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29/09/2058 : Supermarchés de la procréation

Les techniques de procréation médicalement assistées ne manquent pas : de la fivette, avec ou sans location d’utérus, au don de sperme ou d’ovules en passant par toutes les variantes d’insémination artificielle, les futurs parents désirant une descendance n’ont que l’embarras du choix. De cet éventail on exclu bien sûr le clonage reproductif qui reste officiellement interdit sur l’ensemble de la planète.
Dans un proche avenir, sera proposé aux couples désirant avoir un enfant une nouvelle technique qui aura la particularité de préserver intégralement le lien de filiation entre les deux parents et leur enfant. En effet dans le cas d’une procréation avec don de gamètes, l’un des deux parents se trouvait privé de filiation génétique. Ce lien demeure une valeur importante pour nombre de familles.
Cette technique s’appelle la gamétogenèse. Elle consiste en la génération de gamètes, par voix de génie génétique, en utilisant les cellules souches du parent dont la fécondité est déficiente. Ainsi celui ou celle qui ne peut fournir de spermatozoïdes ou d’ovules se voit restituer dans son intégrité parentale. L’annonce de l’autorisation de l’utilisation de cette technique a également provoqué un frisson de satisfaction dans les milieux gays et lesbiens. En effet, ces couples, parmi lesquels on compte nombre de parents, ne pouvaient l’être que par voix d’adoption. Leur restait inaccessible le lien de parenté qui lie le couple hétérosexuel à son enfant.
Grâce à la gamétogenèse, les gamètes « manquants » dans un couple homosexuel pourront être générés : spermatozoïdes chez un couple lesbien, ovule chez un couple gay. « Cette annonce est un nouveau pas sur le chemin de l’égalité de droits entre individus qu’ils soient hétéro ou homosexuels. Nous nous félicitons de cette avancée décisive que nous offre la science. Reste, pour les couples gays, la problématique de la location d’utérus que refusent certains ! » déclare le porte-parole du Conseil Européen de Surveillance des droits des minorités sexuelles.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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01/09/2058 : Le ventre libéré

Pour certaines femmes, la contrainte de porter l’enfant qu’elle désire est insurmontable. Pour les couples gays, imaginer leur enfant dans le ventre d’une femme pendant neuf mois va à l’encontre de leur choix de vie. Et il est des cas où la grossesse in utero est dangereuse pour la future mère comme pour son enfant. Pour répondre à ces quelques cas, les obstétriciens et autres cliniciens se sont penché, depuis plusieurs décennies sur l’éventualité d’une grossesse extra utero.
Les moyens techniques existent, le génie génétique ainsi que les nanotechnologies apportent toutes leurs spécificités dans, entre autres, la gestion hormonale de cette période si particulière de la vie. Bien que l’utérus artificiel ne soit pas encore sorti des laboratoires, l’expérience se fait avec la prise en main de fœtus dits grands prématurés : on sauve désormais des fœtus de 17 semaines, avec des risques d’handicape réduits de 80% par rapport au début du siècle.
Ces petits fœtus, ils pèsent quelques dizaines de grammes, passent une vingtaine de semaines dans le sein d’une matrice artificielle. Là, ils baignent, pendant une vingtaine de semaines, dans un liquide nourricier, branchés à un cordon ombilical mécanique. Les futurs parents sont incités à venir le plus souvent possible, passer du temps auprès de leur enfant pour palier au traumatisme de cette croissance hors du corps de la mère. La pression des lobbies gays est forte afin d’accélérer les autorisations qui permettront l’accès, aux futurs parents, à une grossesse extra utero de la conception à la naissance.
Évitant de rentrer dans un débat passionnel, la Commission Européenne ainsi que les Parlements Nationaux ont lancés des études sur les effets organiques et psychologiques de cette croissance « hors corps » du fœtus. « Malgré les avancées de la Science, l’esprit humain reste un mystère. Les liens qui se tissent au cours de la grossesse et l’enfant participent à ce mystère. Ont-ils ou non une action objective et positive sur le développement de l’enfant » ? C’est à ce genre de questions que devront répondre les parlementaires à la lumière des études scientifiques.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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Le 13 août 2057 : Grossesses sujettes à caution


Les laboratoires GeneTan viennent de lancer un produit qui suscite la controverse. Il s'agit du premier kit de caractérisation fœtal à l'attention du grand public.

Une pilule ingérée, une nuit de sommeil et comme pour l’antique test de grossesse, un peu d’urine sur un bâtonnet. Si ce n’est qu’aujourd’hui c’est le caryotype de l’enfant que la maman porte qui apparaît : couleur des yeux, cheveux, de la peau, corpulences et tailles probables… C'est cette énumération non exhaustive qui fait naître la controverse : cette liste serait rapidement amenée à augmenter, surtout dans la "zone médicale" du caryotype.

Beaucoup de spécialistes de la génétique s'interrogent sur la fiabilité d'un tel test. "Quand on lit la liste des critères que le test est capable de déterminer, on a le vertige ! Pour arriver à des résultats fiables sur une telle quantité, il faudrait un laboratoire de 4 à 6 personnes travaillant 24 heures d'affilées. Ce test est un mensonge !" s'emporte le porte parole des Cliniciens Génétiques de France (CGF), syndicat professionnel très influant dans la promotion de la génétique appliquée. D'autres voix s'élèvent contre cet "eugénisme rampant" : "La commercialisation de ce test est la porte ouverte vers la sélection de l'espèce humaine tel un cheptel ovin ou bovin... il est fort étonnant que la Commission Européenne aie autorisé la vente d'un tel produit !" s'étonne le porte parole du Conseil Religieux Européen.

La tentation pourrait en effet être grande pour un couple d'interrompre la grossesse si le test ne correspondait pas à ses attentes. L'Inde, longtemps avant l'arrivée de la génétique à bas prix, avait été tentée par l'eugénisme sexuel : nombres de gynécologues indiens avaient acceptés, jusque dans les années vingt, d'indiquer le sexe de l'enfant à venir, les petites filles étant sacrifiées.

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