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Le 26 février 2057 : Le salaire de la peur ou ivresse du voyage ?

Au cours des 10 prochaines années, les voyages dans l’espace vont se généraliser avec l’ouverture des exploitations minières « hors-Terre ». Les agences de recrutement spécialisées dans les personnels spatiaux sont d’ors et déjà submergées de candidatures pour des postes de minieurs, de géologues…de camionneurs de l’espace. Et une question se pose : Qu’est-ce qui pousse ces gens à se priver de 3 à 5 années de vie passée en hibernation pour un voyage qui sera loin d’être un voyage d’agrément ?

L’hibernation, grâce aux nanotechs, est sortie des laboratoires pour faire partie de l’arsenal médical à disposition des voyageurs, mais les solutions techniques pour répondre aux conditions d’exploitation minière dans l’espace en sont encore aux conjectures : Deux solutions parmi d’autres : Envoyer du personnel dans les champs d’astéroïdes afin de faire sur place les travaux d’extraction ou projeter sur la Lune les mêmes astéroïdes et les exploiter à l’endroit de leur chute. Une chose est sûre, il faudra envoyer du personnel dans les champs d’astéroïdes afin de monter des stations « camp de base » pour assurer les exploitations futures. Ces hommes et ces femmes devront se préparer à des conditions de vie extrêmes sur de longs mois, en plus de la durée des voyages. Les premiers à partir seront ceux qui auront à subir les conditions les plus dures.

La compagnie minière Versamelde-Ba Amdo est la première société à annoncer le développement d’un programme d’exploitation dans la ceinture d’astéroïdes. L’idée de la VBA est de se servir de Cérès, l’un des plus gros astéroïdes de la ceinture situèe entre Mars et Saturne, comme port. En effet la taille de Cérès (environ 1000 km de diamètre) assurera une gravité minimum qui sera d’un grand secours pour l’installation des bases spatiales d’exploitation minière.

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Le 19 février 2057 : Le patrimoine de l’Humanité maigrit.

Malgré les efforts des associations de protection de la Nature et les moyens que donnent une inscription au catalogue du Patrimoine de l’UNESCO, il faudra, pour l’année 2055, rayer encore neuf espèces qui étaient en voie de disparition et inscrites au patrimoine mondial de l’Humanité. C’est la déclaration, pressentie, que vient de faire le porte-parole de l’UNESCO, au siège de Rome.
L’inscription au catalogue du Patrimoine mondial de l’UNESCO était le signe d’une réelle reconnaissance d’un patrimoine donné. Jusque dans les années 20, cette liste se consacrait essentiellement à tous les domaines de la culture, qu’ils soient naturels ou historiques. On y vit les pyramides de Guizeh, en Egypte, comme le quartier Saint Jean à Lyon, en France, ou le parc du Yellowstone, aux USA, et encore les Falaises de Bandiagara, au Mali…
Les bouleversements climatiques des dernières décennies ont accéléré les procédures de reconnaissance pour les sites les plus en danger. Et en 2020, l’UNESCO ouvrait son catalogue au monde du vivant ; trop d’espèces végétales ou animales disparaissaient… L’exploration des derniers territoires vierges (grands fonds océaniques, lacs souterrains millénaires aux pôles de la planète, grottes scellées depuis des millions d’années découvertes grâce aux dernières améliorations technologiques…) ne faisait qu’augmenter la liste des espèces mises en danger par l’expansion des activités humaines et de la biologie dominante.
Plus que jamais, tous les regards se tournent vers le Spitzberg, où la grève du personnel de l’Arche continue : l’éloignement et le confinement polaire est-il, oui ou non, comparable à celui d’une station spatiale ? La question, on l’espère, trouvera réponse dans les jours qui viennent.

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Le 12 février 2057 : Fausses identités.

Partout dans le monde, s’accumule un nouveau genre de dossiers sur les bureaux des secrétariats d’instruction judiciaire. Que se soit des employeurs, des clients ou même des époux, le nombre de plaintes pour falsification d’identité ne cesse de croître. Ces plaintes portent toutes sur les mêmes suspicions : la présence des clones dans la société. Malgré le moratoire qui interdit le clonage reproductif, le nombre de clones dans le monde ne cesse de s’accroître.

Les clones issus des événements de 27 avaient donné le ton du comportement à tenir : se faire oublier. Cependant, on estime aujourd’hui le nombre de clones à 200 000, répartis sur l’ensemble de la planète. Le premier comportement du richissime illuminé qui se faisait cloner pour survivre à lui-même est « passé de mode ». Aujourd’hui, ce sont principalement des personnes seules, hommes ou femmes, qui font appel à des laboratoires clandestins afin obtenir une descendance par voie de clonage.

Les actuels débats à l’ONU nous confirment que le droit international n’a pas anticipé l’arrivée des clones. Les procédures judiciaires qui se multiplient nous apprennent également que la société n’est pas prête à les accepter en son sein. Certains les appellent « mon enfant », d’autres ne voient en eux que des monstres ; l’époux qui divorce, la maman qui renvoie la nounou, la patiente qui refuse les soins de l’infirmier, le patron qui renvoie son collaborateur, tous ces refus ont les mêmes raisons : il existait un doute sur l’identité de la personne concernée. A chaque fois, les mêmes événements produisent les mêmes effets : des conversations et des confidences amènent le doute sur la naissance de l’individu et déclenchent la procédure. Un besoin de reconnaissance qui pousse les clones vers un suicide social.
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Le 5 février 2057 : L’Arche de Noé mise en danger

Le site avait été choisi pour ses qualités : Stabilité géologique et climatique, faiblesse de la pollution et des rayonnements cosmiques sous la couche rocheuse… Quand le Spitzberg fut choisi, tout faisait de ce site le lieu idéal pour l’implantation de la réserve mondiale de semences végétales.

Depuis trois décades, les gamètes de toutes les formes de vie animale de la planète ont commencé à être collectées et congelées. Dernière évolution en date de ce qui est devenue l’Arche Planétaire, le stockage informatique des patrimoines génétiques de toutes les formes de vie de notre planète. Cette troisième évolution demandera des décennies et des moyens considérables. Rien que le stockage informatique des gènes de la levure de bière prend environ 4 gigaoctets… imaginez : Sur Terre, le nombre d’espèces se compte en millions ! Les impératifs de la biodiversité incitent à « sauvegarder » toujours plusieurs spécimens de chaque espèce. Plus le génome concerne une espèce élevée dans l’évolution, plus on augmente le nombre de « sauvegardes » et donc la taille de la sauvegarde.

C’est le risque d’une grève du personnel qui fait aujourd’hui parler de l’Arche du Spitzberg. Les revendications des salariés concernent les conditions de vie du personnel de l’ONU au Spitzberg. Bien qu’il soit étonnant que l’organisation mondiale, qui à la charge de ce patrimoine depuis 2033, tombe sous le coup de telles accusations... les revendications des syndicats sont claires: ils veulent obtenir les mêmes avantages que le personnel spatial. « Avec une moyenne de -40° C, à 2000 km du premier village soit 7 jours de voyage en cas de tempête, tout cela équivaut à l’isolement d’une station orbitale » nous a déclaré un représentant du personnel.

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