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Le 10 mars 2058 : Rancœur froide

La cinquantaine de clones humains découverts, à partir 2027, dans les murs de trois sectes indépendantes, ont aujourd’hui entre 34 et 37 ans. La découverte de ceux qui n’étaient alors que des enfants avait, à l’époque, permis la mise en application de législations contre le clonage humain. Tous ces individus étaient issus des gènes de divers gourous. Sans vivre cachés, aujourd’hui, ils cherchent à préserver un certain anonymat. La plupart d’entre eux a subi des opérations de chirurgie esthétique afin d’altérer leur apparence, quand la ressemblance avec leur parent était trop flagrante. Quelques-uns se rassemblent pour tenter d’exorciser leurs origines. Ces réunions ont toujours lieu dans la plus grande discrétion. Une poignée d’entre eux se sont rassemblés afin d’attaquer, une nouvelle fois, en justice, les anciens responsables des sectes encore vivants. Ils sont, pour la plupart, toujours incarcérés, suite aux procès datant des années 30-35. Les « enfants des sectes », devenus adultes, revendiquent, désormais, le droit à un nouveau procès, cette fois pour crime contre l’humanité, ce changement de qualification étant indispensable à toute nouvelle procédure. L’annonce de la perspective d’un nouveau procès a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans un monde qui ne sait toujours pas quelle place donner aux clones. Nos sociétés vivent dans le déni total de cette question, bien que, chaque jour qui passe la rende un peu plus flagrante ; malgré l’absence de chiffres officiels, le nombre de naissances illégales issues de clonages ne cesse de croître, sur l’ensemble de la planète. En réponse au groupe attaquant les anciens gourous, un autre groupe de clones s’est constitué. Celui-ci s’engage, en cas de procès, à témoigner en faveur des accusés. Par une telle déclaration, ils espèrent dissuader leurs frères de destin de s’engager dans une procédure qu’ils jugent « contre nature ». « Ce n’est pas avec ce genre de procès que l’on fera avancer la cause des clones, dans le monde » a déclaré le porte-parole de ce groupe informel.
Le 7 janvier 2058 : Génération tamisée
La Cour Européenne de Justice (CEJ) vient d’être saisie d’une demande inhabituelle : une jeune femme, fertile et en parfaite santé, demande la génération d’ovules par voix de génie nano-génétique. Sa demande est justifiée par l’origine de sa propre naissance : elle a été conçue à la suite du viol de sa propre mère. À l’époque, traumatisée, l’adolescente ne s’était jamais confiée à son entourage. Quand sa grossesse devint impossible à dissimuler, il était trop tard pour une IVG. Le bébé naquit quelques mois plus tard.Aujourd’hui marié, le bébé veut donner la vie. Mais la future maman ne veut rien transmettre à son enfant de l’héritage génétique de son géniteur honni. Pour arriver à ses fins, la jeune femme, qui s’est vu fermer les portes des tribunaux nationaux, se tourne en dernier recours vers la CEJ pour obtenir officiellement le droit qu’elle revendique pour elle-même et les siens. Elle veut que lui soit reconnu le droit de faire « tamiser » les gamètes. Elle veut que soient générés des ovules desquels tous les chromosomes du violeur auront été retirés. Les moyens nanoT sont tout à fait à même de réaliser ce raffinage.
Une solution alternative aurait été que la jeune femme demande à sa propre mère de lui faire un don d’ovules, car un ovule prélevé sur la jeune femme, une fois « tamisé », sera équivalent à un ovule ainsi donné, mais la jeune femme est orpheline. Sa mère suicidée peu de tant après son accouchement.
L’eugénisme sans raisons médicales objectives est interdit en Europe. L’eugénisme médical, dit positif, est réalisé principalement grâce aux diagnostiques pré-fécondatoires. « Ce que je demande est exactement un cas d’un eugénisme médical » revendique la jeune femme. La CJE a accepté de recevoir et d’étudier la requête. « C’est un premier pas vers la reconnaissance d’un droit appelé à devenir universel » se réjouit l’avocat de la requérante.
Le 25 décembre 2057 : Génotype virtualisé

Les Sciences modernes sont au chevet de la biodiversité mondiale. Grâce aux séquenceurs génétiques de dernière génération, de nombreuses équipes, travaillant toutes sous licence publique, se sont mises à la tâche de sauvegarder le patrimoine génétique du plus grand nombre possible d’espèces d’êtres vivants. Les équipes travaillent en priorité sur les espèces dont on ne possède plus que des gamètes ou des corps congelés. Parfois même, des enquêteurs sont envoyés à la recherche des dernières traces génétiques disponibles, cela a été le cas pour le dodo de l’île Maurice.
Le principe théorique de leur travail est simple : le séquençage génétique d’une cellule d’un être vivant donne l’ensemble de son code génétique. On enregistre ce code dans une mémoire sécurisée, comme on le ferait pour un fichier de texte exceptionnellement long et précieux, écrit avec seulement quatre lettres : A, C, G et T, les initiales de quatre molécules : Adénine, Cytosine, Guanine, Thymine. L’agencement de ces quatre lettres forme les mots de la vie, les gènes qui caractérisent chaque être vivant.
La quantité de données générées est telle que seule l’informatique nanoT permit d’envisager sérieusement ce projet. Par ailleurs, les nanoT autorisèrent la seconde étape de ce projet de sauvegarde : le retour à la vie de ces espèces disparues ou en danger. Cette dernière tâche est confiée à un répliqueur génétique : le répliqueur reconstitue, atome par atome, lettre par lettre, le génome qui permettra de redonner naissance à un être vivant par voix de clonage. Le génie génétique passant pas là pour corriger ce qui peut l’être.
La théorie n’est plus, on est passé à la pratique : un petit passereau a été conçu artificiellement. Une mère porteuse vient de pondre quatre œufs. La naissance des poussins est attendue avec impatience…
Le principe théorique de leur travail est simple : le séquençage génétique d’une cellule d’un être vivant donne l’ensemble de son code génétique. On enregistre ce code dans une mémoire sécurisée, comme on le ferait pour un fichier de texte exceptionnellement long et précieux, écrit avec seulement quatre lettres : A, C, G et T, les initiales de quatre molécules : Adénine, Cytosine, Guanine, Thymine. L’agencement de ces quatre lettres forme les mots de la vie, les gènes qui caractérisent chaque être vivant.
La quantité de données générées est telle que seule l’informatique nanoT permit d’envisager sérieusement ce projet. Par ailleurs, les nanoT autorisèrent la seconde étape de ce projet de sauvegarde : le retour à la vie de ces espèces disparues ou en danger. Cette dernière tâche est confiée à un répliqueur génétique : le répliqueur reconstitue, atome par atome, lettre par lettre, le génome qui permettra de redonner naissance à un être vivant par voix de clonage. Le génie génétique passant pas là pour corriger ce qui peut l’être.
La théorie n’est plus, on est passé à la pratique : un petit passereau a été conçu artificiellement. Une mère porteuse vient de pondre quatre œufs. La naissance des poussins est attendue avec impatience…
Le 22 octobre 2057 : Propriétés « hors-terre » revendiquées

De nouveaux de types procédures interplanétaires viennent d’être lancées à la Cours de Justice Internationale. Cela concerne la Lune où l’Europe veut créer une nouvelle base sur une parcelle qui s’avère être la propriété des habitants d’un village de Kabylie, tous descendants des 10 gagnants, dans les années 20, du vieux jeux de l’Euromillion. La somme, faramineuse, qui avait permit de transformer le village une oasis touristique, avait été également investie, de l’ordre de 15 % de la somme initiale, dans cet achat saugrenu pour l’époque et qui se révèle prophétique…
Aujourd’hui, les propriétaires entendent bien faire valoir leurs droits sur la parcelle choisie par l’ESA pour sa nouvelle base. Cette affaire à attiré les plus grands cabinets d’avocats du monde, sentant les fortes commissions. La conciliation proposée par le juge internationale Van Stoker semble s’acheminer vers le paiement d’un loyer agrémenté de commissions sur toutes exploitations du sol ou du sous-sol lunaire du territoire désigné désormais comme « kabylen », contraction de Kabylie et de Sélène.
Cette première juridique et interplanétaire a donné des idées à d’autres procéduriers. Des dossiers similaires se constituent. Ceux-là concernent des rochers de la ceintures d’astéroïdes revendiqués par des terriens brandissant des titres de propriété vieux de plusieurs décennies. A la fin du XXe siècle, il a, en effet, existé un commerce portant sur ces lointains cailloux. On offrait à un filleul ou à un petit cousin tel ou tel astéroïdes… Possession vite oubliée avec la perte du bout de papier. Mais il semblerait que tous les titres n’aient pas été perdus comme ne seront pas perdues les commissions issues de l’exploitation minière des astéroïdes concernés. L’authenticité des propriétaires est difficile à confirmer.
Aujourd’hui, les propriétaires entendent bien faire valoir leurs droits sur la parcelle choisie par l’ESA pour sa nouvelle base. Cette affaire à attiré les plus grands cabinets d’avocats du monde, sentant les fortes commissions. La conciliation proposée par le juge internationale Van Stoker semble s’acheminer vers le paiement d’un loyer agrémenté de commissions sur toutes exploitations du sol ou du sous-sol lunaire du territoire désigné désormais comme « kabylen », contraction de Kabylie et de Sélène.
Cette première juridique et interplanétaire a donné des idées à d’autres procéduriers. Des dossiers similaires se constituent. Ceux-là concernent des rochers de la ceintures d’astéroïdes revendiqués par des terriens brandissant des titres de propriété vieux de plusieurs décennies. A la fin du XXe siècle, il a, en effet, existé un commerce portant sur ces lointains cailloux. On offrait à un filleul ou à un petit cousin tel ou tel astéroïdes… Possession vite oubliée avec la perte du bout de papier. Mais il semblerait que tous les titres n’aient pas été perdus comme ne seront pas perdues les commissions issues de l’exploitation minière des astéroïdes concernés. L’authenticité des propriétaires est difficile à confirmer.
