Les projets autour de FuturHebdo bougent...
03/08/2059 : Industrialisation des champs spatiaux.
06/04/2059 : Orphéon et berceuse sélène
02/03/2059 : Architecture d’intérieur spatiale
15/12/2058 : Gravitation progressive
07/07/2058 : L’improbable Retour
30/06/2058 : Moon baby boum
23/06/2058 : Ascension spatiale
16/06/2058 : Restructuration dans l’industrie spatiale « hors Terre »
Le 16 avril 2058 : Éboueurs orbitaux

Les Nations Unies renouvellent, cette semaine, le mandat de la compagnie X-Olia qui a pour mission de nettoyer les parages de la Terre de ses nombreux débris orbitaux. Ce mandat, accordé au terme d’une longue procédure, permet à la X-Olia de collecter auprès des différents opérateurs orbitaux et spatiaux une taxe qui finance, en partie, la flotte des vaisseaux poubelles orbitaux.
Robotisés, pour la plupart, ces vaisseaux sont munis de radars à très haut pouvoir de résolution afin de repérer les plus petits objets. Ce qui fait la force du travail de X-Olia est une autre collecte : celle des informations sur l’ensemble des mouvements spatiaux, qu’ils soient passés, présents ou à venir. C’est une impressionnante base de données qu’a constitué l’éboueur spatial, sur tout ce qui passe à proximité de la Terre. C’est ainsi que grâce à de puissants simulateurs, on arrive à retrouver nombre de débris, consécutifs à des destructions d’engins, même très anciens, là où on ne les attendait pas.
L’établissement de cette base de données, qui appartient à l’ONU, ainsi que les simulations qui lui sont associées, faisaient partie des conditions à remplir pour obtenir le mandat international. Cette connaissance des mouvements spatiaux est appelée à de nouvelles missions avec la prochaine exploitation des astéroïdes projetés sur la face cachée de la Lune. X-Olia, sans réel pouvoir, a, néanmoins, émis un avis défavorable au sujet de ce type d’exploitation minière.
A l’occasion du renouvellement de ce mandat, il n’est pas sans intérêt de rappeler que le traitement des débris spatiaux avait mal commencé, en 2022, moment où, une société privée, la Trabendo Orbital Wast Corp. (TOW), avait tenté de prendre en otage les opérateurs orbitaux. La TOW leur extorquait des sommes faramineuses sous la menace de voir les déchets collectés relâchés à proximité de tel ou tel satellite ou installation spatiale. L’affaire avait fait grand bruit. C’est de ce scandale qu’est né le mandat international d’éboueur orbital

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Le 7 avril 2058 : Archéologie martienne et symbole terrien.


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Le 28 janvier 2058 : Migration spatiale

Les mirages de la conquête spatiale ont fait une nouvelle victime : le corps sans vie d'un jeune homme a été découvert à l'arrivée de la navette spatiale qui assure les rotations entre l’orbite terrestre et le chantier de Lagrange Gamma.
Les premières constatations révèlent que le passager clandestin est mort d’asphyxie, au moment de la dépressurisation des soutes, consécutive au départ. La soute dans laquelle le malheureux avait pris place était prévue pour le transport de denrées non-périssables. Le corps a été retrouvé congelé. Les soutes ne sont pas chauffées sans pour autant être aux températures extrêmes du vide spatial. On a retrouvé près du corps une musette contenant un thermos et diverses victuailles. Ces dernières précautions n’auront eu aucun effet sur sa survie.
Ce nouveau drame est un sérieux indice sur le manque de contrôle des mouvements des populations spatiales. L’accélération des constructions hors terre va en s’accélérant. On ne compte pas moins d’une centaine d’opérateurs spatiaux (compagnies spatiales, minières, de fret spatial, constructeurs de vaisseaux comme de satellites, agences d’intérim de personnels extravéhiculaires…), sans prendre en compte les sous-traitants, qu’ils soient charpentiers-métallos, électriciens, climaticiens et autres informaticiens. Pour tous ces hommes et femmes, il n’aura fallu qu’un stage de capacité orbitale, sanctionné par une simple visite médicale.
Le jeune homme décédé aurait dû être de retour sur Terre depuis plusieurs semaines. Personne ne s’était inquiété de cette absence, en tout cas, pas son employeur. Les enquêteurs cherchent de possibles complicités qui lui auraient facilité l’accès de la navette et apporté une assurance d’emploi, arrivé à destination. Ce qui laisserait supposer l’existence d’un marché du travail au noir dans les chantiers hors terre. Ceux-ci n’emploient pas loin de 3500 personnes, tous chantiers confondus. Il n’existe aucun chiffre officiel sur cette population.
Le 19 novembre 2057 : Lance-pierre magnétique

Après une phase expérimentale qui s’étendit jusqu’à la fin des années trente, cette technologie atteint, au Gabon, sa maturité industrielle, avec le lancement de cette troisième tranche. Mais cette commande marque, surtout, la victoire d’un pays qui fût émergent sur les industries privées ; en 34, le gouvernement gabonais réussissait, contre toute attente, à rassembler les compétences nécessaires à la mise au point des MLO. Les délais étaient tendus : deux laboratoires privés effectuaient des recherches similaires.
Aujourd’hui, le Gabon continu à vendre des licences au prix fort mais qui restent très rentables pour les entreprises qui les exploitent. La demande de frète spatial ne cesse de croître. Avec l’arrivée d’EOP au Gabon, elles sont désormais au nombre de trois. Le pays, lui, ne cesse de s’enrichir et sa population profite directement de cet enrichissement.
Des deux entreprises qui faisaient « la course », il n’en reste qu’une : la Westinghouse Supply Corporation qui exploite, aujourd’hui, un peu plus d’une demi-douzaine de catapultes au Congo et au Kenya. Mais la réussite industrielle ne profite pas aux populations comme au Gabon. Ces enrichissements, même fragiles, crée des mouvements migratoires en provenance de leurs voisins directs comme de d’origines beaucoup plus lointaines, que ces trois gouvernements doivent désormais prendre en compte.
Le 22 octobre 2057 : Propriétés « hors-terre » revendiquées

Aujourd’hui, les propriétaires entendent bien faire valoir leurs droits sur la parcelle choisie par l’ESA pour sa nouvelle base. Cette affaire à attiré les plus grands cabinets d’avocats du monde, sentant les fortes commissions. La conciliation proposée par le juge internationale Van Stoker semble s’acheminer vers le paiement d’un loyer agrémenté de commissions sur toutes exploitations du sol ou du sous-sol lunaire du territoire désigné désormais comme « kabylen », contraction de Kabylie et de Sélène.
Cette première juridique et interplanétaire a donné des idées à d’autres procéduriers. Des dossiers similaires se constituent. Ceux-là concernent des rochers de la ceintures d’astéroïdes revendiqués par des terriens brandissant des titres de propriété vieux de plusieurs décennies. A la fin du XXe siècle, il a, en effet, existé un commerce portant sur ces lointains cailloux. On offrait à un filleul ou à un petit cousin tel ou tel astéroïdes… Possession vite oubliée avec la perte du bout de papier. Mais il semblerait que tous les titres n’aient pas été perdus comme ne seront pas perdues les commissions issues de l’exploitation minière des astéroïdes concernés. L’authenticité des propriétaires est difficile à confirmer.
Le 14 mai 2057 : Confessions et étoiles
Ces derniers jours, une association d’églises évangéliques américaines, the New Haven Council (NHC) a déposé un dossier de participation aux travaux miniers des compagnies Earth on Progress, Stellar Shore et l’European Space Excavation. Le NHC propose de financer la formation d’un certain nombre de personnels de bord des futurs vaisseaux d’exploitation à destination de la ceinture d’astéroïdes. Ces membres d’équipages seraient, évidemment, issus d’une des églises finançant le NHC.
Les réactions ne se sont pas faites attendre : Demande prématurée pour certains, inacceptable pour d’autres… Les églises catholiques, protestantes européennes et orthodoxes ainsi que les responsables des confessions juives et musulmanes restent silencieux. Cette demande semble les avoir pris au dépourvu. Ces religions, plus institutionnelles que les églises évangéliques américaines, sont souvent intégrées à bord de vaisseaux, en la personne d’officiers ayant la fonction d’aumônier. Aumôniers civils ou militaires, ils font partie du personnel embarqué « par défaut ».
La demande du NHC pose la question d’un des aspects de la conquête de l’Espace à venir : Cette conquête, sera-t-elle laïque ou laissera-t-elle la place à la liberté de culte ? Et à ce moment-là, quels cultes ?
Le 9 avril 2057 : Politique d’immigration ou vengeance masquée ?
Les manifestants, pour la plupart de jeunes diplômés des facultés de technologies et des écoles d’ingénieurs voulaient montrer leur incompréhension devant ces changements que certains jugent excessifs et discriminatoires. Ces pays d’Afrique ont pu se développer économiquement et ainsi rejoindre les états tertiaires, grâce au développement des lanceurs spatiaux magnétiques développés dans les années trente. Les grandes plaines de l’Afrique équatoriale étaient les lieux idéaux pour l’établissement de ces lanceurs. Ils ont ainsi permis l’accélération de l’exploitation des domaines spatiaux. Une gestion intelligente de ces territoires a fait le reste.
Pour les jeunes ingénieurs des pays quaternaires, ces pays d’Afrique et leur zones industrielles et spatio-portuaires sont des lieux de passages indispensable à leurs carrières, leurs pays se concentrant sur les services quaternaires. Pour certains, la technologie leur apporte un espace d’aventure qu’ils ne trouvent plus en Occident.
Leur mécontentement est à la mesure de leur incompréhension face au changement de politique de ces états. Certains veulent y voir un acte de vengeance que les évolutions sociales internes à ces pays permettent aujourd’hui : la richesse et la stabilité ont entraîné une amélioration de la qualité des enseignements supérieurs, pourvoyant ainsi à nombre d’emplois qualifiés. L’Afrique, après avoir frappé aux portes de l’Occident et de l’Europe en particulier, voit désormais les rôles s’inverser, à son avantage.
Le 19 mars 2057 : L’Internet s’ouvre aux horizons infinis.
En effet, l’IP9 est né d’un mouvement planétaire. Issu des nations « collées au plancher des vaches », ce mouvement revendique que « l’Espace et toute planète, hormis la Terre, soient considérés comme des espaces civils, sans autres restrictions que celles des règles commerciales couramment admises ». Ce mouvement qui ravit d’avance les investisseurs, s’attaque ainsi au monopole des militaires, des scientifiques et des quelques multinationales qui contrôlent tout ce qui se déroule au delà de l’atmosphère terrestre.
La nouvelle version de l’IP est l’application pratique de cette volonté. Le Conseil de Normalisation du Réseau Planétaire (ENSC, Earth Network Standardization Council) a débuté le déploiement de l’IP9 dans ses serveurs, tout autour de la planète. Pour que cette révolution aille jusqu’à l’Espace, il faut encore que les serveurs hors Terre soient mis à jour. Il faut également que les satellites de communication réservent des canaux au transfert de ces nouvelles données.
L’ONU s’est chargée de ces négociations pour l’ENSC. Le volet « économique » vite négocié (tout le monde a trouvé son intérêt dans l’élargissement de l’Internet), restait le volet « sécurité » : les satellites de communication, demeurent sous l’étroite surveillance des militaires qui ne voient pas d’un bon œil l’accès à l’Espace ouvert, entre autres, aux hackers. « Dans ce projet un peu fou, c’est l’infini de l’Espace qui s’ouvre ainsi à l’ensemble de l’Humanité ! » répondent les défenseurs de l’IP9.
Le 26 février 2057 : Le salaire de la peur ou ivresse du voyage ?
L’hibernation, grâce aux nanotechs, est sortie des laboratoires pour faire partie de l’arsenal médical à disposition des voyageurs, mais les solutions techniques pour répondre aux conditions d’exploitation minière dans l’espace en sont encore aux conjectures : Deux solutions parmi d’autres : Envoyer du personnel dans les champs d’astéroïdes afin de faire sur place les travaux d’extraction ou projeter sur la Lune les mêmes astéroïdes et les exploiter à l’endroit de leur chute. Une chose est sûre, il faudra envoyer du personnel dans les champs d’astéroïdes afin de monter des stations « camp de base » pour assurer les exploitations futures. Ces hommes et ces femmes devront se préparer à des conditions de vie extrêmes sur de longs mois, en plus de la durée des voyages. Les premiers à partir seront ceux qui auront à subir les conditions les plus dures.
La compagnie minière Versamelde-Ba Amdo est la première société à annoncer le développement d’un programme d’exploitation dans la ceinture d’astéroïdes. L’idée de la VBA est de se servir de Cérès, l’un des plus gros astéroïdes de la ceinture situèe entre Mars et Saturne, comme port. En effet la taille de Cérès (environ 1000 km de diamètre) assurera une gravité minimum qui sera d’un grand secours pour l’installation des bases spatiales d’exploitation minière.
Le 1er janvier 2057 : Havre de paix orbital.
Les regards attentifs des télescopes des stations Lagrange et IIS3 ont suivi la manœuvre. Les images, retransmises en direct sur le Web, ont permis aux officiels et scientifiques, comme à tout le reste de la planète, d’être les témoins de ce moment clef du premier voyage interplanétaire d’un équipage humain.
Dans deux mois, il restera au vaisseau à accomplir la phase « d’accrochage », quand le vaisseau se fera attraper par la gravité terrestre pour un « dernier coup de frein »... « C’est la même manœuvre que celle qui les a mis en orbite autour de Mars. Mais la banlieue de la Terre est un peu plus encombrée que celle de Mars… » déclare le chef de mission du Jet Propulsion Laboratory. Le HOPE finira son voyage en direction de Troie Alpha et accostera au ponton nord.
Ce bras d’arrimage se situe à une des deux extrémités de la station, au plus loin du cylindre gravitationnel d’habitation. L’équipage du HOPE se ré-acclimatera à la gravité normale dans les différents étages du cylindre. Ils ont passé 7 mois sous 1/7e de la gravité terrestre. C’est la gravité du niveau le plus proche de l’axe de rotation du cylindre de Troie Alpha.
Après plusieurs semaines et de nombreux tests médicaux, ils « descendront » progressivement vers les niveaux extérieurs du tambour, ce qui les amènera à 90% de la gravité terrestre. Il sera alors temps de les accueillir, cette dernière étape scellant leur retour sur la Terre.
Le 4 décembre 2056 : L’Humanité doit-elle respirer mieux ou partir plus loin ?
Certains avancent qu’une réduction trop rapide des gaz à effet de serre pourrait entraîner de nouveaux désagréments météorologiques. « Continuons à faire baisser la production de ces gaz et laissons la nature absorber nos erreurs à son rythme ! » disent-ils. D’autres continuent à mettre en doute la relation de cause à effet entre les gaz à effet de serre et les troubles climatiques de ces dernières décades. Les défenseurs de l’ascenseur orbital ne veulent pas voir cette porte ouverte sur les étoiles rester close. Ce sont les ressources minières de la Lune et, plus loin encore, celles de la ceinture d’astéroïdes qui sont en jeu, alors que les ressources naturelles de la planète s’épuisent d’autant plus vite que la croissance de la population mondiale ne cesse de croître.
« Il faut lancer l’exploitation minière de la ceinture d’astéroïdes au plus tôt ! A la vitesse à laquelle la planète s’appauvrit… les cargos spatiaux, leurs soutes pleines de minerais, auront à peine le temps d’arriver de la ceinture ! ».
Pour ces deux projets, le réel problème, c’est le coût ! Ce sont des travaux à l’échelle de l’ensemble de l’humanité qu’il faut envisager : on parle de milliers de milliards d’euros… Seul un effort planétaire permettra de mener à terme de tels projets , l’un comme l’autre, indispensables à l’avenir de l’humanité.
Le 20 novembre 2056 : 1ère naissance lunaire.
« Ce sont avant tout des hommes et des femmes… » tempèrent d’autres voix qui sont, elles aussi, passées par les bases lunaires et qui préfèrent garder leur anonymat. Elles laissent ainsi entendre que la tentation de donner la vie sur la Lune est de plus en plus forte. De leur côté, les Enhanced People exultent: « C’est le premier pas sur le chemin de l’émancipation de l’homme de la sphère terrestre »
A l’évidence, tout le monde a été pris de court. Auprès de quelle administration enregistrer une telle naissance ? Certains enthousiastes demandent la constitution immédiate de la base lunaire Selen One comme la première municipalité internationale.
Plus sérieusement, le corps médical s’interroge sur les espérances de vie de cet enfant. « La microgravité aura des impacts sur son développement… Dans un premier temps, son horizon doit se restreindre à Selen One. Les contraintes et forces qu’il subirait lors d’un retour prématuré sur Terre pourraient lui être fatales. » déclare le porte-parole de l’Agence Spatiale Européenne. L’Académie Internationale de Médecine Spatiale s’est refusée à tout commentaire, se donnant le temps de consulter ses membres les plus au fait de cette situation des plus inattendues.
D’autres voix, grinçantes ou jubilatoires prédisent un brillant avenir à cette « mode »… annonçant un baby boom lunaire pour les prochains mois !