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06/07/2059 : L’Albion assiégée - -


En ces premiers jours d’été, celui qui, nonchalamment, se promène dans les jardins de Londres peut faire un bien étrange constat : dès que le soleil à réchauffé les gazons et feuillages de ces espaces vert, sur le coup de 10 ou 11 heures, un chant inattendu se fait entendre : le stridulement de la cigale provençale.
Bien que l’on aie constaté la présence accidentelle de cet insecte ,au cours des vingt dernières années, cet été est le troisième au cours duquel ces insectes se manifestent consécutivement. Ce qui indique que les cigales ont trouvé les conditions environnementales stables nécessaires à leur établissement durable... Ce qui indique de fortes évolutions climatiques outre-Manche.
Si on pouvait se permettre de prendre à la légère cette information, on pourrait se demander quand la pétanque deviendra sport national au royaume de sa Gracieuse Majestée... et, peut-être qu’un jour, on pourra commander un pastis au pied de Big Ben ! Mais il ne faut pas s’y tromper. Cette nouvelle est extrêmement préoccupante : elle indique que d’importants changements climatiques sont toujours en cours.
La montée du niveau des mers sont la manifestation de ces changements climatiques le plus impressionnant aux yeux du grand public... mais c’est une aussi un étalon qui réagit également lentement : entre une modification climatique et son impacte sur le niveau des mers, il faut parfois compter plusieurs décennies. Avec la migration de la cigale comme référence des changements climatiques, ou tout autre insecte sortant de son environnement habituel, le délais de réaction est beaucoup plus court et mesurables Les robots jardiniers, que ce soit en milieu urbain ou rurale, rapportent régulièrement des statistiques sur les évolutions de ces statiques.
Alors, ne nous trompons pas, même si la cigale offre à Hyde Park quelque chose de bucolique, les climats de la planète continuent à évoluer. Et il faut toujours garder en tête cette question : avons-nous réagit suffisement tôt et de manière suffisemment radicale dans nos changements de comportements écologiques ? Questions qui peuvent se résumer de la manière suivante : "Sommes-nous devenus une civilisation durable" ?
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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29/06/2059 : Déchets en ligne de mire


Années après années, force est de constater que chaque foyer, tout comme le milieu industriel, génère de moins en moins de déchets, en Europe comme à l’échelle planétaire. Les industriels ont, pour la plupart et sous les pressions conjointes de l’opinion et des gouvernements, fait les efforts nécessaires à cette réduction. Et l’agroalimentaire est le domaine d’activité, par les modifications de packaging, dont les efforts sont les plus visibles.
Mais la population mondiale grandit à un tel rythme que la production de ces mêmes déchets ne décroît sensiblement pas. Et il reste à traiter les millions de tonnes d’ordures plus ou moins ménagères accumulées au long des dernières cent années écoulées.
Si la technologie a souvent participé à l’état de délabrement actuel de la planète, il semblerait que cette même technologie apporte une solution à l’épineux problème des déchets présents et passés : Nanotech et robotique. Cette dernière pour dépêcher dans les zones contaminées, au dessus tout aussi bien qu’au dessous du niveau de la mer, des armées de robots pour collecter ce que l’homme a abandonné derrière lui. On parle des décharges qui parsèment les paysages de la planète comme des débris infinis que l’on croise en ville, à la campagne, à la plage, dans le désert comme dans la jungle ou en mer.
Cette nouvelle approche du traitement des déchets, soutenue en fin de chaîne par des usines nanoT afin d’apporter leurs un retraitement vraiment écologique, vient en complément du travail quotidien effectué par les pigeons génétiquement modifiés qui assurent la propreté des trottoirs de nos villes.
Mais, malgré tous les développements et innovations dans le traitement des déchets, le premier concerné dans la chaîne de production du déchet c’est le consommateur. Si l’on veut gagner la bataille des déchets, il faut d’abord gagner celle des comportements : le choix du produit générant le moins de déchets et le geste qui sauve : une corbeille n’est jamais loin : il n’y aura jamais assez de robots pour ramasser ce que nous ne retraitons pas !

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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04/05/2059 : Les joyaux de l’écologie

Quand les métiers d’arts viennent au secours des écosystèmes en perdition, on obtient l’improbable symbiose du luxe et de la biodiversité, c’est en tout cas l’expérience, qui se veut unique, proposée par les "Sanctuaires du Monde" (lire FH/YVA 10/03/2059 : Les nouveaux zoos). Ce que le grand public sait moins, c’est que ces Sanctuaires ne sont pas à destination de nos seuls faunes et flores, de nos seuls écosystèmes en voie de disparition. La simple sauvegarde alimenté par le sentiment de culpabilité ou par la nostalgie était loin d’être suffisante pour justifier et financer ces zoos du dernier espoir !
Si l’envie vous prend et, surtout, si vous en avez les moyens, vous pouvez vous isoler dans un Sanctuaire et y vivre des moments de luxes rares de nos jours.
Il faut prendre le temps de la visite du Sanctuaire de Paris. Il est constitué de neuf unisphères (contraction d’univers et sphère). Chacune de ces unisphères, à la forme fort élaborée selon l’écosystème qu’elle porte en son sein est le siège d’un univers particulièrement équilibré au point de tendre vers l’autarcie. Chacun des unisphères s’imbrique élégament dans l’ensemble de huit autres unisphères. Les parois des unisphères faites de verre nanoT sont photo-actifves (photo-électrosynthèse, photo-absorption de polluants...),
Parmi les joyaux perdus, les concepteurs du Sanctuaire parisien ont sélectionnés les lagons des Seychelles, la forêt primordiale de Bornéo, les bords du Gange, un désert Dogon, un glacier et son alpage, les palétuviers de Floride, la savane d’Afrique équatoriale, une banquise et un haut plateau himalayen.
L’heureux client des Sanctuaire, au cœur de ces unisphères, au cœur de ces écosystèmes miraculeusement sauvegardés et reconstitués, au cœur de la ville où, souvent, il travaille sans compter, il peut jouir d’une hôtellerie de luxe dans un mobilier fruit d’un artisanat d’art qui bénéficie directement de la sauvegarde de l’écosystème dont il est issu. Marqueterie et travail de l’os, du cuirs ou de la pierre, tissus et draperies, joaillerie et orfèvrerie, ébénisterie et menuiserie... Ce que les artisans d’art du monde entier font de mieux se trouve à portée de la main du consommateur fortuné moderne. Pour les bourses les moins bien loties, l’expérience pourra n’être qu’un promenade dans l’un de ces microcosmes afin, tout simplement, de retrouver le goût de la solitude ou le plaisir de s’interroger : "Suis-je seul ?" tout cela sans risque !
"Le luxe réinventé !" s’exclame le directeur du Sanctuaire de Paris, Képhas Quasguet qui compare son établissement aux thermes de Monaco ou à des complexes hôteliers tels que celui du Normandie-Deauville avec des capacités écologiques que n’atteindront jamais ces lieux sélects mais désuets en terme de conceptions.
Les opposants aux Sanctuaires existent. Ils doutent des intentions altruistes du milieu du luxe, s’opposant farouchement aux formules "zoos à bas prix" dans lesquels le grand public est cantonné à la franche de ces univers clos pendant que les nantis bénéficient d’un luxe inaccessible sous couvert de protection de la biodiversité ! Mais la mode est lancée... le marché, une fois encore fait sa loi.
Ecrit avec la collaboration de Simon Gasquet
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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Le 11 février 2058 : Robotique agraire


Le robot humanoïde (R-humano) investit, petit à petit nos campagnes et devient une réponse objective à la désertification rurale.

Pendant de longues décennies, l’utilisation de robots, à la ferme, s’était cantonnée à un ensemble de manoeuvres techniques. Les engins dotés de cerveaux robotiques étaient appelés R-manœuvres pour les labours, moissons, semailles… Le robot était indissociable de l’engin. À la plus grande satisfaction des promoteurs des R-humanos, le nombre de ces derniers assignés à de nouvelles tâches dans le monde agricole ne cesse de croître et se banalise.

C’est ainsi que l’on a vu des « R-humanos » assignés à l’assistance des R-manœuvres. Charger, décharger, graisser et réparer, les R-humanos sont vite devenus indispensables à l’exploitation des domaines agricoles contemporains. Deux nouvelles tendances se présentent dans l’utilisation du R-humano ; d’une part, le retour des engins agricoles non robotisés et pilotés par des R-humanos. Cette pratique est justifiée par une optimisation de l’utilisation des R-humanos dont l’achat reste onéreux, d’autant plus quand on parle de flottes robotiques sur les plus grands domaines. On économise ainsi la robotisation de l’engin de manœuvre. Cette pratique a été rendue possible par l’adaptabilité développée par les dernières générations de robots humanoïdes.

L’autre tendance, conditionnée aux mêmes qualités des R-humanos, consiste à lâcher dans la Nature, au propre comme au figuré, des flottes de robots-jardiniers dont la mission est d’entretenir la campagne. Malgré le mouvement migratoire rurbain, la surface des terres anciennement agraires et, désormais, laissées à l’abandon, ne cesse de croître. Les modifications climatiques ont fait apparaître sous nos latitudes de nouvelles espèces de plantes envahissantes. La présence de ces robots-jardiniers maintient la campagne dans un état qui sans leur action ressemblerait vite à une jungle inextricable.

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Le 4 février 2058 : La Camargue boit la tasse


La France vient de perdre un de ses joyaux naturels : la Camargue n'est plus. Après consultation par le gouvernement des différents acteurs sociaux, privés et politiques, il a été décidé de mettre fin au pompage permanant des eaux d’infiltration. Ce territoire était devenu un polder, au cours du dernier demi-siècle, du fait de la montée du niveau des mers, consécutive aux dérèglements climatiques constatés au cours de la même période. Le programme de sauvegarde mis en place ces dernières années, aura plus tenu de « l’inventaire avant fermeture définitive » que du plan d’action volontaire qui devait assurer la sauvegarde de ce parc naturel.
Aujourd’hui, c'est bien un constat d'échec qu'il faut établir : l'homme n’a pu rien entreprendre contre les forces de la Nature, d'autant plus quand il est à l'origine de ces déclenchements de "colère". Plus au Nord, en Europe, les Pays-Bas ont décidé de se battre, coûte que coûte contre les éléments, en surélevant leurs digues et en renforçant les systèmes de pompage. Dans le même temps, les autorités incitent les particuliers à construire des maisons inondables, c’est-à-dire sur pilotis.
Chaque pays réagit de manière différente à cette montée des eaux. Le classement de la Camargue au Patrimoine Mondial de l’Humanité, auprès de l’Unesco, n'y aura rien changé. Ce territoire était pourtant le témoin de ce que l'homme peut réaliser quand il respecte la Nature. Le gouvernement de Monsieur Pierre-André Ballama-Petrus est accusé, par l’Opposition, d’avoir baissé les bras malgré un habile discours qui tente de minimiser l'impact de cet arrêt.
L'Opposition fait son beurre d’une telle affaire en s'en emparant. Elle stigmatise l'immobilisme du gouvernement national aussi bien que celui de la Commission Européenne et promet, en cas de victoire aux prochaines élections législatives, de lancer un programme de sauvegarde étendu à l’ensemble des zones humides de France.
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