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Le 11 février 2058 : Robotique agraire


Le robot humanoïde (R-humano) investit, petit à petit nos campagnes et devient une réponse objective à la désertification rurale.

Pendant de longues décennies, l’utilisation de robots, à la ferme, s’était cantonnée à un ensemble de manoeuvres techniques. Les engins dotés de cerveaux robotiques étaient appelés R-manœuvres pour les labours, moissons, semailles… Le robot était indissociable de l’engin. À la plus grande satisfaction des promoteurs des R-humanos, le nombre de ces derniers assignés à de nouvelles tâches dans le monde agricole ne cesse de croître et se banalise.

C’est ainsi que l’on a vu des « R-humanos » assignés à l’assistance des R-manœuvres. Charger, décharger, graisser et réparer, les R-humanos sont vite devenus indispensables à l’exploitation des domaines agricoles contemporains. Deux nouvelles tendances se présentent dans l’utilisation du R-humano ; d’une part, le retour des engins agricoles non robotisés et pilotés par des R-humanos. Cette pratique est justifiée par une optimisation de l’utilisation des R-humanos dont l’achat reste onéreux, d’autant plus quand on parle de flottes robotiques sur les plus grands domaines. On économise ainsi la robotisation de l’engin de manœuvre. Cette pratique a été rendue possible par l’adaptabilité développée par les dernières générations de robots humanoïdes.

L’autre tendance, conditionnée aux mêmes qualités des R-humanos, consiste à lâcher dans la Nature, au propre comme au figuré, des flottes de robots-jardiniers dont la mission est d’entretenir la campagne. Malgré le mouvement migratoire rurbain, la surface des terres anciennement agraires et, désormais, laissées à l’abandon, ne cesse de croître. Les modifications climatiques ont fait apparaître sous nos latitudes de nouvelles espèces de plantes envahissantes. La présence de ces robots-jardiniers maintient la campagne dans un état qui sans leur action ressemblerait vite à une jungle inextricable.

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Le 5 février 2057 : L’Arche de Noé mise en danger

Le site avait été choisi pour ses qualités : Stabilité géologique et climatique, faiblesse de la pollution et des rayonnements cosmiques sous la couche rocheuse… Quand le Spitzberg fut choisi, tout faisait de ce site le lieu idéal pour l’implantation de la réserve mondiale de semences végétales.

Depuis trois décades, les gamètes de toutes les formes de vie animale de la planète ont commencé à être collectées et congelées. Dernière évolution en date de ce qui est devenue l’Arche Planétaire, le stockage informatique des patrimoines génétiques de toutes les formes de vie de notre planète. Cette troisième évolution demandera des décennies et des moyens considérables. Rien que le stockage informatique des gènes de la levure de bière prend environ 4 gigaoctets… imaginez : Sur Terre, le nombre d’espèces se compte en millions ! Les impératifs de la biodiversité incitent à « sauvegarder » toujours plusieurs spécimens de chaque espèce. Plus le génome concerne une espèce élevée dans l’évolution, plus on augmente le nombre de « sauvegardes » et donc la taille de la sauvegarde.

C’est le risque d’une grève du personnel qui fait aujourd’hui parler de l’Arche du Spitzberg. Les revendications des salariés concernent les conditions de vie du personnel de l’ONU au Spitzberg. Bien qu’il soit étonnant que l’organisation mondiale, qui à la charge de ce patrimoine depuis 2033, tombe sous le coup de telles accusations... les revendications des syndicats sont claires: ils veulent obtenir les mêmes avantages que le personnel spatial. « Avec une moyenne de -40° C, à 2000 km du premier village soit 7 jours de voyage en cas de tempête, tout cela équivaut à l’isolement d’une station orbitale » nous a déclaré un représentant du personnel.

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le 13 novembre 2056 : Ouverture d’un procès improbable à La Haye.

Au Tribunal Pénal International de La Haye s’ouvre un procès, il y a peu, encore improbable. Il oppose les technologies les plus avancées aux libertés fondamentales dont l’homme doit disposer pour vivre.

Petit rappel : après un moratoire d’une vingtaine d’années, les semenciers obtinrent, dans les années vingt, l’autorisation d’inclure dans leurs semences génétiquement modifiées un gène dit « Terminator ». Ce gène empêchait qu’une graine issue d’une moisson puisse être replantée : la graine-fille était stérile. Ce dispositif génétique protégeait la propriété intellectuelle des laboratoires de génie génétique et des semenciers.

Parmi les arguments qui ont justifié la mise en place de ce moratoire, certains experts citèrent le chiffre de 1,6 milliards. C’était le nombre de personnes, de par le monde, dépendantes des semences issues de leurs récoltes pour assurer leur subsistance. Le moratoire avait été voté afin de donner le temps à ces populations, avec l’aide internationale, de sortir de cette pauvreté et ainsi d’être capables d’acheter leurs semences. Ils devaient, eux aussi, pouvoir « bénéficier des avancées du génie génétique ». Le moratoire tint vingt ans. Il fut levé sous la pression des lobbies agro-alimentaires.

En à peine sept ans, on vit alors s’abattre des famines à répétition sur les pays les plus pauvres et les plus dépendants de leur agriculture. La communauté Internationale dû intervenir d’urgence, auprès de ces populations. Les opinions publiques occidentales ayant été fortement choquées par des images telles qu’on pensait ne plus jamais en voir.

Aujourd’hui, ces pays, las de faire les frais du droit international, attaquent en justice les grands groupes industriels et les laboratoires pour voir enfin leurs droits fondamentaux reconnus.

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