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Olivier Parent

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12 mai 2008

12/05/2058 : Islam républicain


La recteure de la Mosquée de Paris, traditionnellement présidente du Conseil National du Culte Musulman, a accueilli la présidente de la République et le maire de Paris sur le parvis de la mosquée, à l’occasion du 37e anniversaire de l’assassinat de Fahouad Ben Fahçem.

A peine nommé, celui qui reste le plus jeune recteur de la Mosquée de Paris jamais désigné par ses pairs, se fit rapidement remarqué pour des propos revendiquant une pratique progressiste de l’Islam et pour ses attachements aux valeurs républicaines. En plus de déclarations en faveur du respect des droits de la femme, il s’était, également, prononcé favorable à la séparation des pouvoirs spirituels et temporels. Le discours qu’il prononçât, l’avant-veille de son assassinat, dans lequel il appelait les pays musulmans du monde à s’inspirer de la loi française dite de 1905, promulguant la séparation de l’Eglise et de l’Etat, reste dans la mémoire de tous ceux qui œuvrent en faveur de la Paix dans le monde. Nombre d’entre eux placent ce discours aux côtés de celui que prononçât Martin Luther King peu de temps avant son propre assassinat.

Alors, que Martin Luther King avait été tué par les plus résolus de ses opposants, vraisemblablement issus de l’Amérique raciste blanche, le jeune recteur, âgé de 33 ans, a, quant à lui, été assassiné par d’autres musulmans. La thèse du commando d’Al Quaïda, infiltré en France à cette seule fin, reste la plus probable. Ce commando n’a, d’ailleurs, jamais été appréhendé, ce qui laisse supposer de solides appuis afin de sortir de France sans jamais être inquiété.

L’assassinat de Fahouad Ben Fahçem, en 2021, avait retenti comme un coup de tonnerre dans les consciences des musulmans de France. Plus que jamais résolus à se désolidariser des mouvements terroristes internationaux, le jeune recteur et ses valeurs républicaines devinrent un témoignage de tolérance, de respect mutuel et d’intégration qui marquent encore la conscience des jeunes générations de musulmans français et de par le monde.

05 mai 2008

05/05/2058 : Tests à géométrie variable


Tout le monde a déjà répondu à un test dans un magazine.

Le papier électronique et la généralisation des connexions MyriaLink ont apporté de nouvelles possibilités dans la collecte des données. L’analyse en temps réel de votre profil « psycho-sociologico-édito gélatineux », non plus selon 4 ou 5 typologies pré-établies mais avec une précision issue et acquise des bases de données existantes, vous concernent selon vos profils comportementaux privés et professionnels disponibles souvent à votre insu sur le Net. On appelle ces bases de données des e-Moi (moi électronique). Sans jamais avoir été interdits, ils ne sont pas tolérés… et, très souvent, ils font l’objet de tractations très onéreuses. Au début du siècle, c’était des bases de données ne contenant que des adresses électroniques qui étaient au cœur des transactions entre marchands électroniques. Aujourd’hui ce sont des vrais profils psychologiques.

Une autre subtilité existe, plus cachée pour ne pas dire sournoise. Avez-vous remarqué la case décochable (opt-out) autorisant par défaut la connexion du magasine avec votre e-Moi ? Savez-vous qu’en laissant cette case cochée, au moment de faire votre test, votre magasine préféré pourra analyser en temps réel vos réactions, vos délais de réponse, vos hésitations, vos montées d’adrénaline, votre pression artérielle, votre rythme cardiaque… autant de paramètres utilisés pour mieux contrôler, personnaliser disent les rédacteurs des tests, la pertinence de la réponse au test auquel vous vous êtes prêté. Mais c’est votre e-Moi que vous aurez nourri, faisant grandir la connaissance que les marchands ont de votre profil.

Alors, la prochaine fois que vous lirez votre magazine, prenez le temps de chercher la petite case, et décochez la ! Faites que votre test reste un moment de plaisir personnel.

28 avril 2008

28/04/2058 : IA en marche


La société BNE, éternelle concurrente de Santel, présente son premier couple Proc-PSIA, une puce et son système d’exploitation associé, issu d’une conception entièrement artificielle.

Cette puce a été conçue par un programme de simulation d’intelligence autonome (PSIA) possédant des capacités d’apprentissage et de d’autocorrection extrêmement développées. Ce qui a présidé à la « naissance » de l’unité Proc-PSIA-fille est la résolution d’une succession de questions et de problèmes primaires. Le programme a simulé un comportement social motivité par un instinct de protection et des simulacres de notions de plaisir et de douleur, au sein d’un univers purement artificiel. Ces modélisations d’instincts sont issues la quantification et la qualification d’une notion purement physique : la consommation énergétique qui est induite « l’effort » accompli pour résoudre une opération mathématique. Les problèmes que le PSIA a eu à résoudre sont qualifiés d’environnement restrictif, car ils ont été accompli dans un univers clos. Mis à par les bases de données spécialisées et nécessaires à la simulation, le PSIA n’avait aucun contact avec l’univers réel.

La seule intervention humaine dans le processus de conception de cette unité Proc-PSIA, effectivement de deuxième génération, s’est réduite à s’assurer que la fonction de « reproduction » était bien incluse dans le nouveau système d’exploitation généré par le programme parent. On parle même de génétique artificielle, dans laquelle les lignes de codes sont les gènes du nouveau Proc-PSIA. Les ingénieurs ont analysé le code généré afin d’y identifier les gènes de chaque fonction, comme on le fait pour tout être vivant.

Les grands-parents humains attendent de voir ce que le rejeton va donner comme descendance de troisième génération. Le nouveau Proc-PSIA va être soumis à de nouveaux stimuli, son univers va être étendu à des portions du nôtre, les ancêtres biologiques se gardant le droit d’une sélection drastique de cette future descendance.

21 avril 2008

Le 21 avril 2058 : Mise à jour de pathologies psychiatriques


Le Congrès International de Psychiatrie, réuni à Vienne, en Autriche, reconnaît officiellement le syndrome dit de Bailey, du nom d’un héros d’Isaac Asimov, auteur de Science-Fiction du XXe siècle.

Ce personnage, à l’instar de ses contemporains de fiction, est incapable de se promener à l’air libre du fait de son éducation troglodyte, au sein de cités géantes et souterraines, coupé de tout, surtout de tout rythme et de toutes influences naturelles. Les cabinets des psychothérapeutes ont été amenés à traiter de plus en plus de patients souffrant d’Agoraphobie Péri-Urbaine Dépressive (APUD) ou syndrome de Bailey. Ce sont des urbains qui vivent dans les principales mégapoles de la planète, utilisant les cellos comme domicile, et pouvant passer plusieurs jours consécutifs sans en sortir. Ce sont des professionnels aguerris dans leur domaine que ce soit dans le tertiaire ou le quaternaire. La plupart du temps, le syndrome se révèle à la suite d’un séjour prolongé en milieu rural. A leur retour, les victimes du syndrome de Bailey s’enferment dans leur cello, refusant tout contact avec l’extérieur. Ils sont tétanisés par la peur du ciel bleu, des espaces ouverts, des courants d’air frais et par l’absence de l’ubiquité numérique que leur offre le confort sécurisé des cellos.

Les pompiers de Paris ont demandé à recevoir une formation spécifique sur le traitement de tels symptômes. Leurs représentants syndicaux ont révélé que le nombre d’interventions concernant de tels cas était en constante progression. Ils constatent également que l’obésité est souvent associée aux cas d’APUD, ce qui complique leur tâche quand la personne auprès de laquelle ils interviennent a dépassé en corpulence le gabarit de la porte de leur cello. Cela nécessite le démontage d’une des parois du cello, voire sa destruction, dans certains cas. En plus du traumatisme lié au syndrome de Bailey, les victimes doivent subir celui de la destruction d’une partie de l’habitat qui les rassurait tant. Les pompiers sont amenés, à ce moment, à gérer un sur accident psychologique majeur.

14 avril 2008

Le 16 avril 2058 : Éboueurs orbitaux


Les Nations Unies renouvellent, cette semaine, le mandat de la compagnie X-Olia qui a pour mission de nettoyer les parages de la Terre de ses nombreux débris orbitaux. Ce mandat, accordé au terme d’une longue procédure, permet à la X-Olia de collecter auprès des différents opérateurs orbitaux et spatiaux une taxe qui finance, en partie, la flotte des vaisseaux poubelles orbitaux.

Robotisés, pour la plupart, ces vaisseaux sont munis de radars à très haut pouvoir de résolution afin de repérer les plus petits objets. Ce qui fait la force du travail de X-Olia est une autre collecte : celle des informations sur l’ensemble des mouvements spatiaux, qu’ils soient passés, présents ou à venir. C’est une impressionnante base de données qu’a constitué l’éboueur spatial, sur tout ce qui passe à proximité de la Terre. C’est ainsi que grâce à de puissants simulateurs, on arrive à retrouver nombre de débris, consécutifs à des destructions d’engins, même très anciens, là où on ne les attendait pas.

L’établissement de cette base de données, qui appartient à l’ONU, ainsi que les simulations qui lui sont associées, faisaient partie des conditions à remplir pour obtenir le mandat international. Cette connaissance des mouvements spatiaux est appelée à de nouvelles missions avec la prochaine exploitation des astéroïdes projetés sur la face cachée de la Lune. X-Olia, sans réel pouvoir, a, néanmoins, émis un avis défavorable au sujet de ce type d’exploitation minière.

A l’occasion du renouvellement de ce mandat, il n’est pas sans intérêt de rappeler que le traitement des débris spatiaux avait mal commencé, en 2022, moment où, une société privée, la Trabendo Orbital Wast Corp. (TOW), avait tenté de prendre en otage les opérateurs orbitaux. La TOW leur extorquait des sommes faramineuses sous la menace de voir les déchets collectés relâchés à proximité de tel ou tel satellite ou installation spatiale. L’affaire avait fait grand bruit. C’est de ce scandale qu’est né le mandat international d’éboueur orbital












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07 avril 2008

Le 7 avril 2058 : Archéologie martienne et symbole terrien.


À l’occasion de son deuxième voyage Terre-Mars, le First-Hope porte dans ses soutes une cargaison hautement symbolique. Il a été confié à l’équipage la « dépouille » d’un précurseur de l’exploration martienne et de la conquête spatiale : le robot Opportunity. De retour sur Terre dans quelques semaines, Opportunity sera, au cours d’une cérémonie internationale, coulé dans un bloc de cristal artificiel afin de l’immortaliser, lui et les symboles qu’il porte. Le lieu de création de ce monument a été choisi avec soin : ce sera sur le parvis de la représentation onusienne à Jérusalem, ville internationale, ville symbole d’une planète qui cherche toujours la paix. Le frère d’arme d’Opportunity, Spirit, a été également retrouvé. En bien meilleur état que son jumeau, il a même été réactivé. Après quelques réglages, Spirit s’est mis en attente d’instruction d’une nouvelle mission. Le langage employé par l’unité centrale était ancien, au point qu’il a fallu adapter l’émetteur par l’intermédiaire duquel les techniciens s’adressaient au petit robot, mais tout semblait en ordre. « On a failli réparer les roues et les autres organes défaillants pour le relancer… Mais il y avait trop de risques qu’il soit détruit par inadvertance, vu l’activité qui règne sur Mars ! » s’est enthousiasmé un ingénieur. Il a donc été décidé de cristalliser Spirit au même moment qu’Opportunity, au cours d’une cérémonie similaire, sur Mars, sur le site même du premier « arènissage » (de Arès, Mars en grec), en présence des représentants de toutes les organisations présentes sur la planète rouge, qu’elles soient privées ou publiques. Les deux Antiquités technologiques sont appelées à devenir les témoins de l’exploration martienne par l’humanité et les jalons d’un voyage qui doit mener l’homme vers des horizons toujours renouvelés. Sur Terre, le choix de Jérusalem ne laisse pas indifférent. Les extrémistes juifs et arabes voient un peu plus s’éloigner l’éventuelle reconquête de la ville pour en faire LEUR capitale.














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31 mars 2008

Le 31 mars 2058 : Le pigeon parisien est de retour


Le pigeon, qui longtemps fut un fléau dans les grandes villes telles que Paris, fait son retour dans nos mégapoles après sa modification, son amélioration par voix de génie génétique.
Principalement, le pigeon a été « programmé » pour une nouvelle tâche : les pigeons qui, à compter de ce jour, survoleront Paris, s’affaireront, de jour comme de nuit, au nettoyage de nos rues. Les modifications apportées à ces animaux, on les appelle G&N-animal (pour Génétique & nanoT, prononcez « gènanimal »), concernent leur anatomie et leur comportement.

Au plan anatomique, leur jabot a été modifié afin de servir de benne à ordures. La plupart des détritus qui encombrent nos rues peuvent être picorés par ce nouveau type d’éboueurs. Une fois leur jabot plein, les G&N-pigeons volent, par réflexe « ajouté », vers une des multiples stations de traitement réparties dans la capitale. Là, les G&N-pigeons régurgitent leur « chargement ». Le temps que les ordures collectées passent dans le jabot du petit éboueur, elles auront commencé à être « digérées » par des robots nanoT présents dans le jabot modifié. Le plein de R-nanoT est fait par l’intermédiaire de l’alimentation.

Au plan comportemental, ce sont les insectes qui ont donné une de leurs principales qualités, celle de la collaboration dans le travail. C’est ainsi que les G&N-pigeons savent désormais s’attaquer à des ordures bien plus grosses qu’eux et les réduisent à la taille nécessaire pour êtres ingérés. Ils ont aussi appris à des insectes comment déplacer collectivement certains objets encombrants la voie publique.

Pourquoi avoir choisit le pigeon pour cette tâche, à la place d’un insecte ? Trois raisons nous sont avancées par les responsables des laboratoires Fournier Gene-Lab. : la première est la taille de l’éboueur, la deuxième son vol qui permet l’évacuation rapide des ordures, la troisième est sa parfaite adaptation au milieu urbain. Le travail de modification comportementale fût ainsi mineur.














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24 mars 2008

Le 24 mars 2058 : Morphings sous-cutanés


Le tatouage vit sa révolution technologique : arrivent sur le marché des encres utilisant les nanotechnologies.
Ces encres permettent une nouvelle expérience du tatouage : celui-ci devient évolutif, à un rythme d’environ 10% de modification par heure. Trois paramètres sont pris en compte dans cette illusion de vie acquise grâce à des nanorobots chromofères (du grec chromo, couleur, et du latin ferere, porter) : c’est, d’une part, le dessin original composé par le talent du tatoueur, d’autre part, l’humeur de celui qui porte le tatouage, et, enfin, la programmation donnée aux nanorobots.

Les R-nanoT chromofères sont, en effet, dotés de programmes comportementalistes qui, analysant le terrain hormonal du porteur de tatouage, vont appliquer des stratégies modifiées, issues du monde des insectes. Ils déplacent ainsi des vésicules microscopiques de pigments, dans le tissu sous-cutané. Adrénaline, endorphine, progestérone, testostérone et autres phéromones… Toutes ces substances que sécrète notre corps au long de la journée deviennent des notes qu’interprètent des armées de R-nanoT, comme les fourmis le font naturellement, coordonnant ainsi leurs mouvements. Les modifications apportées par la programmation font apparaître des motifs, à l’échelle humaine.

Les fabricants annoncent déjà les encres de deuxième génération : on pourra les reprogrammer au gré de son humeur, festive, belliqueuse, séductrice, voire érotique… La palette de création est infinie. Les fabricants garantissent que jamais le même motif ne se retrouvera sur deux personnes différentes. Dernière qualité de ces encres : elles sont effaçables. Plus précisément, quand le client veut effacer un tatouage, deux solutions s’offrent à lui : soit attendre l’élimination naturelle des R-nanoT, soit ingérer un inhibiteur, c’est-à-dire une solution chimique qui donne l’ordre aux R-nanoT d’arrêter leur travail. Corollaire à cet état de fait, celui qui veut garder sur une plus longue période son tatouage, devra alimenter celui-ci en R-nanoT.













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17 mars 2008

Le 17 mars 2058 : Le Musée Grévin nouveau arrive !


Voyant le nombre de ses visiteurs fondre comme banquise au soleil, le Musée Grévin s’est lancé dans de vastes travaux de restructuration et de rénovation.
« La partie traditionnelle du musée n’a pas pour autant été sacrifiée » rassure le directeur du musée, maître d’œuvre de ce projet. La robotique, néanmoins, a la part belle dans cette nouvelle version de cette vieille institution parisienne qui a essaimé dans le monde entier. Depuis longtemps dans les cartons à dessin, les doubles robotisés des personnalités ont dû attendre une certaine maturité des technologies de cette industrie en pleine évolution.

Le contexte du musée contournait le problème de l’autonomie énergétique et comportementale. Par contre, ce même contexte a amené à un niveau jamais encore égalé le traitement mécanique du visage et de la peau en général. « Faire une belle cire de Jimmy Hendrix fait d’avantage appel à un talent artistique que technologique… Mettez en mouvement ce même personnage, vous vous heurtez à une quantité insoupçonnée de problèmes, aux premiers desquels on compte la typologie gestuelle propre à chacun d’entre nous », nous a expliqué Monsieur Pier Roncayolo, directeur du Groupe Musée Grévin.

Le musée a bénéficié d’un soutien conséquent et inattendu de l’industriel Toy-Noda. Le constructeur et promoteur des robots voit dans ce mécénat « un bon moyen de préparer les opinions publiques à l’arrivée, dans leur vie quotidienne, des robots anthropomorphes, les R-humanos, évolution naturelle de cette industrie ». C’est donc en collaboration qu’ont été développées des applications de modélisation de typologies gestuelles, en travaillant soit à partir de film et de vidéo, pour les plus anciens des futurs locataires du musée, soit d’après enregistrement direct, en laboratoire, pour ceux d’entre eux qui sont encore vivants.

10 mars 2008

Le 10 mars 2058 : Rancœur froide


La cinquantaine de clones humains découverts, à partir 2027, dans les murs de trois sectes indépendantes, ont aujourd’hui entre 34 et 37 ans. La découverte de ceux qui n’étaient alors que des enfants avait, à l’époque, permis la mise en application de législations contre le clonage humain. Tous ces individus étaient issus des gènes de divers gourous. Sans vivre cachés, aujourd’hui, ils cherchent à préserver un certain anonymat. La plupart d’entre eux a subi des opérations de chirurgie esthétique afin d’altérer leur apparence, quand la ressemblance avec leur parent était trop flagrante. Quelques-uns se rassemblent pour tenter d’exorciser leurs origines. Ces réunions ont toujours lieu dans la plus grande discrétion. Une poignée d’entre eux se sont rassemblés afin d’attaquer, une nouvelle fois, en justice, les anciens responsables des sectes encore vivants. Ils sont, pour la plupart, toujours incarcérés, suite aux procès datant des années 30-35. Les « enfants des sectes », devenus adultes, revendiquent, désormais, le droit à un nouveau procès, cette fois pour crime contre l’humanité, ce changement de qualification étant indispensable à toute nouvelle procédure. L’annonce de la perspective d’un nouveau procès a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans un monde qui ne sait toujours pas quelle place donner aux clones. Nos sociétés vivent dans le déni total de cette question, bien que, chaque jour qui passe la rende un peu plus flagrante ; malgré l’absence de chiffres officiels, le nombre de naissances illégales issues de clonages ne cesse de croître, sur l’ensemble de la planète. En réponse au groupe attaquant les anciens gourous, un autre groupe de clones s’est constitué. Celui-ci s’engage, en cas de procès, à témoigner en faveur des accusés. Par une telle déclaration, ils espèrent dissuader leurs frères de destin de s’engager dans une procédure qu’ils jugent « contre nature ». « Ce n’est pas avec ce genre de procès que l’on fera avancer la cause des clones, dans le monde » a déclaré le porte-parole de ce groupe informel.

03 mars 2008

Le 3 mars 2058 : Terre de Paix


Bien que dans les faits, de nombreuses personnes vivent déjà à El Sherida, les premiers colons n’arrivent officiellement qu’aujourd’hui sur ce qui fut le site de l’explosion d’un missile iranien. Fertile, au début du XXIe siècle, cette vallée, irriguée de l’eau du Jourdain, avait été rayée de la carte, le 3 novembre 2012, par le feu nucléaire. Cette même année est restée charnière dans l’histoire des relations internationales entre le monde arabo-musulman et l’état d’Israël, entre Occident et Orient. De manière incompréhensible, le missile avait évité toutes les contre-mesures israéliennes. Son lancement qualifié d’accidentel et jamais officialisé par les autorités iraniennes, explique peut-être des disfonctionnements salvateurs qui ont évité au monde une catastrophe qui n’avait pour précédent que Hiroshima et Nagasaki. C’est finalement dans cette vallée, à la jonction des états israéliens, libanais et jordaniens, que s’est abîmé le missile, faisant 3000 victimes, ressortissantes de ces trois nations ainsi que de Palestiniens. L’internationalisation des victimes et la peur du feu nucléaire mirent un frein aux répliques immédiates, donnant le temps aux diplomates de faire leur œuvre. L’expansion iranienne fit également les frais de cette explosion. Les pays arabes se désolidarisèrent de cet allié encombrant dans leurs démarches de normalisation politique et économique. Cette explosion avait marqué surtout la naissance de l’état Palestinien : La peur de l’horreur avait stigmatisé l’aberration de la situation géo-politique de la région. Les élans de générosité internationale pour décontaminer la vallée d’El Sharida aidèrent à la cristallisation de toutes les volontés qui jamais, à ce jour, n’avaient réussi à voir aboutir à la création de cet état. Malheureusement, les faits montrent que tout n’était pas réglé entre Israël et ses voisins arabes : « Israël est né de la Shoa. El Sherida est notre blessure, les cendres desquelles est née la Palestine » s’était exclamé Mehmet Al Sharawoui, le premier porte-parole de l’état palestinien. La phrase, qui, encore aujourd’hui, ne manque pas de déranger dans les rangs israéliens et qui garde les partis juifs extrémistes actifs, eux qui restent toujours opposés à la création de l’état de Palestine.

25 février 2008

Le 25 février 2058 : Artifices industriels et maritimes


Si vous quittez Nice en bateau et à mi-chemin de la Corse, vous verrez se dresser un îlot artificiel à l’apparence industrielle, sans commune mesure et sans comparaison dans le reste du monde. Mais le plus frappant est que cet édifice s’est bâti sans aucune préméditation. À l’origine, cette structure était un puits technique et de sécurité, tout autant que d’aération pour le tunnel magnéto-ferroviaire Continent-Corse. Cette construction étant un des maillons de ce qui sera à terme l’axe ferroviaire Europe-Afrique. Rapidement, ce qui ne devait être qu’une déserte technique a vu affluer les entrepreneurs qui envisagèrent tous les avantages de cette station hors des eaux territoriales de tout état. La compagnie Paneuropean Tunnel a vite modifié les statuts de la station technique 26-R7 pour porter sur les fonts baptismaux Azurea-1, la première pépinière off-shore d’entreprises. C’est ainsi que se sont ajoutés des usines marée-motrices et des champs d’éoliennes. Puis, des centres de loisirs sont venus s’amarrer à Azurea-1 ; immenses barges sur lesquelles on trouve tous les tripots et spectacles imaginables. Et les barges furent bientôt scellées aux structures d’Azurea-1. La Paneuropean touchant de substantiels dividendes de ces activités ludiques. Les clients ne se sont pas fait attendre. Azurea-1 est devenue une escale prisée des croisiéristes. Des plateformes aériennes ont été aménagées et la Paneuropean a modifié ses horaires afin d’offrir un arrêt à ses passagers qui souhaitaient profiter de ce qui en train de devenir un Los Angeles ou un Macao off-shore aérien tout autant que sous-marin. Mais, ce qui fait la force de cet étrange ensemble (ce qui explique que les états laissent se développer cet espace hors de tout droit national), ce sont les usines de production d’hydrogène et de ses dérivés et isotopes, issus de l’eau de mer. Elles ont apporté des richesses indispensables à la survie de cette ville industrielle et artificielle qui frémit d’une activité sans fin.

18 février 2008

Le 18 février 2058 : Protection individuelle


L’Europe célèbre le 25e anniversaire de l'EEDPC (European Electronic Data Protection Council). Cette institution indépendante, souvent décriée, est née de la fusion de la CNIL française avec ses consœurs européennes.

La seule victoire de l’EEDPC (prononcez l’eed-PC) qui fasse l’unanimité est la promotion, tout d’abord au niveau européen vite suivie d’une adoption au niveau mondial, des législations en faveur des adresses électroniques dites PEMA (Private Electronique Mail Address). Ces textes étendent les protections liées à la propriété privée d’un individu à toute adresse électronique déclarée comme privée, d'où la PEMA. Cette propriété privée impliquant le respect de la vie privée, l’ensemble des activités électroniques d’un individu tomba sous la protection de textes fermement protecteurs des libertés individuelles. Cette évolution est en opposition totale avec la tendance du début du XXIe siècle, moment où l’on vit, aux USA puis en Europe, la mise en place de textes très restrictifs des libertés individuelles au nom de la protection de la communauté et de l’Etat.

Les évolutions de société de ces dernières décennies rendirent indispensable la protection des activités électroniques de tout individu. La première de ces évolutions fut le vote électronique. Il ne fut accepté par les électeurs qu’au prix de la création et de la protection de l’individu électronique. Une autre évolution fut l’abandon de l’adresse postale physique au profit d’une existence uniquement électronique. Cette évolution faisant suite à la dématérialisation de l’administration.

C’est ainsi que l’EEDPC milita pour la création des PEMA, seule réponse objective aux évolutions des sociétés et des Etats. Les opposants furent nombreux. Parmi eux, les marchands électroniques qui se voyaient infligés de lourdes amendes en cas de violations de la vie privée électronique. D’autres opposants furent les partis politiques conservateurs, pour qui de telles protections signaient la mise à mort d’une image idéale de l’Etat.

11 février 2008

Le 11 février 2058 : Robotique agraire


Le robot humanoïde (R-humano) investit, petit à petit nos campagnes et devient une réponse objective à la désertification rurale.

Pendant de longues décennies, l’utilisation de robots, à la ferme, s’était cantonnée à un ensemble de manoeuvres techniques. Les engins dotés de cerveaux robotiques étaient appelés R-manœuvres pour les labours, moissons, semailles… Le robot était indissociable de l’engin. À la plus grande satisfaction des promoteurs des R-humanos, le nombre de ces derniers assignés à de nouvelles tâches dans le monde agricole ne cesse de croître et se banalise.

C’est ainsi que l’on a vu des « R-humanos » assignés à l’assistance des R-manœuvres. Charger, décharger, graisser et réparer, les R-humanos sont vite devenus indispensables à l’exploitation des domaines agricoles contemporains. Deux nouvelles tendances se présentent dans l’utilisation du R-humano ; d’une part, le retour des engins agricoles non robotisés et pilotés par des R-humanos. Cette pratique est justifiée par une optimisation de l’utilisation des R-humanos dont l’achat reste onéreux, d’autant plus quand on parle de flottes robotiques sur les plus grands domaines. On économise ainsi la robotisation de l’engin de manœuvre. Cette pratique a été rendue possible par l’adaptabilité développée par les dernières générations de robots humanoïdes.

L’autre tendance, conditionnée aux mêmes qualités des R-humanos, consiste à lâcher dans la Nature, au propre comme au figuré, des flottes de robots-jardiniers dont la mission est d’entretenir la campagne. Malgré le mouvement migratoire rurbain, la surface des terres anciennement agraires et, désormais, laissées à l’abandon, ne cesse de croître. Les modifications climatiques ont fait apparaître sous nos latitudes de nouvelles espèces de plantes envahissantes. La présence de ces robots-jardiniers maintient la campagne dans un état qui sans leur action ressemblerait vite à une jungle inextricable.

04 février 2008

Le 4 février 2058 : La Camargue boit la tasse


La France vient de perdre un de ses joyaux naturels : la Camargue n'est plus. Après consultation par le gouvernement des différents acteurs sociaux, privés et politiques, il a été décidé de mettre fin au pompage permanant des eaux d’infiltration. Ce territoire était devenu un polder, au cours du dernier demi-siècle, du fait de la montée du niveau des mers, consécutive aux dérèglements climatiques constatés au cours de la même période. Le programme de sauvegarde mis en place ces dernières années, aura plus tenu de « l’inventaire avant fermeture définitive » que du plan d’action volontaire qui devait assurer la sauvegarde de ce parc naturel.

Aujourd’hui, c'est bien un constat d'échec qu'il faut établir : l'homme n’a pu rien entreprendre contre les forces de la Nature, d'autant plus quand il est à l'origine de ces déclenchements de "colère". Plus au Nord, en Europe, les Pays-Bas ont décidé de se battre, coûte que coûte contre les éléments, en surélevant leurs digues et en renforçant les systèmes de pompage. Dans le même temps, les autorités incitent les particuliers à construire des maisons inondables, c’est-à-dire sur pilotis.

Chaque pays réagit de manière différente à cette montée des eaux. Le classement de la Camargue au Patrimoine Mondial de l’Humanité, auprès de l’Unesco, n'y aura rien changé. Ce territoire était pourtant le témoin de ce que l'homme peut réaliser quand il respecte la Nature. Le gouvernement de Monsieur Pierre-André Ballama-Petrus est accusé, par l’Opposition, d’avoir baissé les bras malgré un habile discours qui tente de minimiser l'impact de cet arrêt.

L'Opposition fait son beurre d’une telle affaire en s'en emparant. Elle stigmatise l'immobilisme du gouvernement national aussi bien que celui de la Commission Européenne et promet, en cas de victoire aux prochaines élections législatives, de lancer un programme de sauvegarde étendu à l’ensemble des zones humides de France.

28 janvier 2008

Le 28 janvier 2058 : Migration spatiale


Les mirages de la conquête spatiale ont fait une nouvelle victime : le corps sans vie d'un jeune homme a été découvert à l'arrivée de la navette spatiale qui assure les rotations entre l’orbite terrestre et le chantier de Lagrange Gamma.

Les premières constatations révèlent que le passager clandestin est mort d’asphyxie, au moment de la dépressurisation des soutes, consécutive au départ. La soute dans laquelle le malheureux avait pris place était prévue pour le transport de denrées non-périssables. Le corps a été retrouvé congelé. Les soutes ne sont pas chauffées sans pour autant être aux températures extrêmes du vide spatial. On a retrouvé près du corps une musette contenant un thermos et diverses victuailles. Ces dernières précautions n’auront eu aucun effet sur sa survie.

Ce nouveau drame est un sérieux indice sur le manque de contrôle des mouvements des populations spatiales. L’accélération des constructions hors terre va en s’accélérant. On ne compte pas moins d’une centaine d’opérateurs spatiaux (compagnies spatiales, minières, de fret spatial, constructeurs de vaisseaux comme de satellites, agences d’intérim de personnels extravéhiculaires…), sans prendre en compte les sous-traitants, qu’ils soient charpentiers-métallos, électriciens, climaticiens et autres informaticiens. Pour tous ces hommes et femmes, il n’aura fallu qu’un stage de capacité orbitale, sanctionné par une simple visite médicale.

Le jeune homme décédé aurait dû être de retour sur Terre depuis plusieurs semaines. Personne ne s’était inquiété de cette absence, en tout cas, pas son employeur. Les enquêteurs cherchent de possibles complicités qui lui auraient facilité l’accès de la navette et apporté une assurance d’emploi, arrivé à destination. Ce qui laisserait supposer l’existence d’un marché du travail au noir dans les chantiers hors terre. Ceux-ci n’emploient pas loin de 3500 personnes, tous chantiers confondus. Il n’existe aucun chiffre officiel sur cette population.