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03/08/2059 : Industrialisation des champs spatiaux.

On compte désormais 5 sites miniers hors-Terre, dans la ceinture d’astéroïdes (voir FH/YVA du 26/02/2057 : Le salaire de la peur ou ivresse du voyage ?).
Les deux plus anciens sont Cérès et Chine Nouvelle. Ces deux stations d’exploitation minière se situent à deux extrêmes de la ceinture d’astéroïdes mais procèdent du même principe technique, bien que l’on ai que peu d’informations sur Chine Nouvelle. Cette station aura été bâti sur le principe du secret absolu, digne de la Chine communiste de la grande époque, ce qui lui a valu le surnom de Cité Interdite. On sait, cependant, que les concepteurs de ces deux stations ont pris l’option « terrier » : il s’agit de creuser une vaste excavation dans un astéroïde de taille raisonnable, la rotation de l’astéroïde, une fois contrôlée, assure une gravitation artificielle centripète identique à celles des station spatiales terrestres.
Les 3 autres station exploitent d’autres technique : New Sky-Alpha de Mirgin Vittal s’est bâtie à la surface d’un gros rocher, à la limite de la planète, le personnel bénéficie ainsi d’une micro gravité à moindre frais. Les deux dernières stations procèdent par de moyens encore plus artificiels, l’une à l’image des stations Lagrange est tout artificielle et la dernière station assemble plusieurs rochers de tailles différentes grâce à des pylônes.
L’option du « terrier » permet d’être au cœur du champ d’astéroïdes à exploiter. Les efforts à fournir le sont au moment de quitter, sans dommage, de ce champ en perpétuel mouvement, avec sa cargaison. La taille du rocher où l’on a creusé son terrier assure une bonne protection contre les collisions avec des rochers à la trajectoire folle.
Toutes les autres options obligent à se mettre à la périphérie du champ d’astéroïdes, à distance raisonnable pour éviter au maximum un collision qui serait fatale à la station et à ses occupants. Par contre, bien qu’il faille déplacer le ou les rochers choisis pour l’installation, l’envoi vers la Terre du fret spatial se fait de manière plus simple.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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29/06/2059 : Déchets en ligne de mire


Années après années, force est de constater que chaque foyer, tout comme le milieu industriel, génère de moins en moins de déchets, en Europe comme à l’échelle planétaire. Les industriels ont, pour la plupart et sous les pressions conjointes de l’opinion et des gouvernements, fait les efforts nécessaires à cette réduction. Et l’agroalimentaire est le domaine d’activité, par les modifications de packaging, dont les efforts sont les plus visibles.
Mais la population mondiale grandit à un tel rythme que la production de ces mêmes déchets ne décroît sensiblement pas. Et il reste à traiter les millions de tonnes d’ordures plus ou moins ménagères accumulées au long des dernières cent années écoulées.
Si la technologie a souvent participé à l’état de délabrement actuel de la planète, il semblerait que cette même technologie apporte une solution à l’épineux problème des déchets présents et passés : Nanotech et robotique. Cette dernière pour dépêcher dans les zones contaminées, au dessus tout aussi bien qu’au dessous du niveau de la mer, des armées de robots pour collecter ce que l’homme a abandonné derrière lui. On parle des décharges qui parsèment les paysages de la planète comme des débris infinis que l’on croise en ville, à la campagne, à la plage, dans le désert comme dans la jungle ou en mer.
Cette nouvelle approche du traitement des déchets, soutenue en fin de chaîne par des usines nanoT afin d’apporter leurs un retraitement vraiment écologique, vient en complément du travail quotidien effectué par les pigeons génétiquement modifiés qui assurent la propreté des trottoirs de nos villes.
Mais, malgré tous les développements et innovations dans le traitement des déchets, le premier concerné dans la chaîne de production du déchet c’est le consommateur. Si l’on veut gagner la bataille des déchets, il faut d’abord gagner celle des comportements : le choix du produit générant le moins de déchets et le geste qui sauve : une corbeille n’est jamais loin : il n’y aura jamais assez de robots pour ramasser ce que nous ne retraitons pas !

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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01/06/2059 : Publicité intrusive - -


L’anondin e-flyer que l’on rapporte chez soi peut se révéler plein de qualités inattendues... Ce petit document que l’on vous tend à la sortie du métro, que vous trouvez à votre place de restaurant ou que l’on glisse dans votre boîte à lettres, pour ceux qui en possèdent une encore, a suivi de très près les évolutions de la technologie, des comportements et modes de consommation.
Le e-flyer, dernier avatar du prospectus publicitaire, est, à n’en pas douter, un outil de marketing du XXIe siècle, beau, moderne, attractif...les plus grands graphistes se sont essayés à cet exercice de style. Il essaye surtout de se démarquer du marketing invisible par ICIC, "identification et ciblage des individus dans leurs circulation au sein de la cité" (définition du LOL, Larousse en ligne). Les citoyens pour lesquels la rue est et doit rester un lieu de liberté, refusent en nombre toujours plus important d’être les cibles de décryptage de leurs comportements. Il suffit de voir le succès de ces petits articles de mode doté de dispositifs "anti-RFID" pour s’en convaincre : on a beau être de son temps, on en apprécie encore mieux ses instants d’anonymat numérique.
Mais, hélas, le marketing a trouvé la parade avec le e-flyer (vous noterez que les professionnels de la communication qui font appel au e-flyer le nomme "flyer", l’ablation du "e", pour électronique, tentant de faire oublier les capacités communicantes de cette petite image). Sur le principe des journaux "jetables", le e-flyer est devenu DD (Développement durable), il est surtout devenu communicant "dormant". Il arborre une belle image, portant un message plus ou moins neutre.
Au lieu d’être ouvertement réactualisable afin de toujours réduire l’agression que le consommateur pourrait ressentir, le e-flyer attend son heure. Il attend, après avoir été glissé dans une poche pour atterrir sur un bureau ou dans une cuisine... C’est à ce moment-là qu’il lance son protocole de communication qui révèle toute la stratégie des publicitaires. Sous prétexte que l’e-flyer aie été saisi et déposé, d’une manière qualifiée de "volontaire" par le législateur, sur un quelconque meuble d’un endroit pourtant privé ou assimilé, l’e-flyer a le droit d’interroger les systèmes environnants afin, dans un premier temps, de qualifier l’individu qui réside ou travaille dans ce lieu (le législateur a, au moins, protégé le nom de cette personne), qualification accompagnée de son lot de questions marketing sur les goût et habitudes... Dans un second temps, l’e-flyer propose d’entrer en contact avec cette personne de diverses manières : mails, courriers physiques, appel téléphonique, dépêche publicitaire... Si votre système est mal configuré... vous êtes sollicité contre votre gré.
La vie de l’e-flyer finissant par le recyclage, son retraitement débutera pas la récupération de toutes données qu’il aura pu saisir. Elles seront sources d’information pour les sevices de marketing : trajet, temps de vie avant recyclage, et profil de la personne "flashée" par l’e-flyer.
Scénario de cauchemar ? Des autorisations exceptionnelles ont été accordées, jusqu’à ce jour, à titre d’étude et de test... Il n’empêche qu’après le quizz de votre magazine préféré qui vous "profile" dans le même temps que vous vous divertissez, une nouvelle étape est en passe d’être franchit dans la violation de la sphère privée avec des moyens légaux, pourtant bien fragiles ! Quelle liberté reste-t-il au simple passant qui ne veut pas rentrer dans le jeu de la société ludo-consommatrice qui doit, par tous les moyens imaginables, amortir ses investissements toujours plus importants ?

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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20/04/2059 : Droits intellectuels et robotique

La cour européenne d’appel de Strasbourg est le théâtre d’un procès qui attire sur lui les regards de tous les acteurs de l’industrie de la robotique. Ce procès traite, en appel, du cas de ce jeune génie de la mécanique robotique qui, contre l’avis des fabricants de robots, a tenté de faire profession de sa passion pour les robots et ses talents d’informaticien.

Youri Bassegnac, jeune génie autodidacte de l’informatique et de la robotique, à commencé par "customiser" avec succès ses robots. Plutard, il a proposé à son entourage d’apporter des modifications afin de personnaliser les robots. Il répondait ainsi à tel ou tel particularité ou goût. Puis, par voix de promotion médiatique, Youri a élargi son public permettant à tout à chacun d’apporter des modifications substentielles à des robots construit en série. Chaque possesseur de robot le sait, l’acquisition d’un robot reste un investissement substentiel. Youri, quand à lui, proposait ses customisations à prix très abordable.

En première instance, les fabricants de robots qui revendiquent le droit exclusif d’intervention sur leurs machines, systèmes et sous systèmes, mécaniques aussi bien qu’informatiques, avait obtenu gain de cause. Ce premier jugement a mobilisé la communauté des développeurs en licence libre tout comme les associations de consommateurs quand à été mis à jour le vide juridique autour de la propriété effective du robot qui reste le fabricant, malgré l’achat de la machine. A l’image de l’achat d’un véhicule personnel, qu’est-ce qui prime : le droit à la propriété intellectuelle d’un des organe électronique ou le droit à la propriété privée de l’utilisateur ? Fort de ces soutiens, Youri Bassegnac a fait appel du jugement en première instance.


Pour modifier les machines qui lui ont été confiées, le jeune homme a utilisé des nanobots programmés par ses soins. Ces modifications portent aussi bien sur la programmation comportementale que l’apparence fonctionnelle. L’ouverture de ce procès en appel tentera d’apporter des éléments de réponse à toutes ces questions, tout en appelant le législateur à apporter rapidement un cadre juridique clair. Les revendeur de pièces détachées robotiques, marché parallèle en plein essot suivra de très prêt le nouveau volet d’une affaire qui les touches au premier chef.

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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30/03/2059 : Néo pulps - - - - - - - - -

La Bande Dessinée s’approche gentiment et gaillardement de son bicentenaire. Chez les collectionneurs, les albums de la période dite classique (de l’entre-deux Guerres Mondiales à la fin du XXe siècle) s’arrachent à prix d’or, malgré un nombre de tirages d’albums qui n’avait cessé de s’accroître au cours de ces années. Il avait fallu cette durée à la vieille dame pour acquérir ses lettres de noblesses auprès d’un large public. Mais, à partir des années 10 et en deux décennies, l’arrivée du papier électronique avait fait passer l’album de BD d’objet culturel de grande consommation (on a vu à cette époque des albums tirés à plusieurs million d’exemplaires…) à celui d’objet de collection et d’art. Aujourd’hui, les éditeurs n’impriment plus que des tirages de tête toujours plus luxueux.
Dans le domaine de la publication de périodiques, Sully Trans Press (STP, lire FH/YVA du 11 novembre 2058 : Retour des kiosques à journaux) démontre que les modèles économiques ne sont jamais figés. Il est aussi possible de fidéliser le client, à l’époque du "butinage" numérique. Avec un même esprit de renovation mais à l’opposé de la démarche technologique de STP, quelques maisons d’édition se lancent dans l’aventure de la promotion de nouveau talents mais, surtout, celle du tirage sur papier, démarche anachronique, s’il en est, au temps du tout électronique. Cette initiative pourrait être comparée aux pulps, ces publications à bas prix qui eurent leurs heures de gloire, aux USA, autour de la période de la Grande Dépression de 1929. Ce renouveau de la BD sur papier synthétique bénéficie, après négociation, des réseaux de récupération de STP qui permettent une récupération des matériaux de l’ordre de 85 à 90%.
Mais, ces jeunes éditeurs ne cachent pas leurs réelles intentions : pousser le lecteur à se reconstituer des collections pérennes. Le jetable et le papier électronique ont failli tuer la création graphique. A l’évidence, la dématérialisation des support a privé le lecteur du lien affectif qu’il pouvait avoir avec l’ouvrage ce qui l’incitait à le garder et le collectionner, petit secret redécouvert d’une industrie de l’édition durable.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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16/03/2059 : L’éternité au poignet

A notre époque où la miniaturisation est reine, la montre-bracelet reste un objet à la mode bien qu’anachronique, pour ne pas dire obsolète. Il est ici question de la montre mécanique ou automatique qui trouve un regain de popularité en qualité d’objet esthétique et non pas de ces concentrés de technologies que les geeks d’arrachent et qui font pour ainsi dire tout à l’exception du café !!!
Ce trait d’humour passé, il faut néanmoins reconnaître que la montre-bracelet a concédé une amélioration technologique, et non des moindres. Que ce soit dans le bracelet pour les plus anciennes ou dans le boitier, de plus en plus d’utilisateurs « embarquent » une puce qui bloque, quand souhaité, la communication de leur h-RFID (Radio Frequence ID que portent de plus en plus de personnes) avec tout appareil extérieur.
Quel intérêt peut-il y avoir à annuler les avantages de cette h-RFID que l’on s’est fait implanté volontairement ? Elle dévérouille vos portes et ordinateurs, elle vous indentifie auprès de votre bar ou votre boîte de nuit préférée, elle jouen le rôle de carte de fidélité dans vos magasins favoris, elle suit votre votre consommation et votre régime alimentaire… Les services liés à la h-RFID ne cessent de s’accroître.
Ce sont bien tous ces services que les détracteurs de la h-RFID lui repproche, faisant de chaque individu une personne publique sans possibilté de vie privée. La montre-barcelet équipée du brouilleur permet à tout porteur de h-RFID de redevenir un anonyme pouvant se rendre là où bon lui semble sans laisser de traces de ses déplacements ou de ses activités. Les professionnels du sexe se félicitent de cette innovation qui permettra à sa clientèle de s’élargir, la suspition d’être « tracé » avait été décellée dans un enquête d’opinion auprès des éventuels clients des quatiers rouges européens.
Le gouvernement, quand à lui, ne voit pas d’un bon œil cet nouvel appareillage. Mais la h-RFID n’a rien système officiel. Il lui est donc difficile d’interdire un gadget contrecarrant un autre gadget.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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16/02/2059 : Monnaie fiduciaire électronique

Malgré les dizaines de millions de manifestants sortis dans les rues du monde entier et malgre les avis défavorables émis par nombreuses instances gouvernementales ou non, religieuses, associatives et universitaires, cette décennie ou la suivante sonneront le glas de la monnaie fiduciaire conventionnelle, que l’on parle de pièces ou de billets, dans de nombreux états du monde. Il est à noter que les états qui se proposent de passer ce pas décisif possèdent des économies tertiaires et quaternaires.
Seule source d’apaisement pour les populations les plus pauvres : la généralisation à l’échelle de la planète des "terminaux de transactions privées" (2TP, prononcez twoteepee), de la banque Indo-European - Shou Yen (IESY), héritière plus ou moins direct de la Grameen Bank, fondée par le Prix Nobel de la Paix 2006, le professeur Muhammad Yunus. Ne nécessitant aucune identification ou connexion sur les réseaux, ces terminaux permettent à leur possesseurs de réaliser toute sorte de transaction sans la moindre trace informatique, comme le permet la monnaie fiduciaire papier. Porte-monnaie éléctronique individuel, le 2TP reste anonyme dans la mesure où les transactions réalisées par son entremise restent inférieure à 3000 €. Cette limite suit les cours quand la transaction se fait en d’autres monnaies. La banque IESY a décidé d’appuyer le système de ses terminaux sur l’euro, monnaie qui a fait ses preuves de stabilités avec ses avantages et inconvénients que l’on connait. La EISY est devenue européenne en 2036 suite à une succession de rachats qui ont provoqué la dissolution de la Grameen Bank dans un conglomérat. Ce dernier à malgré tout su garder l’esprit du professeur Yunus.
Le 2TP est une vraie réponse pour les plus démunis dans ce monde de plus en plus informatisé. Il suffit de se rendre dans une succursale EISY pour prendre possession de son terminal. La EISY se rémunère sur les micros crédits généralement "adossés" au 2TP.
Que l’on soit laissé-pour-compte ou personne privée désirant tout simplement faire une transaction sous seing privé, le terminal propose une solution pratique bien que présentant aussi des désagréments. Si la IESY crée la monnaie fiduciaire électronique, elle qui devient le garant de la circulation de ces sommes d’argent. Premier risque pour cette institution. Les détarcteurs du systèmes, quand à eux, promettent le retour des trousseurs de bourses c’est à dire une recrudescence de la délinquence et autres vols à la tire liés aux terminaux 2TPP. La IESY promet d’augmenter les systèmes de sécurité en intérant des détections biométriques actives avec détection de biorythmes.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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09/02/2059 : Mon bijou et pas un autre

"Que reste-t-il à l’industrie du luxe dans un monde où tout est devenu réplicable jusque dans les plus infimes détailles, grâce au génie nanotechnologique ?" C’est le genre de question que nombre de personnes se posent alors que s’ouvre la saison de présentation des collections de Haute Couture et de la bijouterie de luxe. Et une fois de plus, Boucherelles & Cliffs semble avoir répondu à cette question, tout au moins, en partie, en révélant, dans un premier temps, lors de la présentation de sa collection précédente, le bijou "vivant" symbiotique. Aujourd’hui, la jeune maison joaillière crée une nouvelle fois l’événement en dévoilant une gamme de pierres brutes mais artificielles mais, surtout, de qualité exceptionnelle au point de faire de chacune de ces pierres un objet unique. Par ailleurs, dans une démarche marketing originale, les pierres sont vendues brutes. Par la suite, elles sont taillées avec le talent reconnu de Boucherelles & Cliffs, puis montées de manières plus ou moins classiques sur monture inerte (or, argent, vermeil...) ou brochage nanotech. symbiotique.
Mais qu’ont donc ces pierres pour avoir attiré l’attention du joailler au point que celui-ci construise l’ensemble de sa nouvelle collection autour d’elles ?
Dans un premier temps, les personnes souhaitant acquérir l’une de ces pierres doit fournir un échantillon biologique. De celui-ci est extrait l’ADN de l’individu. Sur la base de cet ADN (la célèbre double hélice codée sur la base de quatre "molécules-lettres" : Adénine, Cytosine, Guanine et Thyrosine) est construit, atome après atome (de carbone et plus quelques autres pour les couleurs et autres qualités remarquables), grâce aux nanotech, une pierre unique. L’originalité de la démarche du joaillier de la place Vendôme tient aussi dans un secret de fabrication bien gardé. C’est la manière selon laquelle Boucherelles & Cliffs interprète l’information brute de l’ADN. Il a fallut développer un logiciel qui transpose, avec talent, goût et surtout en termes gémologiques, le code génétique en données décrivant les qualités de la pierre. Chaque gène humain venant influencer sur la couleur, la structure cristalline, l’indice de réfraction et bien d’autres critères... Ainsi, chaque pierre générée est bien originale, à l’image du donneur de la séquence génétique. Celui-ci se dotant d’un objet qui dépasse la définition du simple bijou pour devenir un identifiant joaillier personnel.
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02/02/2059 : Le prix de la beauté -

La Communauté Européenne met de l’ordre dans l’industrie des cosmétiques. La nouvelle directive européenne, faisant office de décrêt d’application, concerne les ingrédients et composants des produits cosmétiques. Cette directive cible plus précisément ceux utilisant des composants soi-disant nanotechnologiques.
Une chose est sûre, pour les fabricants de produits de beauté à "bénéfices santé élevés", faire apparaître la seule mention NanoT sur un emballage garantie un gain de 15 à 20 % de part de marché. Mais ni la qualité des ses ingrédients ni la dite miniaturisation à l’échelle nanométrique n’est garantie pour le ou la consommatrice. Ni terme nanotechonologique pas plus que tous ses dérivés et autres abréviations n’ont la moindre valeur légale.
On peut se souvenir que Danone au début du siècle avait du abandonner le terme marketing « bio ». C’était, à ce moment, le nom d’un de ses produits-phare. C’est à cette même époque que l’agriculture biologique avait obtenu une lisibilé de plus en plus grande auprès du grand public. Cette aura politiquement correcte avait ainsi permis d’obtenir l’exclusivité légale du qualificatif « bio », car, à l’évidence, le produit de Danone, une yaourt n’avait rien de commun avec l’agriculture biologique.
Comme le fit à l’époque Danone, les poids lourds de l’industrie comestologique, en quête effrénée de respectabilité en tentant de donner à leurs produits des qualités "thérapeutiques", vont tout faire pour garder le droit d’utiliser le champ lexical lié aux nanotechnologies. Il est moins sûr que le legislateur européen le laisse faire : les nanotechnologies sont un enjeu de société mais encore plus industriel.
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01/12/2058 : Compagnons cybernétiques

Ils prennent la forme d’un serpent, d’une queue de scorpion ou d’une natte de cheveux anodine ou plus prosaïquement, d’un bras de robot. Ils réagissent à leur environnement, au rythme de ceux qui les portent. Ils ? Ce sont les derniers gadgets de l’industrie robotique : le cyber-pet, un compagnon robotique de petite taille connecté à l’HyperNet et qui vous averti de l’arrivée de nouveaux messages. Il en va de même avec les appels téléphonique. Il vous indique votre chemin quand vous lui avez dit où vous alliez, à moins qu’il ne l’ai su en consultant votre agenda en ligne. Votre cyber-pet peut aussi vous distraire avec de la musique, des livres audio ou des jeux.
Le cyber-pet se porte au bras ou au cou. Lover autour de votre poignet il ressemblera à un serpent, alors qu’autour du cou, il pourra prendre l’apparence d’un simple queue de cheval. Il est doté d’empathie artificielle programmée à partir de comportements d’animaux. Le module E2A (Empathie Artificielle Animale) est bien évidemment une réduction d’une ODA conventionnelle. Le cyber-pet sait ainsi associer une variété de comportements en réponse à des stimuli extérieurs : le téléphone, un message électronique, un mot, l’heure du jour, un lieu, voir même, dans proche avenir, selon les développeurs, les intonations de voix et l’humeur de son propriétaire.
De nombreux utilisateurs avouent avoir sucombés aux relents de parfum d’interdit en privilégiant, pour leur cyber-pet, l’apparence du serpent tentateur. Celui-ci vient vous susurrer sensuellement, à l’oreille, telle ou telle information. Tout ceci donnant, surtout, lieu à un ballet fascinant qui met en valeur la merveille technologique ; On le voit s’avancer sur son bras pour suivre une conversation qu’on lui a demandé d’enregistrer, il se dresse sur l’épaule, telle une figure de proue miniature pour vous diriger...
L’engouement populaire assure une évolution rapide des logiciels E2A comme du hardware. Les utilisateurs attendent surtout des améliorations axées sur la mobilité, le poids et l’autonomie. Plus léger et rapide sera le cyber-pet, plus la ressemblance avec l’animal sera confondante : les utilisateurs de cyber-pet recherchent cette convergence. Ils semblent ainsi s’accommoder d’une présence robotique que généralement les gens refusent en masse. "Pas de concurrence, pas de lois (de la robotisé, ndr) !" tel semble être le mot d’ordre de l’engouement autour des cyber-pet.
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03/11/2058 : L’intimité du bijou - -

Boucherelles & Cliffs, le dernier des bijoutiers à s’être installé place Vendôme, est le premier à rompre un interdit tacite. Le président du groupe JPGA (Jean-Pierre Galtier-Airlike), propriétaire de la maison joaillière, a présenté, cette semaine le premier bijou vivant. Il est dit symbiotique, car il interagit avec le corps qui le porte.
Cette « première » a pris la forme d’une simple présentation de collection, collection qui, sur le seul plan de l’esthétique, reste dans les canons classiques de la beauté. L’événement est, pourtant, à regarder avec des yeux attentifs : Pour la première fois au monde, Solo DiTramento, le directeur artistique de la maison joaillière, a révélé, avec son directeur, une gamme resserrée de ces bijoux qualifiés de vivants par le marketing, et comme « parasites » par d’autres, inquiets de cette nouvelle évolution technologique.
Ces bijoux présentent des pierres naturelles, diamants, rubis et autres émeraudes sertis sur un brochage biocompatible nanoT qui remplie deux fonctions essentielles, en plus de celle de support : d’une part, cette monture génère un champ luminescent qui met en valeur la pierre et, d’autre part, elle sert d’interface entre la partie technique du bijou et le corps humain. Un dispositif nanoT pénètre dans les couches profondes de l’épiderme jusqu’à s’ancrer dans les tissus musculaires. Les qualités nanoT assurent la bio-compatibilité de l’appareillage et crée une barrière immunologique qui protège le porteur de toute contamination.
Une fois inséré, le brochage assure son alimentation énergétique par induction cellulaire. En quelques jours, le bijou effectue sa « nidification » : il se met à "vivre". La pierre scintille en fonction des humeurs (principalement hormonales) de la personne qui le porte. Cette nouvelle forme de bijoux s’apparente, bien évidemment, au traditionnel piercing. Ces bijoux vont de la simple pierre que l’on porte au bras, au visage ou toute autre partie du corps jusqu’à l’assemblage de bijoux complexes. Ces derniers se greffant sur un « bijou-pierre » de base.
© Olivier Parent
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13/10/2058 : De l’industrie des animaux de compagnie

Le marché des animaux de compagnie ne cesse de croître et de se diversifier. Les chiens, chats et autres souris ont, depuis longtemps, été remplacés pas les NAC (Nouveaux animaux de Compagnie). Aujourd’hui, ces derniers voient leur suprématie menacée par les GENAC et les CLONAC (animaux de compagnie OGM ou clonés) !
Le développement du marché des ClonAC accuse un sérieux ralentissement à la suite des scandales qui se multiplient à l’échelle de la planète concernant l’authenticité frauduleuse des animaux vendus (cf. YVA du 26 mai 2058). Ce sont les perspectives ouvertes par les GenAC qui semblent porter tous les espoirs de l’industrie de l’animal de compagnie technologique pour entamer un redressement attendu par les invertisseurs. Pour la plus grande satisfaction des professionnels, les clients se passionnent pour un type particulier de GenAC : le NeoCub qui répond au mieux aux nouvelles conditions de la vie méga-urbaine où les espaces sont de plus en plus restreints. C’est ainsi que les généticiens ont développé les NeoCub qui ont la particularité d’être bloqués dans leur croissance à l’âge où l’humain moyen trouve l’animal le plus « adorâââble… ».
Toute la difficulté de la modification génétique ne résidait pas dans le blocage de la croissance physique, qui peut être obtenu par voix hormonale, mais bien dans l’immobilisation de l’âge psychologique de l’animal. Le possesseur d’un NeoCub attend que celui-ci garde le comportement d’un petit sans jamais acquérir le caractère du mâle ou de la femelle qu’il aurait dû. Cet impératif prend toute sa dimension quand le NeoCub est un lion… un chimpazé…
Les associations de défense des droits des animaux font à nouveau entendre leur voix contre cette chosification de la vie animale. Elles trouvent un soutien inattendu dans celle de défense des droits de l’homme qui voient s’approcher un fantôme qu’elles redoutent : l’humain OGM !
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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08/09/2058 : L’éternité au poignet

La montre-bracelet reste un article de mode paradoxalement indémodable. Qu’elle soit mécanique (à remontoir, et oui, même ce geste refuse de mourir), automatique ou bien encore électronique, à affichage digital ou à aiguilles, la montre-bracelet occupe toujours les devantures des vitrines des bijoutiers de toutes catégories. Le métier d’horloger, pendant un temps, sur le pas de porte du Conservatoire des Métiers Manuels, a trouvé une nouvelle jeunesse au cours de la fin de cette première moitié de siècle.
Mais ce qui explique le regain d’intérêt pour cet étrange objet est un des rejetons de ce que la technologie offre de plus pointu au consommateur contemporain. Sous le bijou, signe de coquetterie, d’appartenance, de rébellion… s’adapte, sous le bracelet afin de rester discret, un petit appendice. Ce dernier a la bienheureuse particularité, pour les personnes qui ont fait le choix de se faire équiper de h-RFID, d’empêcher toute lecture de la puce d’identification, une fois l’appendice activé.
Les h-RFID nous permettent de déverrouiller les portes de nos voitures, de nos appartements, de désactiver les sécurités de nos ordinateurs. Elles nous ouvrent l’accès à nos comptes bancaires et nous font goûter les délices de la société de ludo-consommation… jusqu’au moment où nous décidions de ne plus être « lu » ! Et c’est là que la montre-bracelet neutralisatrice entre en jeu, d’autant plus facilement que la plupart des utilisateurs de h-RFID portent leur h-RFID dans le poignet (entre le radius et l’ulna). D’un petit clic, et l’on redevient un anonyme qui peut à nouveau se déplacer et consommer sans que ses faits et gestes soient analysés.
Il va de soi que les autorités ne voient pas d’un bon œil la généralisation de l’utilisation de ces puces brouilleuses de signaux numériques. Elles ont d’ailleurs tenté d’en faire interdire la vente du fait des risques d’interférences avec des dispositifs gouvernementaux. En vain, les tests effectués ont démontré que le brouillage ne se faisait que dans une sphère de quelques centimètres de diamètre. Les défenseurs des libertés individuelles s’engagent à « rester vigilants afin de préserver cette oasis de liberté contre les attaques des gouvernements centraux liberticides », dixit une déclaration anonyme parvenue à l’Europ Press Agency.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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11/08/2058 : Class action transnational









Le bilan de la montée des eaux au plan international du fait des changements climatiques est lourd. Les états insulaires inondés qui, pour certains, ont même été rayés de la carte ou pour d'autres ont perdus une grande partie de leur territoire littoral, se rassemblent, cette semaine, au Palais des Congrès de Paris. L'ordre du jour est on ne peut plus clair : lancer une procédure en Class Action contre, d'une part, les états dits industriels de l'occident du XXe siècle et, d'autre part, contre les principaux groupes industriels, d'échelle mondiale, issus des consolidations de la première moitié du XXIe siècle. Cette procédure s'appuiera, vraisemblablement, sur la « non-assistance à personne en danger ». Le dossier préparé et défendu par un groupement de cabinet d'avocats venant de toutes les latitudes, sera présenté auprès de la Cour de Justice Internationale.
Cette procédure n'est pas une surprise. Sur tous les continents, éditorialistes et lobbyistes de tous bords ont milité de longues dates pour ce procès qui s'annonce fleuve… Néanmoins, il est loin de faire l'unanimité. Ce sont les états qui se sont portés parties civiles, non pas les citoyens, comme de nombreuses ONG humanitaires l'auraient souhaité. « En cas de victoire, quelles garanties ont les déracinés de tous ces pays que les éventuelles compensations arrivent jusqu'à eux ? » s'interroge un avocat d'une association de citoyens expropriés par les eaux. Son cabinet s'est vu refuser la participation à la procédure internationale au nom de la raison d'état qui oeuvre au nom des individus. « La multiplication des parties civiles nuirait à la clarté de la procédure » a renchérit le porte-parole des avocats des états engagés dans cette Class Action d'un nouveau genre.

Le traumatisme est grand et toutes les solutions palliatives n'ont que peu changé les choses : îlots artificiels, représentations diplomatiques virtuelles, locations de territoires… Ce ne sont que des solutions transitoires qui, jamais, ne feront disparaître ces populations apatrides.

© Olivier Parent
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14/07/2058 : Encombrements robotiques


La compagnie des TOE (Trains Omnibus Européens) rompt la première le silence autour de la présence des robots dans les transports en commun. Désormais, le propriétaire d'un robot devra s'acquitter d'un titre de transport pour le robot qui l'accompagne au titre de « bagage encombrant ». La TOE, entreprise qui s'est spécialisée dans le transport en commun de proximité transrégional à l'échelle européenne, a dû répondre aux nombreuses plaintes qui émanaient de ses clients. « La plupart se plaignent de ne pas pouvoir trouver de places, aux heures de pointe, du fait de la présence des robots accompagnant leurs propriétaires » explique le responsable de la communication de la TOE.
La dimension encombrante du robot avait déjà été évoquée par les restaurateurs qui avaient fait savoir que la présence d'un nombre sans cesse grandissant de robots, dans les salles de restauration, causait une gêne réelle pour l'exercice de leur métier. Ce grognement avait été interprété comme une des nombreuses manifestations d'hostilité à l'égard des robots humanoïdes dans la rue. Il ne faut pas s'y tromper : c'est surtout la mise en évidence de la banalisation de l'utilisation du robot domestique.
La création d'un ticket spécial demandé aux propriétaires pour la présence et le transport de leur compagnon mécanique est une nouvelle preuve de cette généralisation. Les promoteurs du robot humanoïde pourraient s'en réjouir, et pourtant, il n'en est rien : le vocabulaire utilisé pour définir la présence du robot ouvrant à l'acquittement d'une taxe est toujours révélateur du refus dans lequel se drape la société civile : « bagage encombrant ».
Mais, qu'on le veuille ou non, le robot fait et fera partie de notre quotidien. Le robot a, d'ores et déjà, trouvé sa place dans le monde professionnel. Il lui reste à la trouver dans la vie de tous les jours.
© Olivier Parent
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09/06/2058 : Copie carbone délictueuse


Après la généralisation du clonage industriel principalement dans le cas d'animaux de compagnie, une nouvelle société surfe sur la mode de la continuité, voire de l'éternité. Sou Yoy Schaftt, le groupe germano-chinois, vient de lancer la société Eternity Gift.
Cette société met à disposition du grand public la plus grande banque de données d'objets au monde et leur propose une réplication nanoT, à l'identique. Le scan 3D complet d'un objet prend trop de temps et de ressources, surtout si on veut obtenir une copie fonctionnelle avec les organes internes. Le grand public est de plus en plus demandeur d'objets « vintages ». La société Eternity Gift propose à ses clients de retrouver l'objet désiré dans sa base de données, celle-ci est régulièrement enrichie de nouveaux articles. Une fois le client fixé sur son choix, la fabrication nanoT dudit objet est lancée. Il faut compter de plusieurs minutes à quelques heures pour la réplication nanoT d'un objet suivant sa taille et sa complexité.
Les brocanteurs crient au scandale, des sociétés éditrices ou dépositaires des droits des créateurs et fabricants, qui voient là une pratique éhontée du plagiat, tentent de faire valoir leurs droits. Cette mode de la réplication ne fait qu'inquiéter un peu plus les marchands d'art redoutant la généralisation des objets Rep-nanoT (réplication nanoT) mettant, à terme, en danger le marché de l'art, surtout quand les répliqueurs s'attaqueront aux objets d'art.
La société Eternity Gift a fait une annonce, en deux volets, pour apaiser les esprits : elle s'est, d'une part, engagée à identifier les éventuels ayants droits des objets qu'elle réplique afin de leur payer les sommes qui leur seraient dues. Elle nuance cette première annonce en précisant que la majorité des objets répliqués sont très anciens et passés dans le domaine public. L'autre volet de son annonce est de s'engager à ajouter à chaque objet une puce n-RFID permettant d'identifier instantanément l'objet comme Rep-nanoT.
© Olivier Parent
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26/05/2058 : Faux et usage de faux

Le petit monde du clonage industriel frémit du dernier scandale qui vient de retentir en son sein. Afin de tenir des délais contractuels, la célèbre compagnie de clonage animalier, Sweet Pet Back (SPB), est accusée par des associations de consommateurs de livrer des animaux non clonés.

Les propriétaires endeuillés par la disparition soudaine de leur animal recevaient, à livraison, des animaux de même apparence. Il leur avait même été dispensé un conditionnement neuro-comportemental afin de leur assurer une ressemblance au regretté défunt des plus fines. Ce qu'aujourd'hui, les associations de défense de consommateurs qualifient d'arnaque, dépendait d'une organisation internationale. C'est en effet un vaste réseau à l'échelle de la planète qui assurait, en toute discrétion, la fourniture des animaux de toutes espèces.

Au moment de la commande, il était demandé aux futurs heureux propriétaires un délai qui correspondait à la durée d'une gestation de l'animal concerné augmenté d'un délai de sevrage plus ou moins long. Ce délai, bien que la direction de SPB s'en défende, était mis à profit pour rechercher deux animaux, un mâle et une femelle, ressemblant le plus à la description de celui qui était mort. La femelle subissait une insémination artificielle avec sperme du mâle. Le temps de sevrage était mis à profit pour apprendre au petit animal à reconnaître ses futurs maîtres afin de masquer les éventuelles imperfections dans la ressemblance, pourtant garantie !

Le groupe SONIDATO, propriétaire de Sweet Pet Back, a fait paraître un communiqué qui condamne de tels agissements. Aucun porte-parole, que se soit celui de SONIDATO ou de SPB, n'est joignable. Les actions des deux entreprises s'effondrent, les industriels du Génie Génétique qui craignent une contamination du marché cherchent les moyens de se démarquer de ce scandale.

© Olivier Parent
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05/05/2058 : Tests à géométrie variable


Tout le monde a déjà répondu à un test dans un magazine.

Le papier électronique et la généralisation des connexions MyriaLink ont apporté de nouvelles possibilités dans la collecte des données. L’analyse en temps réel de votre profil « psycho-sociologico-édito gélatineux », non plus selon 4 ou 5 typologies pré-établies mais avec une précision issue et acquise des bases de données existantes, vous concernent selon vos profils comportementaux privés et professionnels disponibles souvent à votre insu sur le Net. On appelle ces bases de données des e-Moi (moi électronique). Sans jamais avoir été interdits, ils ne sont pas tolérés… et, très souvent, ils font l’objet de tractations très onéreuses. Au début du siècle, c’était des bases de données ne contenant que des adresses électroniques qui étaient au cœur des transactions entre marchands électroniques. Aujourd’hui ce sont des vrais profils psychologiques.

Une autre subtilité existe, plus cachée pour ne pas dire sournoise. Avez-vous remarqué la case décochable (opt-out) autorisant par défaut la connexion du magasine avec votre e-Moi ? Savez-vous qu’en laissant cette case cochée, au moment de faire votre test, votre magasine préféré pourra analyser en temps réel vos réactions, vos délais de réponse, vos hésitations, vos montées d’adrénaline, votre pression artérielle, votre rythme cardiaque… autant de paramètres utilisés pour mieux contrôler, personnaliser disent les rédacteurs des tests, la pertinence de la réponse au test auquel vous vous êtes prêté. Mais c’est votre e-Moi que vous aurez nourri, faisant grandir la connaissance que les marchands ont de votre profil.

Alors, la prochaine fois que vous lirez votre magazine, prenez le temps de chercher la petite case, et décochez la ! Faites que votre test reste un moment de plaisir personnel.

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Le 16 avril 2058 : Éboueurs orbitaux


Les Nations Unies renouvellent, cette semaine, le mandat de la compagnie X-Olia qui a pour mission de nettoyer les parages de la Terre de ses nombreux débris orbitaux. Ce mandat, accordé au terme d’une longue procédure, permet à la X-Olia de collecter auprès des différents opérateurs orbitaux et spatiaux une taxe qui finance, en partie, la flotte des vaisseaux poubelles orbitaux.

Robotisés, pour la plupart, ces vaisseaux sont munis de radars à très haut pouvoir de résolution afin de repérer les plus petits objets. Ce qui fait la force du travail de X-Olia est une autre collecte : celle des informations sur l’ensemble des mouvements spatiaux, qu’ils soient passés, présents ou à venir. C’est une impressionnante base de données qu’a constitué l’éboueur spatial, sur tout ce qui passe à proximité de la Terre. C’est ainsi que grâce à de puissants simulateurs, on arrive à retrouver nombre de débris, consécutifs à des destructions d’engins, même très anciens, là où on ne les attendait pas.

L’établissement de cette base de données, qui appartient à l’ONU, ainsi que les simulations qui lui sont associées, faisaient partie des conditions à remplir pour obtenir le mandat international. Cette connaissance des mouvements spatiaux est appelée à de nouvelles missions avec la prochaine exploitation des astéroïdes projetés sur la face cachée de la Lune. X-Olia, sans réel pouvoir, a, néanmoins, émis un avis défavorable au sujet de ce type d’exploitation minière.

A l’occasion du renouvellement de ce mandat, il n’est pas sans intérêt de rappeler que le traitement des débris spatiaux avait mal commencé, en 2022, moment où, une société privée, la Trabendo Orbital Wast Corp. (TOW), avait tenté de prendre en otage les opérateurs orbitaux. La TOW leur extorquait des sommes faramineuses sous la menace de voir les déchets collectés relâchés à proximité de tel ou tel satellite ou installation spatiale. L’affaire avait fait grand bruit. C’est de ce scandale qu’est né le mandat international d’éboueur orbital












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Le 3 décembre 2057 : Syndrome récurant


Le RFS (Right Frame Syndrom), syndrome de la colonne de droite, n'en finit pas de terroriser les agences de communication. Formalisé dans les années 2010, ce « syndrome » décrit la capacité que développe l'oeil d'un internaute à éviter une partie de la page dès que celle-ci est identifiée comme publicitaire. À cette époque, la colonne de droite était dévolue aux "réclames", la partie de gauche de la page étant dédiée aux menus « utilisateur ».

Avec la généralisation des caméras intégrées aux ordinateurs, des entreprises telle que Google avaient tenté de modéliser les comportements des internautes et, plus particulièrement, des mouvements de l'œil afin de déterminer où placer les messages publicitaires. Ces recherches amenèrent les programmeurs à développer des langages permettant aux pages des sites d’être dynamiques, c’est à dire, de prendre la composition la plus adaptée à un individu donné.

Jamais ces recherches arrivèrent à prouver la pertinence des fonds investis. D’autant plus que nombre d’utilisateurs quittèrent les providers trop entreprenant à l’encontre de leurs libertés individuelles.
Qu’il s’applique à « la colonne de droite » ou à tout autre endroit d’un espace virtuel, il est évident que l’esprit humain sait ne voir que ce qu’il veut voir. Les publicitaires font appel à une armée de moyens toujours plus diversifiés. L’un de ces moyens consiste en l’analyse des bruits environnants de l’ordinateur, afin de déterminer les habitudes de l’utilisateur. Les contrôles des caméras étant inaccessibles à l’utilisateur lambda, l’analyse peut donc se faire en toute tranquillité et sur de longues périodes. Il ne reste à l’utilisateur que la liberté d’éteindre son ordinateur, au lieu de le laisser en veille…

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