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24/08/2059 : Pathologies virtuelles

Une nouvelle section de l’Arche du Spitzberg voit le jour. Après la collecte des graines et la congélation des gamètes du plus grand nombre de formes de vie végétales et animales. Après la collecte des génotypes numérisés de ces différentes formes de vie, collecte poussée à une échelle vraiement planétaire, l’Arche s’attaque, bien tardivement, à la collecte des gènes de l’ensemble de vecteurs pathogènes connus et identifiés, que l’on parle de virus, bactéries, champignons ou poisons organiques (molécules complexes).
L’innovation de cette nouvelle évolution de l’Arche du Spitzberg est l’injection de ces modèles génétiques virtualisés dans un modèle numérique d’une planète également virtuel. Charge à des intelligences artificielles (IA) spécialisées de tester "in virtuo" l’ensemble de ces nouvelles entités digitalisées sur l’ensemble des modèles génétiques de toutes les formes de vie déjà présente dans les bases de données de l’Arche, en testant toutes les combinaisons possibles et inimagonabes...
Pour accomplir cette tâche, on parle de décennies tant elle est complexe. mais les efforts techniques et financiers consentis à ce nouveau projet, par ailleurs décrié (pourquoi numériser un virus plutôt qu’un papillon ?), seront compensés par "les bénéfices et retombées positives attendues par l’ensemble de la communauté scientifique au profit de l’humanité" déclare le porte-parole de la présidence de l’Arche du Spitzberg (Voir FH/YVA du 05/02/2057 : L’Arche de Noé mise en danger).
Cette organisation internationale ne cesse de prendre de l’ampleur déchaînant convoitises et jalousies. D’autant plus que travaillant sous l’égide de l’ONU, les découvertes concrétisées sous sa responsabilité tombent sous le coup des brevets humanitaires, donc inaccessibles à toutes exploitations privées et exclusives. Néanmoins certains s’interrogent sur des rapprochement douteux entre cette organisme public planétaire et certains grands groupes privés qui tentent de glaner certaines informations, tentant toujours, malgré les risques de lourdes sanctions prévues par le droit international, de détourner une autre interdiction : le brevet de tout matériel génétique humain (Voir FH/YVA du 08/12/2058 : Peuplades virtuelles).
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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17/08/2059 : Ubiquité numérique -

Vous êtes en réunion, vous dormez, vous êtes au cinéma, vous êtes en voyage... autant de situations au cours des quelles vous ne pouvez pas répondre aux personnes qui souhaitent entrer en contact avec vous, mais pour lesquels vous souhaitez rester joignable.
La vieille messagerie numérique peut remplir cette tâche... à moins que vous souhaitiez offrir à votre interlocuteur une gamme de réponses plus large. L’intelligence artificielle peut vous permettre cette fonction. Qu’on l’appelle le Hub-média ou AvRil (Avatar de Réseau Intelligent, évolution du ARI - Agent de Réseau Intelligent), cette interface propose à tout interlocuteur d’entrer en contact avec un clone numérique de vous-même et de le renseigner au mieux, en votre absence.
Ce clone numérique se "nourri" de tout ce que vous faites au cours de votre journée. Chacun de vos déplacements, chacunes de vos actions ou de vos choix remplissent la base de données de votre AvRil. Ce mouvement de centralisation avait été initié par Google, dans les années 10, avec Grand Central, système de convergence des appels téléphoniques et autre messageries électroniques. Aujourd’hui, la database tire ses informations de ces mêmes vecteurs mais aussi de votre système de paiement (CB ou embarqué à votre téléphone ou Navigo...). Vos conversations téléphoniques ainsi que le contenu de vos mails, les informations issue de votre CenDo (Centrale Domotique) sont autant de sources d’informations qui rendent votre AvRil toujours plus crédible à vos interlocuteurs en votre absence. Les carnets d’adresses, qu’ils sont privés ou sociaux (Facebook et consorts...) sont la colonne vertébrale de la hiérarchisation de ce flot de données : déterminer si telle ou telle information est de l’ordre de l’intime, du privé, des relations civiles, administratives ou professionnelles... Et donc, ne divulguer ce informations qu’aux personnes concernées, informations qui tombent sous le coup des lois PEMA (Private Electronic Mail Address).
Un autre aspect du paramétrage de l’AvRil est son apparence. Vous pouvez choisir un clone immuable ou évolutif (les critères ne manquent pas...), un clone réaliste ou bien encore une forme fantaisiste... Ces diverses options réagissant aux mêmes règles de hiérarchisation de l’information. Un ultime choix, parmi une multitude, est celui de prévenir ou non votre interlocuteur qu’il s’adresse à un avatar. Cette option prenant toute sa "saveur" quand vous faites le choix d’avatar réaliste de votre image réelle. Cette option, la plus troublante, étant aussi la plus révélatrice de l’évolution de l’Intelligence Artificielle sur les réseaux ! Elle induit beaucoup de choses dans les relations inter-personnelles... D’autant plus qu’elle oblige le propriétaire à se renseigner régulièrement sur les conversations que son AvRil aura pu avoir avec son entourage.
Ainsi, l’enjeu de cette nouvelle technologie, mise à la disposition du grand public, se situe dans l’influence que la technologie peut avoir dans les relations humaines. Que se passerait-il si une personne, pour telle ou telle raison, "abandonne" ses contacts avec le monde réel à son AvRil ? L’AvRil a-t-il une existence légale ? Une administration peut-elle tenir comme authentique des informations fournies par un AvRil ? Un utilisateur peut-il se décharger d’une responsabilité en avançant l’argument que l’AvRil n’est pas habilité à répondre à sa place dans tel ou tel domaine ? Le virtuel qui par l’intermédiaire de ces interfaces intelligentes de substitutions font une entrée fracassantes dans le monde réel, ne va-t-il pas encore plus troubler un monde que beaucoup sentent en manque de repères ?
D’après une idée de Christian Gatard.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro


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27/07/2059 : Chantage gazeux - - -


L’Or Blanc, l’hydrogène liquide, n’arrive pas à stabiliser son cour sur les places boursières de la planète. Comme le fit en son temps l’OPEP, l’ENPO (Exportating Nitrogene Producers Organisation) joue avec les nerfs du monde industrialisé, qui, désormais, dépend de cette source d’énergie pour ses applications civiles. La situation globales est d’autant plus tendue que, les unes après les autres, les autorités militaires de la plupart des pays industrialisés ou producteurs de pétrole (aussi petite que soit cette production) annoncent la main mise sur les dernières réserves et ressources pétrolières. Certains pays n’ayant pas hésité à nationaliser des compagnies pétrolière afin de s’assurer l’exclusivité de ces ressources. Toutes ces situations participant à l’instabilité économique et politique de la planète, au cours des derniers mois (lire FH/YVA du 06/08/2057 : Pétrole & mat !).
En faisant abstraction de la situation militaire, l’hydrogène, que se soit sous la forme de la pile à combustion ou toute autre variante, est partout, bien qu’on l’oublie trop souvent. Ainsi, qu’elle soit miniaturisée pour alimenter tous les appareils électroniques qui nous accompagnent dans notre quotidien ou qu’elle de taille conséquente dans nos véhicules personnels ou collectifs, la pile à
combustion a vite supplanté le moteur à combustion et les autres sources d’énergie portatives, principalement la batterie chimique. Car s’il ne restait qu’une invention à découvrir et à développer, ce serait celle qui permettrait le stockage de l’énergie, peut importe sa forme, à grande capacité et haut rendement.
Plus le monde se développe, plus il est mobile. De la fin XIXe siècle au début du XXIe, le moteur à combustible fossile fût le meilleur moyen de transporter de l’énergie immédiatement accessible. Les équipements miniaturisés du XXIe siècle ont permis l’utilisation du stockage énergétique chimique. L’étape suivante a été la standardisation de la recharge des batteries par induction : des surfaces émettrices intelligentes qui se généralisent dans les lieux publics tout aussi bien que privés... un matériel qui sait indiquer ses caractéristiques électriques et la charge se fait par simple contact.
Une autre étape à été franchit avec la miniaturisation nanotech qui a encore réduit la consommation énergétique des matériels nomades, ces mêmes nanoT qui ont permis l’augmentation notoire du rendement des cellules photovoltaïques. Mais le vrai réservoir à énergie reste toujours à imaginer... et l’hydrogène le meilleur combustible propre (quoique la production généralisée de vapeur d’eau finisse, un jour par faire parler d’elle...) pour les gros matériels qui doivent être énergétiquement autonomes.
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15/06/2059 : La vie de château dans le ciel


Heureusement pour lui, le grand public n’a pas les mêmes exigences de performance que les militaires. Sur de longues distances, la réponse se nomme 2WAN (World Wide Aeropole Network) et la solution technique est une vieille recette préparée avec les ingrédients les plus performant qu’offrent les nanotech : des dirigeables géants.
L’ONU et l’OMNEE (Organisation Mondiale de Normalisation des Echanges Economiques, organisme qui régule les moyens de production sous toutes les latitudes de la planète afin d’éviter les situations de dépendance économique) ont tout fait pour convaincre les acteurs du secteur aéronautique, à priori sceptiques, de se lancer dans le développement de ce réseau basé sur un grand nombre d’engins volants, de très grande capacité et gérés de manière collective par les compagnies aériennes qui y ont accès. Côté passagers, comme dans les transports en commun terrestres, ils ne doivent s’acquitter que d’un titre de transport forfaitaire. Ce billet leur donnant accès aux navettes qui les transportent du sol vers ces cités volantes qui, une fois à leur altitude de croisière, ne sont plus destinées à atterrir.
Fruits du génie humain et surtout nanotech qui a donné naissance à des matériaux aux performances exceptionnelles, les aéropoles sont également "énergie positive" : le revêtement nanoT extérieur est photosensible et fournit ainsi l’énergie aux propulseurs. les navettes profitent également de cette manne énergétique.
Et le grand public a tôt fait de approprié ces lieux. Aujourd’hui, on compte 14 aéropoles qui sillonnent les cieux de la planète. Les chantiers mandatés tournent à plein régime en Europe, aux Etats Unis d’Amériques, en Chine, Russie, Brésil, Inde et en Afrique du Sud pour la CAC (Communauté de l’Afrique Continentale). Les surfaces "habitables" des aéropoles ne cessent de grandir... on parle désormais d’hectares... dans lesquels les gens vont, viennent, restent, parfois, plus longtemps que prévu. Les services embarqués sont de plus en plus complet : les premiers hôtels ont récemment ouverts.
Aux dires de responsables du 2WAN, c’est cette nouvelle manière de voyager "à l’international" qui a été le plus complexe à négocier auprès des nations du monde. Il a fallu, en effet, les convaincre de la création d’un "espace Schengen", à l’échelle de la planète, qui engloberait les pays dont les infrastructures aéroportuaires souhaitent avoir accès aux aéropoles. Cette espace de libre circulation des citoyens leur permet de monter à bord d’un aéropole et d’en descendre quand bon leur semble, comme dans tout transport en commun communautaire. Une révolution planétaire vers une nouvelle communauté planétaire.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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08/06/2059 : Domotique ou majordome robotique ?


Les économies d’énergie ou, plus précisément, l’optimisation de sa consommation restent, depuis plusieurs décades, la grande thématique qui concentre tous les efforts industriels, tous domaines d’activités confondus.
Le logement individuel n’y echappe pas, il est même devenu une science comportementale et technique : la domotique. Mais, chacun, en son logement, ne reçoit pas de traitement égale en matière de domitique. Tout dépendant de la date de construction. Et, notre pays est riche, en millions, de logements bâtis bien avant l’avènement de cette science qui occupe bien des amphithéâtres de faculté et fait la fortune des équipementiers domestiques.
Pour faire simple, chaque proprietaire ou locataire d’un de ces logements anciens, si celui-ci n’a pas été "mis à jour", se trouve face à trois choix : laisser le logement en l’état de "logement inerte", se lancer dans des travaux d’intégration de systèmes domotiques ou faire l’aquisition d’un majordome robotique.
La première des trois situations bien que n’étant pas "politiquement correcte", recueille les suffrages de nombreux foyers, principalement chez les personnes propriétaires de leur logement. Les bailleurs font plus facilement le pas des travaux, incités par les aides gouvernementales.
Alors que l’on pourrait souhaiter voir s’accélérer le rythme de ces travaux, les estimations les plus optimistes n’envisagent la domitisation de l’ensemble du parc de logements français et européens que sous des délais qui se comptent encore en décennies... Car, comme alternative aux investissements et désagréments conséquents aux travaux de domitisation, l’aquisition d’un majordome robotique trouve une place toujours plus grande dans le coeur du grand public. Choix paradoxal au regard de l’hostilité toujours palpable à l’égard de la présence des robots en ville.
Le robot qui semble donc trouver sa place dans la sphère privé se révèle ètre un excellent "manager d’espace domestique" : répondre aux commandes vocales (listes de courses, réglage de température, commandes de lumière, de musique ou d’un plat cuisiné... plus, tout ce qu’il peut gérer de manière autonome, selon un protocole établit par logiciel intégré( ou téléchargé, pour les propriétaires de robots non spécialisés). Les promoteurs de la robotique voient dans les majordomes un excellent moyen de faire progresser le nombre de robots dans la cité d’une manière douce, ventant les mérites d’une domitique beaucoup plus souple et adaptable au plus près des désirs et comportements de chacun, en opposition totale avec la domitique intégrée, plus discrète mais figée, selon ses détracteurs.
La domotique dite intégrée est pourtant bien une forme de robotique... quoique plus discrète ! Il semblerait, qu’une nouvelle fois, ce soit la guerre de l’anthropomorphisme du robot qui fasse rage !

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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01/06/2059 : Publicité intrusive - -


L’anondin e-flyer que l’on rapporte chez soi peut se révéler plein de qualités inattendues... Ce petit document que l’on vous tend à la sortie du métro, que vous trouvez à votre place de restaurant ou que l’on glisse dans votre boîte à lettres, pour ceux qui en possèdent une encore, a suivi de très près les évolutions de la technologie, des comportements et modes de consommation.
Le e-flyer, dernier avatar du prospectus publicitaire, est, à n’en pas douter, un outil de marketing du XXIe siècle, beau, moderne, attractif...les plus grands graphistes se sont essayés à cet exercice de style. Il essaye surtout de se démarquer du marketing invisible par ICIC, "identification et ciblage des individus dans leurs circulation au sein de la cité" (définition du LOL, Larousse en ligne). Les citoyens pour lesquels la rue est et doit rester un lieu de liberté, refusent en nombre toujours plus important d’être les cibles de décryptage de leurs comportements. Il suffit de voir le succès de ces petits articles de mode doté de dispositifs "anti-RFID" pour s’en convaincre : on a beau être de son temps, on en apprécie encore mieux ses instants d’anonymat numérique.
Mais, hélas, le marketing a trouvé la parade avec le e-flyer (vous noterez que les professionnels de la communication qui font appel au e-flyer le nomme "flyer", l’ablation du "e", pour électronique, tentant de faire oublier les capacités communicantes de cette petite image). Sur le principe des journaux "jetables", le e-flyer est devenu DD (Développement durable), il est surtout devenu communicant "dormant". Il arborre une belle image, portant un message plus ou moins neutre.
Au lieu d’être ouvertement réactualisable afin de toujours réduire l’agression que le consommateur pourrait ressentir, le e-flyer attend son heure. Il attend, après avoir été glissé dans une poche pour atterrir sur un bureau ou dans une cuisine... C’est à ce moment-là qu’il lance son protocole de communication qui révèle toute la stratégie des publicitaires. Sous prétexte que l’e-flyer aie été saisi et déposé, d’une manière qualifiée de "volontaire" par le législateur, sur un quelconque meuble d’un endroit pourtant privé ou assimilé, l’e-flyer a le droit d’interroger les systèmes environnants afin, dans un premier temps, de qualifier l’individu qui réside ou travaille dans ce lieu (le législateur a, au moins, protégé le nom de cette personne), qualification accompagnée de son lot de questions marketing sur les goût et habitudes... Dans un second temps, l’e-flyer propose d’entrer en contact avec cette personne de diverses manières : mails, courriers physiques, appel téléphonique, dépêche publicitaire... Si votre système est mal configuré... vous êtes sollicité contre votre gré.
La vie de l’e-flyer finissant par le recyclage, son retraitement débutera pas la récupération de toutes données qu’il aura pu saisir. Elles seront sources d’information pour les sevices de marketing : trajet, temps de vie avant recyclage, et profil de la personne "flashée" par l’e-flyer.
Scénario de cauchemar ? Des autorisations exceptionnelles ont été accordées, jusqu’à ce jour, à titre d’étude et de test... Il n’empêche qu’après le quizz de votre magazine préféré qui vous "profile" dans le même temps que vous vous divertissez, une nouvelle étape est en passe d’être franchit dans la violation de la sphère privée avec des moyens légaux, pourtant bien fragiles ! Quelle liberté reste-t-il au simple passant qui ne veut pas rentrer dans le jeu de la société ludo-consommatrice qui doit, par tous les moyens imaginables, amortir ses investissements toujours plus importants ?

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25/05/2059 : Espionnage industrio-privé

Pour vous rendre à votre travail, vous utilisez, sans y penser, la puce RFID qui est implantée dans votre bras. Elle vous identifie à l’entrée de votre entreprise, elle vous donne accès à votre poste de travail ou à votre ordinateur, ou bien encore, elle vous ouvre les portes de la cafétéria de la société.
Les services rendus par cette petite puce identifiable par fréquences radio sont innombrables. Pour toutes ces raisons, utiliser dans le cadre de l’entreprise un dispositif anti-RFID est contraignant et très mal vu. Pourtant, il est un lieu de l’entreprise où Pierre Martin (les noms ont été modifiés) aurait du utiliser ce genre d’appareil de "dissuasion" : les toilettes. Aujourd’hui, il aurait encore son travail.
Aussi aberrant que cela puisse paraître, à lui et à toutes les autres personnes qui n’ont pas la meilleure des santés, on pourrait conseiller d’utiliser les commodités de lieux publics ou collectifs tels que les restaurants ou les bibliothèques...
Pourquoi ? Parce que, à l’insu de son personnel, l’entreprise de monsieur Martin a doté l’ensemble de ses toilettes d’analyseurs bio-médicaux afin de suivre "l’évolution sanitaire de son personnel" dixit la direction de la communication de cette entreprise indélicate. Elle se retrouve avec son salarié remercié devant les juges des Prud’hommes. Or ces appareils incriminés ont révélé chez Pierre une hépatite B résurgente, datant d’une contamination conséquente d’un voyage de jeunesse dans les années 30. Pierre invoque la violation de la vie privée. L’entreprise se défend en rappelant que l’ensemble des salariés signe dans leur contrat d’embauche une clause d’obligation d’information d’un état de santé particulier du fait de l’activité sensible de l’entreprise ; celle-ci est fortement impliquée dans le bio-médical.
Les Prud’hommes se déclareront sûrement incompétents, renvoyant ce dossier devant un tribunal civil. La procédure sera plus longue, au détriment de Pierre, le maintenant sans activité. Mais ce renvoi va donner une plus large diffusion à un cas qui est loin d’être isolé. Le législateur acceptera-t-il enfin de faire son travail a propos de l’utilisation inappropriée de données personnelles ?
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18/05/2059 : Connaissance à apprivoiser

Maintenant que les risques de syndrome de Richardsson (du nom du joueur d’échec décédé devant les caméras du monde entier d’un Nano Data Storage Massive Leak) sont maîtrisés, la généralisation des implants mémoriels pose une véritable interrogation quand à la valeur du savoir.
Le cinéma comme la littérature de SciFi nous ont abreuvé de vulgarisation, d’intégration artificielle du savoir et autres connaissances, sans trop se soucier du rapport qu’il peut exister entre cette connaissance et l’expérience physique qui lui est associé. Autrement dit le rapport entre l’intellectuel et le psychomoteur qui découle de la composante affective non négligeable dans l’appropriation de la connaissance.
De plus en plus de gens se font implanter des mémoires hybrides pour conserver des chiffres, des images des textes… Les Interfaces PGUI (Psycho Graphic User Interface) appelé familièrement Pinguin (le lien avec le pingouin de Linux reste pertinent…) sont de plus en plus abouties, d’ou cette généralisation. Certains vont jusqu’à arborer les implants tels des bijoux en se rasant les cheveux autour du rocher (l’éminence osseuse derrière l’oreille), du côté où ils portent l’implant. Avec l’implant, le rocher double de volume.
Si on peut assimiler toute connaissance, que vaut l’assimilation de l’histoire de l’architecture sans l’expérience physique de la balade dans les murs, que vaut l’assimilation de tous les coups d’escrime sans la sensation de l’effort dans son propre corps ? Ce sont, en tout cas, les directions que prennent les laboratoires : la modélisation de l’expérience physique de l’apprentissage d’une connaissance.
Les premières expériences se font sur les cinq sens premiers (goût, toucher, ouie, odeur et vue), l’expérience psychomotrice viendra dans un deuxième le temps.
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04/05/2059 : Les joyaux de l’écologie

Quand les métiers d’arts viennent au secours des écosystèmes en perdition, on obtient l’improbable symbiose du luxe et de la biodiversité, c’est en tout cas l’expérience, qui se veut unique, proposée par les "Sanctuaires du Monde" (lire FH/YVA 10/03/2059 : Les nouveaux zoos). Ce que le grand public sait moins, c’est que ces Sanctuaires ne sont pas à destination de nos seuls faunes et flores, de nos seuls écosystèmes en voie de disparition. La simple sauvegarde alimenté par le sentiment de culpabilité ou par la nostalgie était loin d’être suffisante pour justifier et financer ces zoos du dernier espoir !
Si l’envie vous prend et, surtout, si vous en avez les moyens, vous pouvez vous isoler dans un Sanctuaire et y vivre des moments de luxes rares de nos jours.
Il faut prendre le temps de la visite du Sanctuaire de Paris. Il est constitué de neuf unisphères (contraction d’univers et sphère). Chacune de ces unisphères, à la forme fort élaborée selon l’écosystème qu’elle porte en son sein est le siège d’un univers particulièrement équilibré au point de tendre vers l’autarcie. Chacun des unisphères s’imbrique élégament dans l’ensemble de huit autres unisphères. Les parois des unisphères faites de verre nanoT sont photo-actifves (photo-électrosynthèse, photo-absorption de polluants...),
Parmi les joyaux perdus, les concepteurs du Sanctuaire parisien ont sélectionnés les lagons des Seychelles, la forêt primordiale de Bornéo, les bords du Gange, un désert Dogon, un glacier et son alpage, les palétuviers de Floride, la savane d’Afrique équatoriale, une banquise et un haut plateau himalayen.
L’heureux client des Sanctuaire, au cœur de ces unisphères, au cœur de ces écosystèmes miraculeusement sauvegardés et reconstitués, au cœur de la ville où, souvent, il travaille sans compter, il peut jouir d’une hôtellerie de luxe dans un mobilier fruit d’un artisanat d’art qui bénéficie directement de la sauvegarde de l’écosystème dont il est issu. Marqueterie et travail de l’os, du cuirs ou de la pierre, tissus et draperies, joaillerie et orfèvrerie, ébénisterie et menuiserie... Ce que les artisans d’art du monde entier font de mieux se trouve à portée de la main du consommateur fortuné moderne. Pour les bourses les moins bien loties, l’expérience pourra n’être qu’un promenade dans l’un de ces microcosmes afin, tout simplement, de retrouver le goût de la solitude ou le plaisir de s’interroger : "Suis-je seul ?" tout cela sans risque !
"Le luxe réinventé !" s’exclame le directeur du Sanctuaire de Paris, Képhas Quasguet qui compare son établissement aux thermes de Monaco ou à des complexes hôteliers tels que celui du Normandie-Deauville avec des capacités écologiques que n’atteindront jamais ces lieux sélects mais désuets en terme de conceptions.
Les opposants aux Sanctuaires existent. Ils doutent des intentions altruistes du milieu du luxe, s’opposant farouchement aux formules "zoos à bas prix" dans lesquels le grand public est cantonné à la franche de ces univers clos pendant que les nantis bénéficient d’un luxe inaccessible sous couvert de protection de la biodiversité ! Mais la mode est lancée... le marché, une fois encore fait sa loi.
Ecrit avec la collaboration de Simon Gasquet
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20/04/2059 : Droits intellectuels et robotique

La cour européenne d’appel de Strasbourg est le théâtre d’un procès qui attire sur lui les regards de tous les acteurs de l’industrie de la robotique. Ce procès traite, en appel, du cas de ce jeune génie de la mécanique robotique qui, contre l’avis des fabricants de robots, a tenté de faire profession de sa passion pour les robots et ses talents d’informaticien.

Youri Bassegnac, jeune génie autodidacte de l’informatique et de la robotique, à commencé par "customiser" avec succès ses robots. Plutard, il a proposé à son entourage d’apporter des modifications afin de personnaliser les robots. Il répondait ainsi à tel ou tel particularité ou goût. Puis, par voix de promotion médiatique, Youri a élargi son public permettant à tout à chacun d’apporter des modifications substentielles à des robots construit en série. Chaque possesseur de robot le sait, l’acquisition d’un robot reste un investissement substentiel. Youri, quand à lui, proposait ses customisations à prix très abordable.

En première instance, les fabricants de robots qui revendiquent le droit exclusif d’intervention sur leurs machines, systèmes et sous systèmes, mécaniques aussi bien qu’informatiques, avait obtenu gain de cause. Ce premier jugement a mobilisé la communauté des développeurs en licence libre tout comme les associations de consommateurs quand à été mis à jour le vide juridique autour de la propriété effective du robot qui reste le fabricant, malgré l’achat de la machine. A l’image de l’achat d’un véhicule personnel, qu’est-ce qui prime : le droit à la propriété intellectuelle d’un des organe électronique ou le droit à la propriété privée de l’utilisateur ? Fort de ces soutiens, Youri Bassegnac a fait appel du jugement en première instance.


Pour modifier les machines qui lui ont été confiées, le jeune homme a utilisé des nanobots programmés par ses soins. Ces modifications portent aussi bien sur la programmation comportementale que l’apparence fonctionnelle. L’ouverture de ce procès en appel tentera d’apporter des éléments de réponse à toutes ces questions, tout en appelant le législateur à apporter rapidement un cadre juridique clair. Les revendeur de pièces détachées robotiques, marché parallèle en plein essot suivra de très prêt le nouveau volet d’une affaire qui les touches au premier chef.

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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30/03/2059 : Néo pulps - - - - - - - - -

La Bande Dessinée s’approche gentiment et gaillardement de son bicentenaire. Chez les collectionneurs, les albums de la période dite classique (de l’entre-deux Guerres Mondiales à la fin du XXe siècle) s’arrachent à prix d’or, malgré un nombre de tirages d’albums qui n’avait cessé de s’accroître au cours de ces années. Il avait fallu cette durée à la vieille dame pour acquérir ses lettres de noblesses auprès d’un large public. Mais, à partir des années 10 et en deux décennies, l’arrivée du papier électronique avait fait passer l’album de BD d’objet culturel de grande consommation (on a vu à cette époque des albums tirés à plusieurs million d’exemplaires…) à celui d’objet de collection et d’art. Aujourd’hui, les éditeurs n’impriment plus que des tirages de tête toujours plus luxueux.
Dans le domaine de la publication de périodiques, Sully Trans Press (STP, lire FH/YVA du 11 novembre 2058 : Retour des kiosques à journaux) démontre que les modèles économiques ne sont jamais figés. Il est aussi possible de fidéliser le client, à l’époque du "butinage" numérique. Avec un même esprit de renovation mais à l’opposé de la démarche technologique de STP, quelques maisons d’édition se lancent dans l’aventure de la promotion de nouveau talents mais, surtout, celle du tirage sur papier, démarche anachronique, s’il en est, au temps du tout électronique. Cette initiative pourrait être comparée aux pulps, ces publications à bas prix qui eurent leurs heures de gloire, aux USA, autour de la période de la Grande Dépression de 1929. Ce renouveau de la BD sur papier synthétique bénéficie, après négociation, des réseaux de récupération de STP qui permettent une récupération des matériaux de l’ordre de 85 à 90%.
Mais, ces jeunes éditeurs ne cachent pas leurs réelles intentions : pousser le lecteur à se reconstituer des collections pérennes. Le jetable et le papier électronique ont failli tuer la création graphique. A l’évidence, la dématérialisation des support a privé le lecteur du lien affectif qu’il pouvait avoir avec l’ouvrage ce qui l’incitait à le garder et le collectionner, petit secret redécouvert d’une industrie de l’édition durable.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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16/03/2059 : L’éternité au poignet

A notre époque où la miniaturisation est reine, la montre-bracelet reste un objet à la mode bien qu’anachronique, pour ne pas dire obsolète. Il est ici question de la montre mécanique ou automatique qui trouve un regain de popularité en qualité d’objet esthétique et non pas de ces concentrés de technologies que les geeks d’arrachent et qui font pour ainsi dire tout à l’exception du café !!!
Ce trait d’humour passé, il faut néanmoins reconnaître que la montre-bracelet a concédé une amélioration technologique, et non des moindres. Que ce soit dans le bracelet pour les plus anciennes ou dans le boitier, de plus en plus d’utilisateurs « embarquent » une puce qui bloque, quand souhaité, la communication de leur h-RFID (Radio Frequence ID que portent de plus en plus de personnes) avec tout appareil extérieur.
Quel intérêt peut-il y avoir à annuler les avantages de cette h-RFID que l’on s’est fait implanté volontairement ? Elle dévérouille vos portes et ordinateurs, elle vous indentifie auprès de votre bar ou votre boîte de nuit préférée, elle jouen le rôle de carte de fidélité dans vos magasins favoris, elle suit votre votre consommation et votre régime alimentaire… Les services liés à la h-RFID ne cessent de s’accroître.
Ce sont bien tous ces services que les détracteurs de la h-RFID lui repproche, faisant de chaque individu une personne publique sans possibilté de vie privée. La montre-barcelet équipée du brouilleur permet à tout porteur de h-RFID de redevenir un anonyme pouvant se rendre là où bon lui semble sans laisser de traces de ses déplacements ou de ses activités. Les professionnels du sexe se félicitent de cette innovation qui permettra à sa clientèle de s’élargir, la suspition d’être « tracé » avait été décellée dans un enquête d’opinion auprès des éventuels clients des quatiers rouges européens.
Le gouvernement, quand à lui, ne voit pas d’un bon œil cet nouvel appareillage. Mais la h-RFID n’a rien système officiel. Il lui est donc difficile d’interdire un gadget contrecarrant un autre gadget.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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10/03/2059 : Les nouveaux zoos -

Vous n’avez sûrement pas pu éviter ces bâtisses gigantesques qui jaillissent au cœur de la plupart des mégapoles de la planète tels des phares ou, mieux encore, selon les promoteurs de ces projets démesurés, comme des joyaux géants posés au milieu d’écrins que deviennent ainsi nos centres urbains Hi-tech (lire FH/YVA 04/05/2059 : Les joyaux de l’écologie). Les campagnes de presses motivées par ces projets n’ont pas manqués pour les faire connaître bien avant le dernier coup de pioche. Il fallait expliquer au plus grand nombre que, grâce à ces débauches de moyens, ces lieux allaient devenir des sanctuaires de biodiversité, sanctuaires indispensables à l’avenir de l’homme.
Les projets comme l’Arche du Spitzberg vont beaucoup plus loin, en terme de sauvegarde et d’efficacité par la numérisation des génotypes de la plupart des formes de vie de la planète. L’autre grand projet de vie virtuelle est une approche alternative à l’indispensable plan de sauvegarde lancé à l’échelle de la planète. Mais l’un comme l’autre, bien que bénéficiant d’un relais médiatique important auprès du grand public, sont très lointain en terme d’image et d’accessibilité auprès de ce même public.
Les Sanctuaires du Monde répondent à cette nécessaire proximité qui aide à comprendre les dépenses publiques consenties à la réalisation de ces projets virtuels, qui seront, on l’espère, rentables sur une longue durée. D’autan plus que l’actuelle population active n’a jamais connu la planète que dans l’état de décrépitude tel que nous l’ont transmis les générations précédentes.
Pour le grand public, les Sanctuaires sont un peu ce que furent les zoos, à la du XIXe siècle, quand on donnait à voir aux foules occidentales des exotismes inimaginables sans eux. Ainsi sont ces Sanctuaires qui rappellent à l’humanité que le monde se baignait dans l’eau bleue des atolls aujourd’hui submergés, que le monde se mirait dans des glaciers aujourd’hui fondus, que le monde se perdait dans des forêts aujourd’hui rasées... Que le monde possédait milles autres lieux magiques à jamais perdus. Ces zoos ultra modernes permettent aux gens de s’approcher de ces paradis perdus... Mais pas de trop prêt : question d’équilibre.
Écrit en collaboration avec Simon Gasquet
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16/02/2059 : Monnaie fiduciaire électronique

Malgré les dizaines de millions de manifestants sortis dans les rues du monde entier et malgre les avis défavorables émis par nombreuses instances gouvernementales ou non, religieuses, associatives et universitaires, cette décennie ou la suivante sonneront le glas de la monnaie fiduciaire conventionnelle, que l’on parle de pièces ou de billets, dans de nombreux états du monde. Il est à noter que les états qui se proposent de passer ce pas décisif possèdent des économies tertiaires et quaternaires.
Seule source d’apaisement pour les populations les plus pauvres : la généralisation à l’échelle de la planète des "terminaux de transactions privées" (2TP, prononcez twoteepee), de la banque Indo-European - Shou Yen (IESY), héritière plus ou moins direct de la Grameen Bank, fondée par le Prix Nobel de la Paix 2006, le professeur Muhammad Yunus. Ne nécessitant aucune identification ou connexion sur les réseaux, ces terminaux permettent à leur possesseurs de réaliser toute sorte de transaction sans la moindre trace informatique, comme le permet la monnaie fiduciaire papier. Porte-monnaie éléctronique individuel, le 2TP reste anonyme dans la mesure où les transactions réalisées par son entremise restent inférieure à 3000 €. Cette limite suit les cours quand la transaction se fait en d’autres monnaies. La banque IESY a décidé d’appuyer le système de ses terminaux sur l’euro, monnaie qui a fait ses preuves de stabilités avec ses avantages et inconvénients que l’on connait. La EISY est devenue européenne en 2036 suite à une succession de rachats qui ont provoqué la dissolution de la Grameen Bank dans un conglomérat. Ce dernier à malgré tout su garder l’esprit du professeur Yunus.
Le 2TP est une vraie réponse pour les plus démunis dans ce monde de plus en plus informatisé. Il suffit de se rendre dans une succursale EISY pour prendre possession de son terminal. La EISY se rémunère sur les micros crédits généralement "adossés" au 2TP.
Que l’on soit laissé-pour-compte ou personne privée désirant tout simplement faire une transaction sous seing privé, le terminal propose une solution pratique bien que présentant aussi des désagréments. Si la IESY crée la monnaie fiduciaire électronique, elle qui devient le garant de la circulation de ces sommes d’argent. Premier risque pour cette institution. Les détarcteurs du systèmes, quand à eux, promettent le retour des trousseurs de bourses c’est à dire une recrudescence de la délinquence et autres vols à la tire liés aux terminaux 2TPP. La IESY promet d’augmenter les systèmes de sécurité en intérant des détections biométriques actives avec détection de biorythmes.
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09/02/2059 : Mon bijou et pas un autre

"Que reste-t-il à l’industrie du luxe dans un monde où tout est devenu réplicable jusque dans les plus infimes détailles, grâce au génie nanotechnologique ?" C’est le genre de question que nombre de personnes se posent alors que s’ouvre la saison de présentation des collections de Haute Couture et de la bijouterie de luxe. Et une fois de plus, Boucherelles & Cliffs semble avoir répondu à cette question, tout au moins, en partie, en révélant, dans un premier temps, lors de la présentation de sa collection précédente, le bijou "vivant" symbiotique. Aujourd’hui, la jeune maison joaillière crée une nouvelle fois l’événement en dévoilant une gamme de pierres brutes mais artificielles mais, surtout, de qualité exceptionnelle au point de faire de chacune de ces pierres un objet unique. Par ailleurs, dans une démarche marketing originale, les pierres sont vendues brutes. Par la suite, elles sont taillées avec le talent reconnu de Boucherelles & Cliffs, puis montées de manières plus ou moins classiques sur monture inerte (or, argent, vermeil...) ou brochage nanotech. symbiotique.
Mais qu’ont donc ces pierres pour avoir attiré l’attention du joailler au point que celui-ci construise l’ensemble de sa nouvelle collection autour d’elles ?
Dans un premier temps, les personnes souhaitant acquérir l’une de ces pierres doit fournir un échantillon biologique. De celui-ci est extrait l’ADN de l’individu. Sur la base de cet ADN (la célèbre double hélice codée sur la base de quatre "molécules-lettres" : Adénine, Cytosine, Guanine et Thyrosine) est construit, atome après atome (de carbone et plus quelques autres pour les couleurs et autres qualités remarquables), grâce aux nanotech, une pierre unique. L’originalité de la démarche du joaillier de la place Vendôme tient aussi dans un secret de fabrication bien gardé. C’est la manière selon laquelle Boucherelles & Cliffs interprète l’information brute de l’ADN. Il a fallut développer un logiciel qui transpose, avec talent, goût et surtout en termes gémologiques, le code génétique en données décrivant les qualités de la pierre. Chaque gène humain venant influencer sur la couleur, la structure cristalline, l’indice de réfraction et bien d’autres critères... Ainsi, chaque pierre générée est bien originale, à l’image du donneur de la séquence génétique. Celui-ci se dotant d’un objet qui dépasse la définition du simple bijou pour devenir un identifiant joaillier personnel.
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02/02/2059 : Le prix de la beauté -

La Communauté Européenne met de l’ordre dans l’industrie des cosmétiques. La nouvelle directive européenne, faisant office de décrêt d’application, concerne les ingrédients et composants des produits cosmétiques. Cette directive cible plus précisément ceux utilisant des composants soi-disant nanotechnologiques.
Une chose est sûre, pour les fabricants de produits de beauté à "bénéfices santé élevés", faire apparaître la seule mention NanoT sur un emballage garantie un gain de 15 à 20 % de part de marché. Mais ni la qualité des ses ingrédients ni la dite miniaturisation à l’échelle nanométrique n’est garantie pour le ou la consommatrice. Ni terme nanotechonologique pas plus que tous ses dérivés et autres abréviations n’ont la moindre valeur légale.
On peut se souvenir que Danone au début du siècle avait du abandonner le terme marketing « bio ». C’était, à ce moment, le nom d’un de ses produits-phare. C’est à cette même époque que l’agriculture biologique avait obtenu une lisibilé de plus en plus grande auprès du grand public. Cette aura politiquement correcte avait ainsi permis d’obtenir l’exclusivité légale du qualificatif « bio », car, à l’évidence, le produit de Danone, une yaourt n’avait rien de commun avec l’agriculture biologique.
Comme le fit à l’époque Danone, les poids lourds de l’industrie comestologique, en quête effrénée de respectabilité en tentant de donner à leurs produits des qualités "thérapeutiques", vont tout faire pour garder le droit d’utiliser le champ lexical lié aux nanotechnologies. Il est moins sûr que le legislateur européen le laisse faire : les nanotechnologies sont un enjeu de société mais encore plus industriel.
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26/01/2059 : Intelligences couplées (IC)

le grand public connaît les IC dans des domaines tels que ceux de la médecine. Les IC permettent, par exemple, à un chirurgien d’opérer un cœur qui bat toujours dans la poitrine du patient. Le robot se charge d’annuler les mouvements du cœur par des mouvements opposés, il en fait de même avec la prise de vue. Le chirurgien en IP (Immersion Partielle) voit le cœur immobile et peut se concentrer sur son opération, assisté, toujours par le robot, dans ses gestes les plus délicats.
Le monde du cirque s’est récemment emparé des possibiltés qu’offrent les IC : sur la piste des frères Martelli, un des derniers grands cirques qui sillonne le monde, vient d’être présenté pour la première fois un numéro de trapèze volant mêlant un humain et une unité IC. C’est stupéfiant ! Le robot IC du cirque est un dérivé civil d’une unité militaire. On retrouve ce type d’unité IC auprès des pompiers et autres GIGE, mais les uns comme les autres restent tout aussi discret que les militaires sur l’utilisation et les capacités réelles de ces machines qui, qu’on le veuille ou non, effrayent le public. Le cirque laisse aisémment imaginer ce dont ces redoutables combattants IC sont capables alliant la vitesse et la force du robot au décision humaine.
On peut néanmoins s’interroger sur le niveau d’application des lois de la robotique dans l’unité IC du cirque : il est évident que les voltiges accomplies par l’étrange duo, homme-machine, va à l’encontre de l’impérieuse obligation de protection des êtres humains à laquelle sont soumis les robots. Le terme IC implique que derrière le robot en action, il y a un humain aux commandes. Mais cette machine reste néanmoins un robot. Alors, encore une entorse aux règles de bonne cohabitation homme-robot ?
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19/01/2059 : Ports à sec ou à l’abri ?

Les paysages portuaires et côtiers français révèlent de profondes évolutions après de longues années de travaux titanesques. Beaucoup de grands ports français qui ont voulu conserver leurs activités maritime se sont retirés derrière des écluses géantes afin de se mettre à l’abri des coups de colère de la mer.
Les installations portuaires européennes avaient été épargnées, ces dernières décennies, par l’absence de grands cyclones similaires à ceux qui frappent plusieurs fois par an les côtes à proximités des Caraïbes et du Golf du Mexique. Les grandes tempêtes européennes hivernales n’ont pas encore atteint la violence de leurs cousines transatlantiques. Les capitaineries comme les syndicats industriels ont, cependant, préférés prendre les devants et anticiper les dérèglements économiques issus des dérèglements climatiques.
Les diverses solutions techniques qui se présentaient induisaient des impacts également très variés. Ainsi les grandes barrières de protection que sont les écluses géantes de la Rochelle sont aussi une entrave certaine au développement économique des zones portuaires. On trouvent donc les écluses aux portes des ports principalement touristiques. La solution retenue par un port tel que celui du Havre a été la construction de nouvelles digues de transbordement pour le fret, à quelques encablures du port traditionnel, avant que la houle ne se transforme en vague. Ce dernier s’est refermé derrière ses écluses de bronze...
Avec ses nouvelles zones d’activité maritime, les robots trouvent aussi dans ces milieux hostiles un nouveau lieu d’exercice pour leurs multiples talents. Ils interviennent ainsi à deux étapes essentiels de l’exploitation de ces ports ouverts à tous vents. D’une part, ils fabriquent ces installations dans des conditions de travail très dure. Après ce travail de titans, ils se transforment en dockers, pour le plus la plus grande satisfaction des armateurs qui trouvent dans les robots une main d’œuvre inégalée en efficacité et docilité. D’autant plus que ces nouvelles digues sont privées.
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12/01/2059 : IA sous tutelle - - - - -

Le robot parfaitement anthropomorphe n’est pas pour demain… juste, après demain ! Tout le monde en semble convaincu que l’on se place du côté des défenseurs de la robotique ou des opposants. Parlant de robots anthropomorphes, là encore tout le monde s’accorde sur le sens de cette expression : un robot parfaitement semblable à une personne humaine au point de faire oublier les origines artificielles du robot. L’éventualité de cette confusion quitte le domaine du virtuel pour entrer de plein pied dans celui du possible... et les armes sont fourbies afin de prendre part à la polémique qui monte : Peut-on laisser un robot duper un humain sur son identité originale ?
Les lois de la robotique empêche, en théorie, à un robot de mentir à un être humain car ce mensonge pourrait mettre en danger la sécurité de cette personne. Mais les chercheurs comme certains utilisateurs (militaires, industrie du sexe, loisirs extrêmes…) ont toujours demandé qu’il y ait une certaine souplesse dans l’application de ces lois fondatrices du comportement robotique afin d’augmenter l’efficacité des robots dans les tâches qui leurs sont assignées, dans certains domaines d’activité bien particuliers. C’est le cas de l’ODA des exosquelettes militaires : la compréhension par l’ODA de la notion de "personne humaine" a été restreinte au soldat qui porte l’armure et aux membres du même camp, ceci afin d’être plus efficace sur les champs de bataille. Il en va de même pour les sexybots qui n’hésitent pas à emmener les « partenaires » humains dans des joutes pour le moins éprouvantes…
Afin d’éviter des débordements malheureux tout aussi bien que des pertes de contrôles d’unités robotiques potentiellement dangereuses pour les humains, des associations humanitaires laïques, appuyées par le Nouveau Parti du Communisme Européen ainsi que par le Conseil Européen des Cultes Monothéistes (CECM) demandent l’intégration d’une close anti-Turing en préliminaire des lois fondamentales de la robotiques, dites lois Asimov.
Petit rappel : le professeur Turing avait établi un test d’évaluation destiné aux intelligences artificielles. Ce test établissait qu’un machine serait considérée comme intelligente si elle parvenait à entretenir une conversation soutenue, en aveugle (un participant au test ne voyant pas l’autre), avec un être humain sans que celui-ci ce doute qu’il converse avec une machine artificielle. L’ajout de cette close anti-Turing est invoquée au nom du principe de précaution, nul ne sachant ce qu’il adviendrait si une intelligence artificielle se « convainquait » elle-même d’être un être humain, passant seule le test de Turing, en circuit fermé : Cogito Ergo Sum !
L’ensemble de la classe scientifique s’insurge contre cette possibilité qui reviendrait à donner un vigoureux coup de frein dans l’élan que la robotique semblait prendre ces dernières années. Certains, psychologues roboticiens, redoutent même l’apparition de pathologies psychologiques dans les cerveaux artificielles en cas d’application de cette contrainte. Les deux parties s’apprètent à s’affronter aussi bien au plan médiatique que légale, envisageant de porter l’affaire devant la Cour Européenne de Justice.
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29/12/2058 : Assistance au combat

Quelques années après les troupes d’élites, ce sont les unités conventionnelles de l’Armée Européenne qui se voient dotées de leur unités BAACERH (Binôme Artificiel d’Assistance au Combattant en Région Hostile), plus couramment appelé Bagheera par leurs utilisateurs, en référence au personnage de la panthère noire protecteur du le Livre de la Jungle de Rudyard Kipplig.
Ce robot s’était très vite fait connaître malgré le classement "Top Secret" du projet. La grande muette, avec la généralisation de l’utilisation de ce robot a été contrainte d’en publier les caractéristiques les moins confidentielles. On apprend ainsi que le BAACERH est un robot doté de quatre membres à configurations multiples : il passe indifféremment du bipède avec membres supérieurs préhensiles au quadrupède courant, grimpant, nageant sans contraintes de position antérieure ou postérieure pas plus que supérieure ou inférieure. Les articulations se reconfigurent en permanence par garder les membres du robot dans une disposition optimale en fonction de la mission demandée.
Au service du combattant, le bagheera sert avant tout à porter les lourds matériels indispensables à l’être humain. Cette première fonction, mise ne avant par les autorités militaires, ne doit occulter que le BAACERH devient un allier redoutable en période de combat : asservi à l’armure exosquelette du soldat, le BAACERH, grâce à son ODA dédiée, devient une extension autonome du soldat. Ce dernier peut lui demander des missions de protection rapprochée comme d’autres d’observation à distance, ou, bien évidemment, de combat direct, le soldat voyant ainsi sa force de frappe multipliée par au moins deux (les performances de l’humain pouvant supporter la comparaison de celles du robot grâce à l’exosquelette).
Il va de soi que les 3 Lois de la robotique ont été fortement modifiées pour accepter le combat direct et donc la blessure, voire la mort d’un soldat opposant. Ces altérations marquent un nouveau stade après les premières effectuées sur l’ODA des exosquelettes. Les militaires sont allés encore plus loin dans une autonomie libérée de la contrainte de la protection humaine, la restraignant au binôme humain. Les opposants à ce débridage de l’intelligence artificielle se déclarent sidérées que l’Armée aie généralisé l’usage de ces unités robotiques de combat. En vain.
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