Les projets autour de FuturHebdo bougent...
24/08/2059 : Pathologies virtuelles
17/11/2058 : La médecine libérée
06/10/2058 : Le handicape libéré -
29/09/2058 : Supermarchés de la procréation
01/09/2058 : Le ventre libéré
18/08/2058 : Mort en libre-service
Le Conseil Européen des Cultes Monothéistes (CECM) publie son rapport annuel faisant bilan de sa participation à l’Observatoire Européen des Pratiques de Fin de Vie (European Observatory for end of Life – EOL).
02/06/2058 : Tête de mutant
Le 21 avril 2058 : Mise à jour de pathologies psychiatriques
Ce personnage, à l’instar de ses contemporains de fiction, est incapable de se promener à l’air libre du fait de son éducation troglodyte, au sein de cités géantes et souterraines, coupé de tout, surtout de tout rythme et de toutes influences naturelles. Les cabinets des psychothérapeutes ont été amenés à traiter de plus en plus de patients souffrant d’Agoraphobie Péri-Urbaine Dépressive (APUD) ou syndrome de Bailey. Ce sont des urbains qui vivent dans les principales mégapoles de la planète, utilisant les cellos comme domicile, et pouvant passer plusieurs jours consécutifs sans en sortir. Ce sont des professionnels aguerris dans leur domaine que ce soit dans le tertiaire ou le quaternaire. La plupart du temps, le syndrome se révèle à la suite d’un séjour prolongé en milieu rural. A leur retour, les victimes du syndrome de Bailey s’enferment dans leur cello, refusant tout contact avec l’extérieur. Ils sont tétanisés par la peur du ciel bleu, des espaces ouverts, des courants d’air frais et par l’absence de l’ubiquité numérique que leur offre le confort sécurisé des cellos.
Les pompiers de Paris ont demandé à recevoir une formation spécifique sur le traitement de tels symptômes. Leurs représentants syndicaux ont révélé que le nombre d’interventions concernant de tels cas était en constante progression. Ils constatent également que l’obésité est souvent associée aux cas d’APUD, ce qui complique leur tâche quand la personne auprès de laquelle ils interviennent a dépassé en corpulence le gabarit de la porte de leur cello. Cela nécessite le démontage d’une des parois du cello, voire sa destruction, dans certains cas. En plus du traumatisme lié au syndrome de Bailey, les victimes doivent subir celui de la destruction d’une partie de l’habitat qui les rassurait tant. Les pompiers sont amenés, à ce moment, à gérer un sur accident psychologique majeur.
Le 5 novembre 2057 : La mère, son sein et son enfant

Pour rendre compte effectivement du taux d’allaitement au sein chez les jeunes mamans, il faudrait à faire le même sondage en prenant en compte les mamans dont les enfants sont issus d’un clonage. La question étonne, dérange car aucun chiffre n’existe sur cette population, pas plus que sur la population globale des clones. Les rares observations que l’on puisse avoir laisse apparaître une intimité très forte entre l’enfant et sa mère. Ces constats ont été fait lors de cas de délation ou de perquisition dans des cliniques clandestines qui permettent à des femmes d’enfanter par clonage.
Certains observateurs de ces maternités hors la loi ont souvent rapportés des sentiments maternels manifestés de manières plus soutenues que dans le cas de maternités « normales ». D’autres spécialistes de la maternité ou de la périnatalité rappelle que dans la procréation hétérozygote, l’apport des patrimoines génétiques des deux parents intervient également comme garde-fou à une appropriation excessive d’un des deux parents dudit enfant. « Ces travers pourraient aller jusqu’à des comportements que l’on attendrait dirigés seulement vers des objets… » précise le porte-parole d’une association de psychanalystes opposés à la procréation par clonage.
Le 22 janvier 2057 : Le clone de l’homme est-il « humain » ?
Le moratoire international interdisant le clonage intégral d’un individu date de 2027. Ce moratoire fut signé dans l’urgence, en réaction aux scandales des sectes d’inspirations raëlienne. Ce qualificatif fait référence à Raël, Luc Varillon de son vrai nom, qui fût l’inspirateur d’une secte au XXe siècle. Cette secte attendait dans la ferveur le retour des Elohims, extraterrestres créateurs de l’homme par clonage. Cette secte revendiqua, en l’an 2000, le premier clonage humain en la personne d’Eve, la première femme clonée. Jamais aucun test ADN ne fut autorisé afin de confirmer cette affirmation.
Dans les années 15-20, des sectes créèrent, dans le plus grand secret, des clones sur la base de tel ou tel gourou. Les clones étaient élevés comme des bêtes de somme tout à la merci du conditionnement de leurs créateurs. C’est l’évasion de l’un d’eux qui avait révélé l’ampleur de la pratique.
A peine voté, le moratoire international avait été rapidement renforcé par des lois nationales très répressives. Certains présageaient que le débat sur l’humanité du clone de l’homme serait très controversé. Le moratoire repoussait ce débat sine die. Les actuels travaux préparatoires, demandés par l’Europe ou des pays comme, Israël, La Libye, l’Egypte, le Canada, Cuba, le Mexique… tentent de poser objectivement la question de fond sur l’appartenance ou non du clone de l’homme à l’humanité. De nombreux juristes appellent à une législation rapide et claire : le vide juridique est flagrant. « il faut finir le travail laissé en suspend depuis 23 ans ! » déclarent le porte-parole du barreau de Paris.
Le 18 décembre 2056 : Assurance crapuleuse.
Ce qui se présente comme un des plus importants scandales de ces trente dernières années débute comme un fait divers. En 2049, Sophie épouse Pierre, issu d'un milieu modeste (les noms ont été changés), contre l'avis de sa famille (son père est haut fonctionnaire). La famille de Sophie rompt tous liens avec le jeune couple. Eté 50, Pierre décède d'un cancer foudroyant du foie : 6 semaines entre le dépistage et le décès. Sophie accouche trois mois plus tard. La mort de son mari faisant revenir sa famille, cela lui permet d’être hospitalisée d’urgence au Val de Grâce : la fin de sa grossesse nécessite un monitoring permanent.
Printemps 2054, le même type de cancer que Pierre est dépisté chez l'enfant. Opéré en urgence d'une greffe du foie, il est sauvé. Sophie veut alors comprendre pourquoi Pierre n’a pu être également greffé. Commence une enquête qui durera deux ans. Dans un premier temps, Sophie découvre que la greffe qui sauva son fils est liée à une police d'assurance prise par le grand père pour son petit fils.
Suivent des péripéties dignes d'une série B : violences, menaces… Sophie persévère, pressentant d’autres intentions derrière l’officielle philanthropie : A quoi servent les prélèvements effectués à la signature du contrat ? Seulement à s’assurer de la bonne santé du contractant ? Pourquoi cette police n’est proposée qu'à des parents pour un nouveau né.
Ce dont, aujourd’hui, la Justice s’est emparé, grâce à Sophie, dépasse l’entendement : les prélèvements servaient à créer un clone du même âge biologique que le contractant. Décérébré, le clone devenait banque d'organes permanente.
Certains milieux tentent déjà de minimiser la portée réelle de l'affaire… L’actualité de l’ONU avec les débats sur l’humanité du clone de l’homme protège cette affaire de tout enfouissement.
Le 27 novembre 2056 : In vitro versus In Vivo
Parmi ces chiffres, une tendance se confirme : l’augmentation régulière des procréations in vitro. Les modifications législatives de 38, épaulées par les progrès de la médecine nanotech ont permis des taux de réussite des « fivettes » de l’ordre de 85 %, « meilleurs que la Nature » s’enthousiasment certains. Sur les 1 009 250 enfants nés en 2055, pas moins de 303 270 sont nés par cette technique.
Cette tendance est à mettre en relation avec le nombre croissant de parents demandant à disposer d’une liberté de choix. Jusqu'à ce jour, les embryons étaient implantés sans autre regard que celui que portent les médecins sur les maladies génétiquement transmissibles. Aujourd’hui les parents veulent avoir le choix du sexe de l'enfant mais aussi la couleur des cheveux… des yeux... La commission parlementaire d'éthique se dit à l'écoute de toutes les propositions …
Parmi les opposants à cet « eugénisme rampant », se refusant à parler d'eugénisme positif qui concernerait des choix « d’amèlioration», il est des scientifiques qui voient dans cette éventualité une boîte de Pandore : "Si on obtient le choix de la couleur des yeux, pourquoi s'arrêter là ?"
Parmi les défenseurs du choix des parents, on trouve les représentants des communautés gays et lesbiennes. Ces populations font habituellement appel à la fécondation in vitro pour avoir un enfant. Pour les membres de ces communautés, le choix du sexe de l'enfant est très important. Certains pour garder l'unicité sexuelle de la famille et d'autres au contraire pour la rompre.
Le 9 octobre 2056 : La fusion homme-machine fait débat.
Toujours à l’affût de ce que la technologie peut apporter à l’humanité, ces promoteurs de l’homme « technologiquement amélioré » ont rebondi sur la dernière innovation de Santel, le géant indien de la mémoire et du stockage informatique : implanter dans le cerveau des cellules artificielles mémorielles, autrement dit de la RAM dans le cerveau ! On parle, dans un premier temps, de gigaoctets. Mais les EP imaginent déjà pouvoir utiliser cette mémoire pour garder avec soi, pourquoi pas… la bibliothèque du Congrès… ou, dans un proche avenir, des souvenirs artificiels : vivre des aventures inimaginables…sans risques.
Les EP revendiquent un droit : « L’humanité a souffert pendant des siècles d’une contingence matérielle qui semblait immuable. Aujourd’hui, il est donné à l’homme un sésame vers un avenir meilleur : la maîtrise de ses imperfections et des lourdeurs de son corps ! »
Derrière les réticences que laissent percevoir les personnalités publiques et politiques, on sent le fantôme du scandale des clones, de 27, et la question : « Comment faire bénéficier l’Humanité de toutes les merveilles que lui promettent les progrès de la technique et la protéger des risques de dépendance à ces mêmes technologies ? »
Les anciens partis politiques écologistes réfléchissent à ce qui leur rappelle les combats qu’ils menèrent au début du XXIe siècle contre les OGM. Ils ont perdu beaucoup de batailles, gagné certaines, comme le moratoire sur le clonage humain de 2027, d’une guerre qui semble se relancer dans cette question des implants.

