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01/06/2059 : Publicité intrusive - -


L’anondin e-flyer que l’on rapporte chez soi peut se révéler plein de qualités inattendues... Ce petit document que l’on vous tend à la sortie du métro, que vous trouvez à votre place de restaurant ou que l’on glisse dans votre boîte à lettres, pour ceux qui en possèdent une encore, a suivi de très près les évolutions de la technologie, des comportements et modes de consommation.
Le e-flyer, dernier avatar du prospectus publicitaire, est, à n’en pas douter, un outil de marketing du XXIe siècle, beau, moderne, attractif...les plus grands graphistes se sont essayés à cet exercice de style. Il essaye surtout de se démarquer du marketing invisible par ICIC, "identification et ciblage des individus dans leurs circulation au sein de la cité" (définition du LOL, Larousse en ligne). Les citoyens pour lesquels la rue est et doit rester un lieu de liberté, refusent en nombre toujours plus important d’être les cibles de décryptage de leurs comportements. Il suffit de voir le succès de ces petits articles de mode doté de dispositifs "anti-RFID" pour s’en convaincre : on a beau être de son temps, on en apprécie encore mieux ses instants d’anonymat numérique.
Mais, hélas, le marketing a trouvé la parade avec le e-flyer (vous noterez que les professionnels de la communication qui font appel au e-flyer le nomme "flyer", l’ablation du "e", pour électronique, tentant de faire oublier les capacités communicantes de cette petite image). Sur le principe des journaux "jetables", le e-flyer est devenu DD (Développement durable), il est surtout devenu communicant "dormant". Il arborre une belle image, portant un message plus ou moins neutre.
Au lieu d’être ouvertement réactualisable afin de toujours réduire l’agression que le consommateur pourrait ressentir, le e-flyer attend son heure. Il attend, après avoir été glissé dans une poche pour atterrir sur un bureau ou dans une cuisine... C’est à ce moment-là qu’il lance son protocole de communication qui révèle toute la stratégie des publicitaires. Sous prétexte que l’e-flyer aie été saisi et déposé, d’une manière qualifiée de "volontaire" par le législateur, sur un quelconque meuble d’un endroit pourtant privé ou assimilé, l’e-flyer a le droit d’interroger les systèmes environnants afin, dans un premier temps, de qualifier l’individu qui réside ou travaille dans ce lieu (le législateur a, au moins, protégé le nom de cette personne), qualification accompagnée de son lot de questions marketing sur les goût et habitudes... Dans un second temps, l’e-flyer propose d’entrer en contact avec cette personne de diverses manières : mails, courriers physiques, appel téléphonique, dépêche publicitaire... Si votre système est mal configuré... vous êtes sollicité contre votre gré.
La vie de l’e-flyer finissant par le recyclage, son retraitement débutera pas la récupération de toutes données qu’il aura pu saisir. Elles seront sources d’information pour les sevices de marketing : trajet, temps de vie avant recyclage, et profil de la personne "flashée" par l’e-flyer.
Scénario de cauchemar ? Des autorisations exceptionnelles ont été accordées, jusqu’à ce jour, à titre d’étude et de test... Il n’empêche qu’après le quizz de votre magazine préféré qui vous "profile" dans le même temps que vous vous divertissez, une nouvelle étape est en passe d’être franchit dans la violation de la sphère privée avec des moyens légaux, pourtant bien fragiles ! Quelle liberté reste-t-il au simple passant qui ne veut pas rentrer dans le jeu de la société ludo-consommatrice qui doit, par tous les moyens imaginables, amortir ses investissements toujours plus importants ?

© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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30/03/2059 : Néo pulps - - - - - - - - -

La Bande Dessinée s’approche gentiment et gaillardement de son bicentenaire. Chez les collectionneurs, les albums de la période dite classique (de l’entre-deux Guerres Mondiales à la fin du XXe siècle) s’arrachent à prix d’or, malgré un nombre de tirages d’albums qui n’avait cessé de s’accroître au cours de ces années. Il avait fallu cette durée à la vieille dame pour acquérir ses lettres de noblesses auprès d’un large public. Mais, à partir des années 10 et en deux décennies, l’arrivée du papier électronique avait fait passer l’album de BD d’objet culturel de grande consommation (on a vu à cette époque des albums tirés à plusieurs million d’exemplaires…) à celui d’objet de collection et d’art. Aujourd’hui, les éditeurs n’impriment plus que des tirages de tête toujours plus luxueux.
Dans le domaine de la publication de périodiques, Sully Trans Press (STP, lire FH/YVA du 11 novembre 2058 : Retour des kiosques à journaux) démontre que les modèles économiques ne sont jamais figés. Il est aussi possible de fidéliser le client, à l’époque du "butinage" numérique. Avec un même esprit de renovation mais à l’opposé de la démarche technologique de STP, quelques maisons d’édition se lancent dans l’aventure de la promotion de nouveau talents mais, surtout, celle du tirage sur papier, démarche anachronique, s’il en est, au temps du tout électronique. Cette initiative pourrait être comparée aux pulps, ces publications à bas prix qui eurent leurs heures de gloire, aux USA, autour de la période de la Grande Dépression de 1929. Ce renouveau de la BD sur papier synthétique bénéficie, après négociation, des réseaux de récupération de STP qui permettent une récupération des matériaux de l’ordre de 85 à 90%.
Mais, ces jeunes éditeurs ne cachent pas leurs réelles intentions : pousser le lecteur à se reconstituer des collections pérennes. Le jetable et le papier électronique ont failli tuer la création graphique. A l’évidence, la dématérialisation des support a privé le lecteur du lien affectif qu’il pouvait avoir avec l’ouvrage ce qui l’incitait à le garder et le collectionner, petit secret redécouvert d’une industrie de l’édition durable.
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
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10/11/2058 : Le retour du kiosque à journaux

Sully Trans Press annonce que l’ensemble de ses titres « People » seront à l’équilibre à la fin de l’année 59. En plus de l’intention éditoriale, cette annonce valide le modèle économique qui s’est cristallisé autour du papier électronique jetable. Ce dernier avatar des supports d’information que permet les dernières évolutions technologiques se veut la combinaison parfaite entre le média imprimé et le média interactif. Le système de distribution développé par Sully Trans Press (STP) repose également sur un réseau de kiosques à journaux en plein développement.
Le papier électronique jetable (PEJ) possède les qualités et le confort de lecture du papier classique, les qualités environnementales et interactives d’un support électronique et les qualités d’un ordinateur avec ses capacités de connexions à l’HyperNet. La dernière qualité du PEJ répond également à une attente chez le consommateur : ne plus avoir les poches et mains encombrés d’appareils plus ou moins encombrants et jamais complètement adapté à l’usage que l’on veut en faire.
Après avoir eu le plaisir de se rendre dans son kiosque à journaux pour y acheter son titre favori… après avoir lu à satiété le dit titre et tout autre contenu interactif associé, le lecteur se débarrasse de son PEJ en le jetant dans une corbeille parmi des milliers mises à la disposition de ses consommateurs par STP. En plus du développement du réseau de ses kiosques et de ses corbeilles, STP s’est associé le travail d’une armée de robots dont la tâche est d’assurer le traitement des corbeilles. Ces robots sont assignés à un kiosque et maillent ainsi l’ensemble du territoire. Les robots sont également chargés de récupérer les PEJ abandonnés hors des corbeilles ; tout consommateur de STP se voit accordé un crédit de 5 documents abandonnés hors des corbeilles avant d’être sanctionné par une amende forfaitaire. Les robots sont également chargés de retirer de la circulation les supports défectueux.
L’intérêt que manifeste le grand public pour cette nouvelle forme du commerce de l’information intéresse les médias classiques et historiques qui voient dans cette nouvelle forme de distribution un débouché pour leur propres contenus. D’autres industriels envisagent la procédure de collecte des robots STP un moyen de recyclage d’un ensemble beaucoup plus large de matériels électroniques (flyers, tracts…).
© Olivier Parent - prospective.lecomptoir2.pro
Voir aussi : 05/05/2058 : Tests à géometrie variable
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