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Le 24 septembre 2057 : Standardisation linguistique


Le collège d’Oxford, l’équivalent de notre Académie Française, vient de créer la surprise générale en retirant près de 1000 mots de son dictionnaire. Si ces mots n’était que des termes désuets et obsolètes, il n’y aurait que peu à dire sur la dure sélection naturel qui sévit dans l’univers des langues modernes. Ce qui étonne le monde anglo-saxon et le reste du monde, d’ailleurs, est le fait que cette ablation concerne des mots modernes et utilisés sur l’ensemble de la planète.

C’est bien cela qui a présidé au choix des sages anglais. Avec l’internationalisation des échanges et l’accélération subi par l’électronique, une nouvelle langue s’est créée sur la base de l’anglais. Elle en a toute légitimité, en tant que langue internationale devenue vernaculaire du village planétaire.

Cette nouvelle langue évolue vite, dans l’espace virtuel de nos réseaux et de nos ordinateurs. Par leur choix, les linguistes anglais ont voulu replacer la langue anglaise dans sa tradition et sa continuité culturelle. A l’image du français identifié comme langue de Voltaire, Descartes ou Sartre, l’anglais doit rester celle de Shakespeare et Churchill, non pas dans une dimension figée mais celle d’une continuité culturelle objective, opposée au « syncrétisme » que les communication impose à la langue internationale.

« Nous appelons les autorités internationales à statuer sur cette langue nouvelle. Il faut lui désigner une académie linguistique qui tenant compte des mouvement ascendant, venant de la rue et qui la vivifie, devant réguler ce qui n’a pas de sens linguistique. » Ainsi s’adressait le porte parole du Collège d’Oxford. Une langue est entrain de naître ‘émerveilles d’autres linguistes très intéressés par l’influence de cette rue dans la genèse et l’évolution de cette nouvelle manifestation sociale.
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Le 23 avril 2057 : Cap au Sud !

Le conflit couve depuis des années aux USA : l’opposition grandissante entre les états hispanophones et l’état fédéral anglophone.

Un nouveau degré de tension vient d’être franchi : c’est une déclaration du porte-parole du gouverneur de Californie, tout juste maladroite au premier abord, qui vient de mettre l’administration américaine sur le qui vive : « Les états américains doivent s’ouvrir à leurs frères du Sud. A cette fin, le MERCOSUR doit devenir un outil d’une intégration efficace au cœur du continent américain ». Il a fallu quelques jours pour que la polémique fasse son chemin, comme le tsunami qui se nourrit aux fonds des abysses pour ressurgir.

Déclarations, rectificatifs, contre-rectificatifs… Le malaise grandit aux USA, comme au sein de l’administration de l’ALENA, la sœur nordiste « ennemie » du MERCOSUR sudiste. Sous l’apparence d’une possible guerre économique entre les deux marchés communs du continent américain, cette déclaration révèle la tentation latine des états américains hispanophones. Grâce, ou à cause, d’une ambiguïté volontaire ou non, tout est né d’une omission. Le porte-parole a dit « the american states must… » (les états américains doivent…). Il aurait dû dire « the states of the USA must… ». Connaissant les opinions sudistes du concerné, les analystes se sont ainsi permis de lui prêter les paroles suivantes : « the southern american states must… » (les états américains du Sud doivent…).

L’administration du MERCOSUR s’est interdit tout commentaire, mais les bruits de couloirs laissent entendre une jubilation contenue. Côté américain, il ne reste que quelques semaines au président des Etats Unis d’Amérique pour préparer un discours sur l’Etat de l’Union plus attendu que jamais.
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Le 6 novembre 2056 : Les Etats Unis d’Amérique face à un destin inattendu

Au sein de l’union des états américains, les relations entre certains états hispanophones et le gouvernement fédéral connaissent des difficultés croissantes. C’est à la fin du XXe siècle qu’apparurent les prémices des interrogations qui font aujourd’hui frémir l’état fédéral américain : En Californie, comme dans un grand nombre d’états du sud-ouest des USA, la communauté hispanophone était celle qui avait le taux de croissance démographique le plus élevé.

Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 21 états qui sont devenus majoritairement hispanophones. Ces états n’hésitent pas à faire appel à la Cours Suprême des Etats Unis pour demander la reconnaissance de leurs droits constitutionnels face à un état fédéral anglophone. Certains de ces états n’hésitent pas à attaquer le gouvernement fédéral en justice pour violence morale.

Le fond de ces procédures très longues et coûteuses pour le contribuable (les plus grands cabinets d’avocats du pays se jettent dans ces batailles à corps perdus et portefeuilles grands ouverts…) ont pour but avoué de faire reconnaître l’Espagnol comme langue officielle des états plaignants. Mais, « s’arrêteront-ils à cette seule victoire » s’interrogent des observateurs extérieurs ?

Dans le même temps, la communauté noire est tentée de s’engouffrer dans cette brèche qui s’ouvre à elle : là où elle a échoué, au nom de son identité afro-américaine, les hispanophones sont en train de réussir au nom de leur langue.

Tous ces mouvements inquiètent fortement Washington qui voit son pouvoir s’effriter d’année en année, procès après procès. Le président des Etats Unis d’Amérique, très attendu, s’exprimera, dans quelques semaines, dans son traditionnel discours sur l’Etat de l’Union.

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