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24/08/2059 : Pathologies virtuelles

Une nouvelle section de l’Arche du Spitzberg voit le jour. Après la collecte des graines et la congélation des gamètes du plus grand nombre de formes de vie végétales et animales. Après la collecte des génotypes numérisés de ces différentes formes de vie, collecte poussée à une échelle vraiement planétaire, l’Arche s’attaque, bien tardivement, à la collecte des gènes de l’ensemble de vecteurs pathogènes connus et identifiés, que l’on parle de virus, bactéries, champignons ou poisons organiques (molécules complexes).
L’innovation de cette nouvelle évolution de l’Arche du Spitzberg est l’injection de ces modèles génétiques virtualisés dans un modèle numérique d’une planète également virtuel. Charge à des intelligences artificielles (IA) spécialisées de tester "in virtuo" l’ensemble de ces nouvelles entités digitalisées sur l’ensemble des modèles génétiques de toutes les formes de vie déjà présente dans les bases de données de l’Arche, en testant toutes les combinaisons possibles et inimagonabes...
Pour accomplir cette tâche, on parle de décennies tant elle est complexe. mais les efforts techniques et financiers consentis à ce nouveau projet, par ailleurs décrié (pourquoi numériser un virus plutôt qu’un papillon ?), seront compensés par "les bénéfices et retombées positives attendues par l’ensemble de la communauté scientifique au profit de l’humanité" déclare le porte-parole de la présidence de l’Arche du Spitzberg (Voir FH/YVA du 05/02/2057 : L’Arche de Noé mise en danger).
Cette organisation internationale ne cesse de prendre de l’ampleur déchaînant convoitises et jalousies. D’autant plus que travaillant sous l’égide de l’ONU, les découvertes concrétisées sous sa responsabilité tombent sous le coup des brevets humanitaires, donc inaccessibles à toutes exploitations privées et exclusives. Néanmoins certains s’interrogent sur des rapprochement douteux entre cette organisme public planétaire et certains grands groupes privés qui tentent de glaner certaines informations, tentant toujours, malgré les risques de lourdes sanctions prévues par le droit international, de détourner une autre interdiction : le brevet de tout matériel génétique humain (Voir FH/YVA du 08/12/2058 : Peuplades virtuelles).
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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17/11/2058 : La médecine libérée


L’harmonisation réglementaire engagée à l’échelle de l’Europe, depuis un demi siècle, vient de faire une nouvelle victime : l’Académie de Médecine française. Après des décennies de procédures acharnées, aussi bien dans les tribunaux nationaux qu’eurocommunautaires, l’Académie vient de perdre, en appel, la bataille qui sonne la fin de sa guerre contre les médecine dites alternatives. Ces dernières, avec la proclamation du jugement de la Cour d’Appel Européenne, gagnent le droit d’exercer leurs spécialités sur le territoire français, dernier bastion européen de la médecine académique occidentale dans l’espace communautaire européen.
Anticipant cette victoire, de nombreuses cliniques de naturopathie ont vu le jour, ces derniers années. "Sans cette victoire, on était bon pour me bûcher !" s’exclame un responsable d’une de ces cliniques, venu tout exprès à Bruxelles pour entendre cette proclamation que les observateurs avertis annonçaient favorable aux défendeurs. Ce même directeur voit dans ce jugement l’annulation d’une "anathème" qui les frappait, lui et ses confrères, depuis des décennies, obligeant certains d’entre eux à quitter la France pour autres pays européens afin d’exercer librement. Cette expatriation forcée a été, d’ailleurs, un des arguments de la Défense.
On peut donner une autre interprétation à ce jugement. Pour ne prendre qu’un exemple, la recherche galénique (celle des médicaments et de leur formulation) se voit obligée d’engager des sommes toujours plus importantes dans le développement de vecteurs d’assimilation par le corps humain des nouvelles molécules curatives. En effet, ces molécules rivalisent, désormais, en taille et en complexité au point de devenir difficilement absorbables par le corps humain. Les nanoT ont apportées leur lot de solutions. Mais il n’en reste pas moins que ces vecteurs d’assimilation prennent des proportions toujours plus importantes dans le coût final de médicaments que les gouvernements peinent de plus en plus à rembourser. "La recherche conventionnelle s’est engagée, depuis des siècles, dans un cercle vicieux dont le patient est la principale victime. Nous sommes une solution parmi d’autres pour sortir de cette situation" tente de relativiser la présidente d’une des fédérations professionnelles qui défendent les intérêts des praticiens alternatifs. Cette même présidente appelle ses membres, ainsi que l’ensemble de la profession, à avoir la victoire modeste : "Que cet heureux dénouement ne se fasse pas sentir dans le porte monnaie des patients" déclare-t-elle, anticipant ainsi une augmentation de tarifs que certains adosseraient bien à la victoire.
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06/10/2058 : Le handicape libéré -

Malgré les résistances de la rue, la robotique a depuis longtemps apporté une aide substantielle aux handicapés moteurs : sièges robotisés, prothèses de remplacement, exosquelette... Le développement de l’intelligence artificielle a permis une utilisation toujours plus fine par les personnes concernées de leurs appendices artificiels. L’éventail des prothèses à disposition est large, pourtant une question se pose : quel niveau d’autonomie doit-il être laissé à ces prothèses robotisées ? Doivent-elles être soumises à l’entière volonté de l’utilisateur ou doit-on y intégrer un certain niveau de décision et d’autonomie dans le respect des lois de la robotique ?
Les systèmes militaires, dont sont issus nombre de ces appareillages civils, ont répondu à ces questions par le simple fait de la finalité martiale. Les exo-squelettes sont censés assurer un maximum de protection au soldat, le laissant entièrement dédié à sa mission. Les interventions volontaires du robot, non-incapacitantes pour les mouvements de l’humain, font parties de l’utilisation de ces équipements. Ainsi le soldat est-il protégé sans qu’il s’en rende compte : ce qui, le plus souvent, s’apparente à une armure est doté d’un armement secondaire dédié à cette défense. Les tirs nécessaires se font sans son ordre. Il en va de même avec les mouvements du soldat : ils sont modifiés subtilement pour rendre ses déplacements efficaces et parfaitement sûrs.
La vie de le handicapé moteur n’a que peu de points communs avec celle du soldat, si ce n’est qu’il doit être assisté dans ses déplacements et sa vie quotidienne. Alors qu’elle doit être le niveau d’indépendance laissé aux prothèses ? Le mythe du cyborg rejaillit, tout droit sorti de la mauvaise littérature de Science-Fiction du XXe siècle : si la machine prenait le pas sur la volonté de l’homme ? Les associations d’handicapés s’opposent à cette compréhension simpliste du problème des prothèses robotisées. Elles associent cette peur à la même aversion que le grand public garde à l’encontre des robots dans la vie quotidienne civile. Les usages « utiles » (militaires, pompiers, chirurgiens…) n’y changent rien.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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29/09/2058 : Supermarchés de la procréation

Les techniques de procréation médicalement assistées ne manquent pas : de la fivette, avec ou sans location d’utérus, au don de sperme ou d’ovules en passant par toutes les variantes d’insémination artificielle, les futurs parents désirant une descendance n’ont que l’embarras du choix. De cet éventail on exclu bien sûr le clonage reproductif qui reste officiellement interdit sur l’ensemble de la planète.
Dans un proche avenir, sera proposé aux couples désirant avoir un enfant une nouvelle technique qui aura la particularité de préserver intégralement le lien de filiation entre les deux parents et leur enfant. En effet dans le cas d’une procréation avec don de gamètes, l’un des deux parents se trouvait privé de filiation génétique. Ce lien demeure une valeur importante pour nombre de familles.
Cette technique s’appelle la gamétogenèse. Elle consiste en la génération de gamètes, par voix de génie génétique, en utilisant les cellules souches du parent dont la fécondité est déficiente. Ainsi celui ou celle qui ne peut fournir de spermatozoïdes ou d’ovules se voit restituer dans son intégrité parentale. L’annonce de l’autorisation de l’utilisation de cette technique a également provoqué un frisson de satisfaction dans les milieux gays et lesbiens. En effet, ces couples, parmi lesquels on compte nombre de parents, ne pouvaient l’être que par voix d’adoption. Leur restait inaccessible le lien de parenté qui lie le couple hétérosexuel à son enfant.
Grâce à la gamétogenèse, les gamètes « manquants » dans un couple homosexuel pourront être générés : spermatozoïdes chez un couple lesbien, ovule chez un couple gay. « Cette annonce est un nouveau pas sur le chemin de l’égalité de droits entre individus qu’ils soient hétéro ou homosexuels. Nous nous félicitons de cette avancée décisive que nous offre la science. Reste, pour les couples gays, la problématique de la location d’utérus que refusent certains ! » déclare le porte-parole du Conseil Européen de Surveillance des droits des minorités sexuelles.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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01/09/2058 : Le ventre libéré

Pour certaines femmes, la contrainte de porter l’enfant qu’elle désire est insurmontable. Pour les couples gays, imaginer leur enfant dans le ventre d’une femme pendant neuf mois va à l’encontre de leur choix de vie. Et il est des cas où la grossesse in utero est dangereuse pour la future mère comme pour son enfant. Pour répondre à ces quelques cas, les obstétriciens et autres cliniciens se sont penché, depuis plusieurs décennies sur l’éventualité d’une grossesse extra utero.
Les moyens techniques existent, le génie génétique ainsi que les nanotechnologies apportent toutes leurs spécificités dans, entre autres, la gestion hormonale de cette période si particulière de la vie. Bien que l’utérus artificiel ne soit pas encore sorti des laboratoires, l’expérience se fait avec la prise en main de fœtus dits grands prématurés : on sauve désormais des fœtus de 17 semaines, avec des risques d’handicape réduits de 80% par rapport au début du siècle.
Ces petits fœtus, ils pèsent quelques dizaines de grammes, passent une vingtaine de semaines dans le sein d’une matrice artificielle. Là, ils baignent, pendant une vingtaine de semaines, dans un liquide nourricier, branchés à un cordon ombilical mécanique. Les futurs parents sont incités à venir le plus souvent possible, passer du temps auprès de leur enfant pour palier au traumatisme de cette croissance hors du corps de la mère. La pression des lobbies gays est forte afin d’accélérer les autorisations qui permettront l’accès, aux futurs parents, à une grossesse extra utero de la conception à la naissance.
Évitant de rentrer dans un débat passionnel, la Commission Européenne ainsi que les Parlements Nationaux ont lancés des études sur les effets organiques et psychologiques de cette croissance « hors corps » du fœtus. « Malgré les avancées de la Science, l’esprit humain reste un mystère. Les liens qui se tissent au cours de la grossesse et l’enfant participent à ce mystère. Ont-ils ou non une action objective et positive sur le développement de l’enfant » ? C’est à ce genre de questions que devront répondre les parlementaires à la lumière des études scientifiques.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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18/08/2058 : Mort en libre-service


Le Conseil Européen des Cultes Monothéistes (CECM) publie son rapport annuel faisant bilan de sa participation à l’Observatoire Européen des Pratiques de Fin de Vie (European Observatory for end of Life – EOL).
Le CECM signale une nette augmentation des pratiques auto-euthanatiques (néologisme opposé au terme de suicide, assimilé à un geste spontané de désespoir ou de colère) associée au constat de trois situations indépendantes : d’une part, la dérégulation totale des messageries privées qui furent, d’autre part, suivies de celle des douanes nationales intra-européennes. Enfin, le CECM fait remarquer l’influence de la maîtrise des nanotechnologies dans l’augmentation des auto-euthanasies. Ces trois états de faits rapprochés, précisent les rédacteurs du rapport, permettent la fabrication et la large diffusion de manière discrète de matériaux létaux que chacun peut s’auto administrer.
Ces kits auto-euthanatiques (kits AE) permettent ainsi à de nombreuses personnes de mettre fin à leur vie en contournant les procédures d’accompagnement à la fin de vie mises en place par les institutions européennes. Ces kits injectent dans le corps de la personne des nanorobots qui s’attaquent au système nerveux central. La personne tombe dans l’inconscience en s’endormant paisiblement. « Elle glisse dans la mort de manière inéluctable et apaisée » précise la documentation des kits AE.
Les kits sont fabriqués clandestinement dans certains pays d’Afrique et de l’Asie du Sud-Est. Cette fabrication nécessite peu de moyens : une bonne usine nanoT et les plans adéquats. "Le prix d’achat de ces kits (de l’ordre de 3000 €) reste le dernier rempart à l’épidémie de mort que certains annoncent dans nos villes et banlieues" précise un responsable des Sapeurs Pompiers de Paris. Ces derniers avouent être confrontés de plus en plus fréquemment à la découverte de corps sans vie dans des cellos à la frange des grandes mégapoles. Le CECM voit, de son point, dans cette augmentation de ces pratiques « la manifestation d’un mal être terrible au sein de la population qui préfère la mort à toute forme de vie ».
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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02/06/2058 : Tête de mutant


N'ayez pas peur si vous croisez, dans la rue, des visages qui vous semblent monstrueux, des corps qui vous paraissent difformes… La mode des implants solides sous-cutanés se répand dans toutes les strates de la société. Issus des piercings et autres tatouages tribaux, ces implants modifient l'apparence de ceux qui les portent pour leur donner la ressemblance d'un animal ou d'un monstre.
Ces modifications d'apparence peuvent répondre à d'autres codes esthétiques édités, plus ou moins officiellement, par tel ou tel groupe de musique, rassemblement de jeunes gens ou groupement d'inspiration plus ou moins spirituelle. Les sectes ne s'y sont pas trompées, on compte nombre d'entre elles parmi les promoteurs des implants solides sous-cutanés.
Les nanotechnologies ont rendu possible et sans risques l'utilisation de toutes sortes d'implants, l'utilisation de matériaux nanoT leur assure une parfaite bio compatibilité. Les boutiques fleurissent dans les centres-villes et dans les centres de loisirs. Cette mode, qui répond à une attente d'identification d'une partie de la jeunesse urbaine, est d'autant plus pratiquée qu'elle est théoriquement sans risque. En plus de la bio compatibilité, les nanoT assurent une parfaite hygiène au moment de l'implantation de la prothèse. Autre avantage, le retrait de l'implant se fait sans risque grâce à l'utilisation d'un inhibiteur chimique qui dissout simplement l'implant.
De nombreuses associations de parents d'élèves, assurées du soutien de proviseurs, se sont émues, auprès de leur ministre de tutelle, de la prolifération de cette mode qui, aujourd'hui, envahit les salles de classe, « les faisant ressembler à des ménageries ». Plusieurs syndicats de professeurs ont annoncé, dans divers lycées, des préavis de grève suite à des incidents impliquant des élèves « implantés » qui se comportent à l'image de la déformation qu'ils portent.
© Olivier Parent
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Le 21 avril 2058 : Mise à jour de pathologies psychiatriques


Le Congrès International de Psychiatrie, réuni à Vienne, en Autriche, reconnaît officiellement le syndrome dit de Bailey, du nom d’un héros d’Isaac Asimov, auteur de Science-Fiction du XXe siècle.

Ce personnage, à l’instar de ses contemporains de fiction, est incapable de se promener à l’air libre du fait de son éducation troglodyte, au sein de cités géantes et souterraines, coupé de tout, surtout de tout rythme et de toutes influences naturelles. Les cabinets des psychothérapeutes ont été amenés à traiter de plus en plus de patients souffrant d’Agoraphobie Péri-Urbaine Dépressive (APUD) ou syndrome de Bailey. Ce sont des urbains qui vivent dans les principales mégapoles de la planète, utilisant les cellos comme domicile, et pouvant passer plusieurs jours consécutifs sans en sortir. Ce sont des professionnels aguerris dans leur domaine que ce soit dans le tertiaire ou le quaternaire. La plupart du temps, le syndrome se révèle à la suite d’un séjour prolongé en milieu rural. A leur retour, les victimes du syndrome de Bailey s’enferment dans leur cello, refusant tout contact avec l’extérieur. Ils sont tétanisés par la peur du ciel bleu, des espaces ouverts, des courants d’air frais et par l’absence de l’ubiquité numérique que leur offre le confort sécurisé des cellos.

Les pompiers de Paris ont demandé à recevoir une formation spécifique sur le traitement de tels symptômes. Leurs représentants syndicaux ont révélé que le nombre d’interventions concernant de tels cas était en constante progression. Ils constatent également que l’obésité est souvent associée aux cas d’APUD, ce qui complique leur tâche quand la personne auprès de laquelle ils interviennent a dépassé en corpulence le gabarit de la porte de leur cello. Cela nécessite le démontage d’une des parois du cello, voire sa destruction, dans certains cas. En plus du traumatisme lié au syndrome de Bailey, les victimes doivent subir celui de la destruction d’une partie de l’habitat qui les rassurait tant. Les pompiers sont amenés, à ce moment, à gérer un sur accident psychologique majeur.
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Le 5 novembre 2057 : La mère, son sein et son enfant



Oscillant de plus ou moins 7,5 % sur une période d’une vingtaine d’année (pour ainsi dire une courte génération…) le taux d’allaitement au sein chez les jeunes mamans reste stable sur 100 ans. A noter un taux d’allaitement au sein plus fort chez les mères dont l’enfant à été conçu in vitro. Peut-être une volonté de re-naturaliser la relation mère-enfant marqué par une intervention médicale et mécanique très importante ? Ce sondage qui montre les aspirations « naturelles » des femmes en France n’en est pas moins incomplet.

Pour rendre compte effectivement du taux d’allaitement au sein chez les jeunes mamans, il faudrait à faire le même sondage en prenant en compte les mamans dont les enfants sont issus d’un clonage. La question étonne, dérange car aucun chiffre n’existe sur cette population, pas plus que sur la population globale des clones. Les rares observations que l’on puisse avoir laisse apparaître une intimité très forte entre l’enfant et sa mère. Ces constats ont été fait lors de cas de délation ou de perquisition dans des cliniques clandestines qui permettent à des femmes d’enfanter par clonage.

Certains observateurs de ces maternités hors la loi ont souvent rapportés des sentiments maternels manifestés de manières plus soutenues que dans le cas de maternités « normales ». D’autres spécialistes de la maternité ou de la périnatalité rappelle que dans la procréation hétérozygote, l’apport des patrimoines génétiques des deux parents intervient également comme garde-fou à une appropriation excessive d’un des deux parents dudit enfant. « Ces travers pourraient aller jusqu’à des comportements que l’on attendrait dirigés seulement vers des objets… » précise le porte-parole d’une association de psychanalystes opposés à la procréation par clonage.
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Le 22 janvier 2057 : Le clone de l’homme est-il « humain » ?

A New York, au siège da la division législative de l’ONU, débutent, aujourd’hui, des travaux préparatoires portant sur une énième tentative de législation au sujet de la question de l’humanité du clone de l’homme.

Le moratoire international interdisant le clonage intégral d’un individu date de 2027. Ce moratoire fut signé dans l’urgence, en réaction aux scandales des sectes d’inspirations raëlienne. Ce qualificatif fait référence à Raël, Luc Varillon de son vrai nom, qui fût l’inspirateur d’une secte au XXe siècle. Cette secte attendait dans la ferveur le retour des Elohims, extraterrestres créateurs de l’homme par clonage. Cette secte revendiqua, en l’an 2000, le premier clonage humain en la personne d’Eve, la première femme clonée. Jamais aucun test ADN ne fut autorisé afin de confirmer cette affirmation.

Dans les années 15-20, des sectes créèrent, dans le plus grand secret, des clones sur la base de tel ou tel gourou. Les clones étaient élevés comme des bêtes de somme tout à la merci du conditionnement de leurs créateurs. C’est l’évasion de l’un d’eux qui avait révélé l’ampleur de la pratique.

A peine voté, le moratoire international avait été rapidement renforcé par des lois nationales très répressives. Certains présageaient que le débat sur l’humanité du clone de l’homme serait très controversé. Le moratoire repoussait ce débat sine die. Les actuels travaux préparatoires, demandés par l’Europe ou des pays comme, Israël, La Libye, l’Egypte, le Canada, Cuba, le Mexique… tentent de poser objectivement la question de fond sur l’appartenance ou non du clone de l’homme à l’humanité. De nombreux juristes appellent à une législation rapide et claire : le vide juridique est flagrant. « il faut finir le travail laissé en suspend depuis 23 ans ! » déclarent le porte-parole du barreau de Paris.

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Le 18 décembre 2056 : Assurance crapuleuse.

Ce qui se présente comme un des plus importants scandales de ces trente dernières années débute comme un fait divers. En 2049, Sophie épouse Pierre, issu d'un milieu modeste (les noms ont été changés), contre l'avis de sa famille (son père est haut fonctionnaire). La famille de Sophie rompt tous liens avec le jeune couple. Eté 50, Pierre décède d'un cancer foudroyant du foie : 6 semaines entre le dépistage et le décès. Sophie accouche trois mois plus tard. La mort de son mari faisant revenir sa famille, cela lui permet d’être hospitalisée d’urgence au Val de Grâce : la fin de sa grossesse nécessite un monitoring permanent.

Printemps 2054, le même type de cancer que Pierre est dépisté chez l'enfant. Opéré en urgence d'une greffe du foie, il est sauvé. Sophie veut alors comprendre pourquoi Pierre n’a pu être également greffé. Commence une enquête qui durera deux ans. Dans un premier temps, Sophie découvre que la greffe qui sauva son fils est liée à une police d'assurance prise par le grand père pour son petit fils.

Suivent des péripéties dignes d'une série B : violences, menaces… Sophie persévère, pressentant d’autres intentions derrière l’officielle philanthropie : A quoi servent les prélèvements effectués à la signature du contrat ? Seulement à s’assurer de la bonne santé du contractant ? Pourquoi cette police n’est proposée qu'à des parents pour un nouveau né.

Ce dont, aujourd’hui, la Justice s’est emparé, grâce à Sophie, dépasse l’entendement : les prélèvements servaient à créer un clone du même âge biologique que le contractant. Décérébré, le clone devenait banque d'organes permanente.

Certains milieux tentent déjà de minimiser la portée réelle de l'affaire… L’actualité de l’ONU avec les débats sur l’humanité du clone de l’homme protège cette affaire de tout enfouissement.

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Le 27 novembre 2056 : In vitro versus In Vivo

Le Ministère de la Santé vient de publier les chiffres de la natalité, en France, pour la période 51 à 56. La natalité subit un léger tassement, mais reste parmi les plus fortes d’Europe.

Parmi ces chiffres, une tendance se confirme : l’augmentation régulière des procréations in vitro. Les modifications législatives de 38, épaulées par les progrès de la médecine nanotech ont permis des taux de réussite des « fivettes » de l’ordre de 85 %, « meilleurs que la Nature » s’enthousiasment certains. Sur les 1 009 250 enfants nés en 2055, pas moins de 303 270 sont nés par cette technique.

Cette tendance est à mettre en relation avec le nombre croissant de parents demandant à disposer d’une liberté de choix. Jusqu'à ce jour, les embryons étaient implantés sans autre regard que celui que portent les médecins sur les maladies génétiquement transmissibles. Aujourd’hui les parents veulent avoir le choix du sexe de l'enfant mais aussi la couleur des cheveux… des yeux... La commission parlementaire d'éthique se dit à l'écoute de toutes les propositions …

Parmi les opposants à cet « eugénisme rampant », se refusant à parler d'eugénisme positif qui concernerait des choix « d’amèlioration», il est des scientifiques qui voient dans cette éventualité une boîte de Pandore : "Si on obtient le choix de la couleur des yeux, pourquoi s'arrêter là ?"

Parmi les défenseurs du choix des parents, on trouve les représentants des communautés gays et lesbiennes. Ces populations font habituellement appel à la fécondation in vitro pour avoir un enfant. Pour les membres de ces communautés, le choix du sexe de l'enfant est très important. Certains pour garder l'unicité sexuelle de la famille et d'autres au contraire pour la rompre.

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Le 9 octobre 2056 : La fusion homme-machine fait débat.

La rue s’est emparé d’un nouveau débat provoqué par les « Enhanced People » (EP).
Toujours à l’affût de ce que la technologie peut apporter à l’humanité, ces promoteurs de l’homme « technologiquement amélioré » ont rebondi sur la dernière innovation de Santel, le géant indien de la mémoire et du stockage informatique : implanter dans le cerveau des cellules artificielles mémorielles, autrement dit de la RAM dans le cerveau ! On parle, dans un premier temps, de gigaoctets. Mais les EP imaginent déjà pouvoir utiliser cette mémoire pour garder avec soi, pourquoi pas… la bibliothèque du Congrès… ou, dans un proche avenir, des souvenirs artificiels : vivre des aventures inimaginables…sans risques.
Les EP revendiquent un droit : « L’humanité a souffert pendant des siècles d’une contingence matérielle qui semblait immuable. Aujourd’hui, il est donné à l’homme un sésame vers un avenir meilleur : la maîtrise de ses imperfections et des lourdeurs de son corps ! »
Derrière les réticences que laissent percevoir les personnalités publiques et politiques, on sent le fantôme du scandale des clones, de 27, et la question : « Comment faire bénéficier l’Humanité de toutes les merveilles que lui promettent les progrès de la technique et la protéger des risques de dépendance à ces mêmes technologies ? »
Les anciens partis politiques écologistes réfléchissent à ce qui leur rappelle les combats qu’ils menèrent au début du XXIe siècle contre les OGM. Ils ont perdu beaucoup de batailles, gagné certaines, comme le moratoire sur le clonage humain de 2027, d’une guerre qui semble se relancer dans cette question des implants.
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