Les projets autour de FuturHebdo bougent...
13/07/2059 : Planète sauvage - - -
06/07/2059 : L’Albion assiégée - -
04/05/2059 : Les joyaux de l’écologie
10/03/2059 : Les nouveaux zoos -
04/08/2058 : Barrière mentale écologique
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Les Ministères de l'Ecologie et des Affaires Européennes publient conjointement les états de santé de la population d'ours des Pyrénées : 217 bêtes adultes dont 17 oursons. Bilan extraordinaire si on se rappelle les décennies de tension qu'il y a longtemps eu entre les défenseurs des ours et les éleveurs de moutons.
L'augmentation de cette population plantigrade a été rendue possible grâce à l'utilisation d'implants cérébraux. Cet implant, longtemps posé par voix chirurgicale invasive, dans les tous premiers jours de vie des oursons, est désormais injecté à distance. L'implant, une fois dans l'organisme de l'ours, est mis en place par des R-nanoT (robots nanoT dotés de programmes chirurgicaux). L'implant, rendu opérationnel, transmet à chacun des ours une peur irrépressible à l'approche des limites du territoire qui lui ont été attribuées.
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Que l'on parle de la méthode chirurgicale ou de celle par injection, les robots-jardiniers occupent une place prépondérante dans ce dispositif. Sans odeurs et d'une discrétion parfaite dans le paysage forestier des Pyrénées, ces R-jardiniers ont également la mission de surveiller la population des ours. Ils vérifient le respect des zones d'exclusion pour les plantigrades, et prêtent une attention toute particulière aux femelles en cours de gestation. Une fois le bébé ours né, le R-jardinier s'assure à distance de sa bonne santé et dès les premiers pas de l'ourson hors de la tanière, il lui injecte l'implant comportemental. La maman ours renforçant l'apprentissage des zones d'exclusion par sa propre expérience.
© Olivier Parent
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Le 31 mars 2058 : Le pigeon parisien est de retour

Principalement, le pigeon a été « programmé » pour une nouvelle tâche : les pigeons qui, à compter de ce jour, survoleront Paris, s’affaireront, de jour comme de nuit, au nettoyage de nos rues. Les modifications apportées à ces animaux, on les appelle G&N-animal (pour Génétique & nanoT, prononcez « gènanimal »), concernent leur anatomie et leur comportement.
Au plan anatomique, leur jabot a été modifié afin de servir de benne à ordures. La plupart des détritus qui encombrent nos rues peuvent être picorés par ce nouveau type d’éboueurs. Une fois leur jabot plein, les G&N-pigeons volent, par réflexe « ajouté », vers une des multiples stations de traitement réparties dans la capitale. Là, les G&N-pigeons régurgitent leur « chargement ». Le temps que les ordures collectées passent dans le jabot du petit éboueur, elles auront commencé à être « digérées » par des robots nanoT présents dans le jabot modifié. Le plein de R-nanoT est fait par l’intermédiaire de l’alimentation.
Au plan comportemental, ce sont les insectes qui ont donné une de leurs principales qualités, celle de la collaboration dans le travail. C’est ainsi que les G&N-pigeons savent désormais s’attaquer à des ordures bien plus grosses qu’eux et les réduisent à la taille nécessaire pour êtres ingérés. Ils ont aussi appris à des insectes comment déplacer collectivement certains objets encombrants la voie publique.
Pourquoi avoir choisit le pigeon pour cette tâche, à la place d’un insecte ? Trois raisons nous sont avancées par les responsables des laboratoires Fournier Gene-Lab. : la première est la taille de l’éboueur, la deuxième son vol qui permet l’évacuation rapide des ordures, la troisième est sa parfaite adaptation au milieu urbain. Le travail de modification comportementale fût ainsi mineur.

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Le 16 juillet 2057 : Retour à la vie d’espèces éteintes
Une chose est sûr : la Nouvelle Calédonie ne cesse de se réjouir et de s’enorgueillir d’avoir été le premier état à bénéficier de ce retour inespéré de son emblème national disparut depuis deux siècles, sous les talons des colonisateurs européens et leurs animaux importés qui furent fatals aux dodos.
Un peu plus au sud, la Tasmanie tire un bilan plus mitigé de la réintroduction du diable de Tasmanie. Autant les oiseaux avec leur cerveau « reptilien » ont très facilement retrouvé leur comportement essentiels, autant les diables de Tasmanie, mammifères marsupiaux, restent très dépendant de l’apprentissage à la vie sauvage reçu de leurs dresseurs.
Après 10 ans, la population de diables de Tasmanie a du mal à se suffire à elle même. Les résultats les plus mitigés concernent toujours les mammifères supérieurs, confirmant les doutes de certains chercheurs au sujets des animaux les plus grands, comme le tigre du Bengal, qui dépend encore plus que le diable de Tasmanie d’un apprentissage social. Que dire, alors, de l’orang-outan ou du singe Bonobo, cousin malheureux du chimpanzé, qui ne vivent qu’en société très organisées.
Certains chercheurs mettent leurs espoirs dans la mise au point d’animaux robotiques qui se comporteraient en toute situation comme un animal sauvage et devenant ainsi des percepteurs parfaits pour les petits appelés à la vie sauvage.
Le 18 juin 2057 : Retour à la vie sauvage
L’état des lieux dressé, récemment, par le ministère de l’Ecologie pour le bassin de la Loire révèle un embellissement constant de la faune et de la flore. Ce résultat n’a pu être établit qu’à deux conditions : Une réforme des lois et des comportements en terme de construction et le développement d’autres sources d’énergie hydroélectrique.
Une des justifications des barrages a longtemps été la régulation de ce long et capricieux fleuve. « Au détriment de la vie sauvage et de la biodiversité » répondaient d’autres voix. Il fallait surtout empêcher les constructions en zones inondables et toutes ces décennies ont été nécessaires pour, entre autre, supprimer les nombreux pavillons coupables et indemniser les malheureux propriétaires.
La force de l’eau reste une valeur sûre parmi les sources d’énergie renouvelables. Mais, il fallait rendre le fleuve à son cours. Alors, que l’on parle des marée ou des courants marins ou bien encore du vent, il n’a fallu se déplacer que de quelques dizaines de kilomètres, souvent guère loin que l’embouchure du fleuve, pour voir bientôt fleurir les projets de production électrique utilisant les sources énergie vertes. Les tâtonnements technologiques sont loin, reste une production d’énergie propre.
Le 19 février 2057 : Le patrimoine de l’Humanité maigrit.
L’inscription au catalogue du Patrimoine mondial de l’UNESCO était le signe d’une réelle reconnaissance d’un patrimoine donné. Jusque dans les années 20, cette liste se consacrait essentiellement à tous les domaines de la culture, qu’ils soient naturels ou historiques. On y vit les pyramides de Guizeh, en Egypte, comme le quartier Saint Jean à Lyon, en France, ou le parc du Yellowstone, aux USA, et encore les Falaises de Bandiagara, au Mali…
Les bouleversements climatiques des dernières décennies ont accéléré les procédures de reconnaissance pour les sites les plus en danger. Et en 2020, l’UNESCO ouvrait son catalogue au monde du vivant ; trop d’espèces végétales ou animales disparaissaient… L’exploration des derniers territoires vierges (grands fonds océaniques, lacs souterrains millénaires aux pôles de la planète, grottes scellées depuis des millions d’années découvertes grâce aux dernières améliorations technologiques…) ne faisait qu’augmenter la liste des espèces mises en danger par l’expansion des activités humaines et de la biologie dominante.
Plus que jamais, tous les regards se tournent vers le Spitzberg, où la grève du personnel de l’Arche continue : l’éloignement et le confinement polaire est-il, oui ou non, comparable à celui d’une station spatiale ? La question, on l’espère, trouvera réponse dans les jours qui viennent.
Le 5 février 2057 : L’Arche de Noé mise en danger
Depuis trois décades, les gamètes de toutes les formes de vie animale de la planète ont commencé à être collectées et congelées. Dernière évolution en date de ce qui est devenue l’Arche Planétaire, le stockage informatique des patrimoines génétiques de toutes les formes de vie de notre planète. Cette troisième évolution demandera des décennies et des moyens considérables. Rien que le stockage informatique des gènes de la levure de bière prend environ 4 gigaoctets… imaginez : Sur Terre, le nombre d’espèces se compte en millions ! Les impératifs de la biodiversité incitent à « sauvegarder » toujours plusieurs spécimens de chaque espèce. Plus le génome concerne une espèce élevée dans l’évolution, plus on augmente le nombre de « sauvegardes » et donc la taille de la sauvegarde.
C’est le risque d’une grève du personnel qui fait aujourd’hui parler de l’Arche du Spitzberg. Les revendications des salariés concernent les conditions de vie du personnel de l’ONU au Spitzberg. Bien qu’il soit étonnant que l’organisation mondiale, qui à la charge de ce patrimoine depuis 2033, tombe sous le coup de telles accusations... les revendications des syndicats sont claires: ils veulent obtenir les mêmes avantages que le personnel spatial. « Avec une moyenne de -40° C, à 2000 km du premier village soit 7 jours de voyage en cas de tempête, tout cela équivaut à l’isolement d’une station orbitale » nous a déclaré un représentant du personnel.
le 13 novembre 2056 : Ouverture d’un procès improbable à La Haye.
Petit rappel : après un moratoire d’une vingtaine d’années, les semenciers obtinrent, dans les années vingt, l’autorisation d’inclure dans leurs semences génétiquement modifiées un gène dit « Terminator ». Ce gène empêchait qu’une graine issue d’une moisson puisse être replantée : la graine-fille était stérile. Ce dispositif génétique protégeait la propriété intellectuelle des laboratoires de génie génétique et des semenciers.
Parmi les arguments qui ont justifié la mise en place de ce moratoire, certains experts citèrent le chiffre de 1,6 milliards. C’était le nombre de personnes, de par le monde, dépendantes des semences issues de leurs récoltes pour assurer leur subsistance. Le moratoire avait été voté afin de donner le temps à ces populations, avec l’aide internationale, de sortir de cette pauvreté et ainsi d’être capables d’acheter leurs semences. Ils devaient, eux aussi, pouvoir « bénéficier des avancées du génie génétique ». Le moratoire tint vingt ans. Il fut levé sous la pression des lobbies agro-alimentaires.
En à peine sept ans, on vit alors s’abattre des famines à répétition sur les pays les plus pauvres et les plus dépendants de leur agriculture. La communauté Internationale dû intervenir d’urgence, auprès de ces populations. Les opinions publiques occidentales ayant été fortement choquées par des images telles qu’on pensait ne plus jamais en voir.
Aujourd’hui, ces pays, las de faire les frais du droit international, attaquent en justice les grands groupes industriels et les laboratoires pour voir enfin leurs droits fondamentaux reconnus.
