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29/12/2058 : Assistance au combat

Quelques années après les troupes d’élites, ce sont les unités conventionnelles de l’Armée Européenne qui se voient dotées de leur unités BAACERH (Binôme Artificiel d’Assistance au Combattant en Région Hostile), plus couramment appelé Bagheera par leurs utilisateurs, en référence au personnage de la panthère noire protecteur du le Livre de la Jungle de Rudyard Kipplig.
Ce robot s’était très vite fait connaître malgré le classement "Top Secret" du projet. La grande muette, avec la généralisation de l’utilisation de ce robot a été contrainte d’en publier les caractéristiques les moins confidentielles. On apprend ainsi que le BAACERH est un robot doté de quatre membres à configurations multiples : il passe indifféremment du bipède avec membres supérieurs préhensiles au quadrupède courant, grimpant, nageant sans contraintes de position antérieure ou postérieure pas plus que supérieure ou inférieure. Les articulations se reconfigurent en permanence par garder les membres du robot dans une disposition optimale en fonction de la mission demandée.
Au service du combattant, le bagheera sert avant tout à porter les lourds matériels indispensables à l’être humain. Cette première fonction, mise ne avant par les autorités militaires, ne doit occulter que le BAACERH devient un allier redoutable en période de combat : asservi à l’armure exosquelette du soldat, le BAACERH, grâce à son ODA dédiée, devient une extension autonome du soldat. Ce dernier peut lui demander des missions de protection rapprochée comme d’autres d’observation à distance, ou, bien évidemment, de combat direct, le soldat voyant ainsi sa force de frappe multipliée par au moins deux (les performances de l’humain pouvant supporter la comparaison de celles du robot grâce à l’exosquelette).
Il va de soi que les 3 Lois de la robotique ont été fortement modifiées pour accepter le combat direct et donc la blessure, voire la mort d’un soldat opposant. Ces altérations marquent un nouveau stade après les premières effectuées sur l’ODA des exosquelettes. Les militaires sont allés encore plus loin dans une autonomie libérée de la contrainte de la protection humaine, la restraignant au binôme humain. Les opposants à ce débridage de l’intelligence artificielle se déclarent sidérées que l’Armée aie généralisé l’usage de ces unités robotiques de combat. En vain.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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20/10/2058 : Le drone et l'homme



Le GIGE (Groupement d’Intervention de la Gendarmerie Européenne) vient de se distinguer une nouvelle fois en réussissant la neutralisation d’un forcené qui s’était barricadé dans une salle de classe, prenant en otages la maîtresse et les élèves, une quinzaine d’enfants de 9 à 12 ans. La prise d’otage a eu lieu à l’école internationale de Bruxelles, Jean Monnet. L’homme qui s’était fait appelé Human Bomb comme son sinistre prédécesseur de 1995, à Neuilly-sur-Seine près de Paris, a été abattu au moment de l’assaut. Les otages sont tous indemnes. Une fois l’équipe de 8 hommes du GIGE mise en place, l’assaut aura duré moins de 45 secondes.

Cette intervention a encore montré toute l’efficacité des drones miniaturisés, qu’ils soient conçus pour l’observation ou pour l’intervention. Ces robots, pilotés à distance, mais dotés d’une intelligence artificielle assurant une préservation optimum du dispositif, modifient radicalement les rapports de force entre les forces de l’ordre et tout « fauteur de trouble ». Le GIGE n’est pas le seul à être doté de ces équipements. Les Services Secrets, bien qu’ils n’en fassent pas étalage, ont su trouver une utilité à ces équipements de très haute technologie : les décès inattendus mais opportuns de tel ou tel responsable politique gênant ou tout autre chef de réseau terroriste semblent porter la signature de ces interventions micrométriques.
Mais les réseaux du terrorisme planétaire ne se laisseront pas distancer très longtemps dans cette production d’armes nouvelles. Et, bien que ceux-ci cherchent plus souvent l’efficacité d’armes de destruction massives, tel que peut le devenir un avion de ligne (le sud de Manhattan en porte encore les cicatrices morales), ils trouveront une utilité à ces frappes chirurgicales d’une efficacité redoutable. Reste à espérer que les laboratoires qui ont développé ces engins et qui malheureusement en perdront sûrement les plans, ont pris le temps de trouver la parade contre une nuée d’insectes létales qui pourrait bien s’abattre sur nos gouvernants tel une nouvelle plaie d’Egypte.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro

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Le 3 mars 2058 : Terre de Paix


Bien que dans les faits, de nombreuses personnes vivent déjà à El Sherida, les premiers colons n’arrivent officiellement qu’aujourd’hui sur ce qui fut le site de l’explosion d’un missile iranien. Fertile, au début du XXIe siècle, cette vallée, irriguée de l’eau du Jourdain, avait été rayée de la carte, le 3 novembre 2012, par le feu nucléaire. Cette même année est restée charnière dans l’histoire des relations internationales entre le monde arabo-musulman et l’état d’Israël, entre Occident et Orient. De manière incompréhensible, le missile avait évité toutes les contre-mesures israéliennes. Son lancement qualifié d’accidentel et jamais officialisé par les autorités iraniennes, explique peut-être des disfonctionnements salvateurs qui ont évité au monde une catastrophe qui n’avait pour précédent que Hiroshima et Nagasaki. C’est finalement dans cette vallée, à la jonction des états israéliens, libanais et jordaniens, que s’est abîmé le missile, faisant 3000 victimes, ressortissantes de ces trois nations ainsi que de Palestiniens. L’internationalisation des victimes et la peur du feu nucléaire mirent un frein aux répliques immédiates, donnant le temps aux diplomates de faire leur œuvre. L’expansion iranienne fit également les frais de cette explosion. Les pays arabes se désolidarisèrent de cet allié encombrant dans leurs démarches de normalisation politique et économique. Cette explosion avait marqué surtout la naissance de l’état Palestinien : La peur de l’horreur avait stigmatisé l’aberration de la situation géo-politique de la région. Les élans de générosité internationale pour décontaminer la vallée d’El Sharida aidèrent à la cristallisation de toutes les volontés qui jamais, à ce jour, n’avaient réussi à voir aboutir à la création de cet état. Malheureusement, les faits montrent que tout n’était pas réglé entre Israël et ses voisins arabes : « Israël est né de la Shoa. El Sherida est notre blessure, les cendres desquelles est née la Palestine » s’était exclamé Mehmet Al Sharawoui, le premier porte-parole de l’état palestinien. La phrase, qui, encore aujourd’hui, ne manque pas de déranger dans les rangs israéliens et qui garde les partis juifs extrémistes actifs, eux qui restent toujours opposés à la création de l’état de Palestine.
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Le 29 octobre 2057 : Arme mentale



Les forces armées européennes viennent de recevoir les 12 premiers exemplaires de l’avion de combat Typhoon VII de D-Eurofighter. Cet appareil est destiné aux opérations nécessitant la présence de l'homme, du fait de la nécessité de prises décisions, ou en cas de risque électromagnétique qui pourrait endommager l'ODA embarqué (Organe de Décision Artificielle)). C’est le premier à être muni d'une Interface Neurologique-Electro-NanoT (INENT).

L'appareil situé derrière le siège du pilote est un lointain dérivé de l'IRM qui à la fin du XXe siècle avait révolutionné la médecine. Il se fait déjà nommer « détecteur de pensée » ou « techno-télépathe ». Ce nouveau dispositif qui interface l’homme et la machine, profite pleinement des dernières avancées des nanoT et les sciences neurologiques et comportementales.

Le moment le plus impressionnant dans cette nouvelle technologie est la période d'apprentissage entre l’homme et la machine. Il faut couramment compter 200 à 300 heures de pratique pour que l'homme et son interface mentale arrivent à se comprendre correctement en termes militaires. On obtient, très rapidement, des taux compréhension homme/machine supérieur à 98% des ordres et commandes. Plus « l’intimité » grandi entre l’homme et son INENT moins ce même INENT acceptera de « lire » un autre être humain. Car l’apprentissage du binôme humain oblige la machine à se corriger pour développer une adéquation spécifique aux schémas mentaux de l’humain, à ses organisations (sociétés) de concepts.

A peine révélé au grand public, l’INENT est déjà désiré et appelé à grand cri par le grand public. Combien de temps faudra-t-il pour que cette technologie, après de nombreuses autres, quitte le domaine militaire pour le civil ? Mystère…

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Le 8 octobre 2057 : Mort implacable


Scandale aux derniers championnats du monde d’échecs. Hier, le 7 octobre 2057, Evgueni Richardsson s’est effondré sur son jeu, mort, au cours de la 4e partie de la cinquième manche de ce championnat très suivi. Il était opposé au Colombien Yvon Samson-Schultz. Une rupture d’anévrisme a été évoquée dans un premier temps. Mais l’autopsie à démenti catégoriquement toutes origines naturelles à ce décès. Evgueni Richardsson est mort des suites d’une hémorragie cérébrale massive et foudroyante des suites d’une rupture de sa laison nano-mémorielle. Ce que l’on appelle aussi un Nano Data Storage Massive Leak (NDSML).

Il s’avère que Evgueni Richardsson portait dans sa tête une mémoire nanoT couplée à un ordinateur à commandes télépathiques, miniaturisation nanoT issue des commandes militaires appliquées par exemple à l’avion Typhoon-VII. La mémoire « embarquée » de Richardsson devait contenir toutes les parties de l’histoire des échecs. Ce sont les connexions entre les parties mécaniques et les neurones qui ont cédées les unes après les autres au cours de la partie pour des raisons qui restent encore inconnues. Pris dans son jeu, il n’a pas tenu compte des maux de têtes annonciateurs de l’accident cérébral mortel.

Le monde est stupéfait et s’interroge sur la généralisation de ces dispositifs dont la propagation et l’utilisation civile avait, semble-t-il, été gardée secrète ou ne concernait que des milieux restreints et élitistes. « Que nous reste-t-il ? » s’exclame, dépité, le passant lorsque qu’on l’interpelle pour répondre à un sondage sur l’utilisation de ces techniques confidentielles et leur impact social. Il est évident que rien n’avait préparé l’opinion publique à cette annonce qui est perçue comme une trahison par le plus grand nombre, tenu à l’écart de ces pratiques.
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Le 6 août 2057 : Pétrole & mat !

En moins d'une décennie, le pétrole est devenu une valeur hautement stratégique. Masqué par la prolifération des piles à combustibles, personnes n'a prêté attention à un fait éloquent : la plupart des pays du monde ont arrêté la distribution d’essence à destination du grand public.

Ce changement de comportement et de consommation concernant le pétrole s'est fait en deux temps : tout d'abord par une augmentation extrême des prix à la pompe qui ont dirigés les consommateurs vers les nouvelles technologies vendues moins chères, puis une réduction discrète du nombre de pompes distribuant ces carburants : « il fallait faire de la place aux nouveaux circuits de distribution de l'hydrogène liquide ! ». Mais, il y avait bien autre chose derrière ces changements.

Malgré la fin de la Guerre froide, les pays occidentaux ont investit des milliards d'euros dans leurs matériels militaires. Ces matériels, que l'on parle d'avions, hélicoptères, chars d'assaut ou tout simplement de véhicules tout terrains de type jeep, sont tous propulsés grâce à un dérivé du pétrole : essence, gasoil, kérosène... C'est ainsi qu'il a été décidé dans les états majors que serait constitué des réserves stratégiques pour tous ces engins qui n’ont pas encore vécu leur révolution Htech.

Pour les stratèges, passer à la pile à combustible, ne serait-ce que pour un char d’assaut, est une technologie trop peu fiable : rien que les réservoir d'hydrogène construit et remplis grâce aux nanoT sont incomparablement moins partiques que le réservoir de gasoil. Comment comparer les technologies hydrogènes avec le vieux moteur diesel qui, lui, peut toujours être raparé avec une ficelle et un bout de chewingum en rase campagne ! Même si on ne le voit plus, le pétrole et ses dernières gouttes ont trouvé un débouché !
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