrait un laboratoire de 4 à 6 personnes travaillant 24 heures d'affilées. Ce test est un mensonge !" s'emporte le porte parole des Cliniciens Génétiques de France (CGF), syndicat professionnel très influant dans la promotion de la génétique appliquée. D'autres voix s'élèvent contre cet "eugénisme rampant" : "La commercialisation de ce test est la porte ouverte vers la sélection de l'espèce humaine tel un cheptel ovin ou bovin... il est fort étonnant que la Commission Européenne aie autorisé la vente d'un tel produit !" s'étonne le porte parole du Conseil Religieux Européen.

La tentation pourrait en effet être grande pour un couple d'interrompre la grossesse si le test ne correspondait pas à ses attentes. L'Inde, longtemps avant l'arrivée de la génétique à bas prix, avait été tentée par l'eugénisme sexuel : nombres de gynécologues indiens avaient acceptés, jusque dans les années vingt, d'indiquer le sexe de l'enfant à venir, les petites filles étant sacrifiées.

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