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Le 25 décembre 2056 : Citoyenneté virtuelle

Le début du XXIe siècle restera marqué par la dématérialisation administrative. Ce terme indiquait la simplification des démarches administratives grâce à l’Internet. En moins de 15 ans, en France, on était passé de rien à plus de 75% de foyers connectés au réseau mondial. L’engouement du public pour l’Internet a été total à l’image de celui pour le téléphone dans les années 1970.

L’Etat montra le même enthousiasme que la rue et proposa rapidement la dématérialisation de la déclaration des revenus, puis d’autres administrations suivirent comme la sécurité sociale, le chômage… les démarches se faisaient en un clic contre des heures d’attente à un guichet et tellement de paperasses en moins. Une grande étape fut franchie lorsque l’on remplaça l’isoloir et le bulletin de vote par un clic de souris. Les élections locales furent les premières concernées. Puis, et le symbole est fort, le referendum pour la VIe République fut voté électroniquement. C’était la citoyenneté dématérialisée.

Dernière étape en date : l’adresse postale est abandonnée au profit d’une adresse électronique, au choix de la personne, adossée au numéro de Sécurité Sociale, et garantie par certificat électronique. Ce sont de nouveaux comportements qui ont appelé cette dernière innovation, principalement la mobilité accrue des individus: mobilité en France, mais de plus en plus à l’échelle de la planète.

Si certains regrettent l’abandon de la vieille adresse postale, tous reconnaissent qu’elle offre une plus grande égalité entre les citoyens, la domiciliation n’étant plus un critère social. C’est à se demander combien de temps encore allons nous garder tout le décorum des ministères et de la présidence de la République !
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Le 18 décembre 2056 : Assurance crapuleuse.

Ce qui se présente comme un des plus importants scandales de ces trente dernières années débute comme un fait divers. En 2049, Sophie épouse Pierre, issu d'un milieu modeste (les noms ont été changés), contre l'avis de sa famille (son père est haut fonctionnaire). La famille de Sophie rompt tous liens avec le jeune couple. Eté 50, Pierre décède d'un cancer foudroyant du foie : 6 semaines entre le dépistage et le décès. Sophie accouche trois mois plus tard. La mort de son mari faisant revenir sa famille, cela lui permet d’être hospitalisée d’urgence au Val de Grâce : la fin de sa grossesse nécessite un monitoring permanent.

Printemps 2054, le même type de cancer que Pierre est dépisté chez l'enfant. Opéré en urgence d'une greffe du foie, il est sauvé. Sophie veut alors comprendre pourquoi Pierre n’a pu être également greffé. Commence une enquête qui durera deux ans. Dans un premier temps, Sophie découvre que la greffe qui sauva son fils est liée à une police d'assurance prise par le grand père pour son petit fils.

Suivent des péripéties dignes d'une série B : violences, menaces… Sophie persévère, pressentant d’autres intentions derrière l’officielle philanthropie : A quoi servent les prélèvements effectués à la signature du contrat ? Seulement à s’assurer de la bonne santé du contractant ? Pourquoi cette police n’est proposée qu'à des parents pour un nouveau né.

Ce dont, aujourd’hui, la Justice s’est emparé, grâce à Sophie, dépasse l’entendement : les prélèvements servaient à créer un clone du même âge biologique que le contractant. Décérébré, le clone devenait banque d'organes permanente.

Certains milieux tentent déjà de minimiser la portée réelle de l'affaire… L’actualité de l’ONU avec les débats sur l’humanité du clone de l’homme protège cette affaire de tout enfouissement.

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Le 11 décembre 2056 : On empile à Paris !

Après Londres et Berlin, Paris applique des directives européennes dites « verticales ». Elles autorisent le morcellement des surfaces des deux premiers étages des immeubles d’habitations en « cellules de vie ».

19 millions de personnes vivent en Ile de France. Les plans de décentralisation des gouvernements successifs n’ont jamais pu enrailler la concentration des activités professionnelles en croissance permanente autour de Paris.


Ces directives, très controversées, provoquent des réactions contrastées : pour certains, de droite comme de gauche, les cellules de vie permettent une sédentarisation facilité pour diverses populations. Des noctambules, vivant de l’Entertainment avec des revenus aisés et affichant des goûts très mobiles, aux milieux les plus pauvres (on les appelaient SDF), tous s’accommodent très bien de ces solutions de vie, temporaires, selon leurs propres paroles. A l’opposé, d’autres ne voient dans les cellules de vie qu’une institutionnalisation de la précarité. « On troque les libertés contre des leurres technologiques ! »


Le principe est simple : installées dans d’anciens appartements, les cellules standardisées s’empilent comme les rayons d’une ruche. D’une surface variable (le minimum est 6 m2) la qualité de service y est exceptionnelle. Beaucoup de célibataires préfèrent ce mode de vie aux vieux appartements parisiens. Les plus pauvres y trouvent aussi leur compte : le prix des plus petites cellules est très abordable.


Les propriétaires qui n’arrivaient plus à louer leurs appartements, trop sombres, insalubres et trop bruyants sont, eux aussi, satisfaits. L’installation de cellules de vie ne les engage qu’à fournir une pièce commune, un grand hall d’entrée dans la plupart des cas.

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Le 4 décembre 2056 : L’Humanité doit-elle respirer mieux ou partir plus loin ?

Vif débat à la commission spatiale de l’ONU, au siège de Nairobi. : Faut-il construire les « aspirateurs de gaz à effet de serre » et ainsi diviser par deux, en 20 ou 25 ans, les taux de ces gaz nocifs, dans l’atmosphère terrestre, ou bien doit-on se lancer dans l’aventure industrielle de la construction de l’ascenseur orbital (appelé également ascenseur spatial), ce long câble nanotech qui permettrait une accélération de l’exploitation spatiale « hors Terre ».

Certains avancent qu’une réduction trop rapide des gaz à effet de serre pourrait entraîner de nouveaux désagréments météorologiques. « Continuons à faire baisser la production de ces gaz et laissons la nature absorber nos erreurs à son rythme ! » disent-ils. D’autres continuent à mettre en doute la relation de cause à effet entre les gaz à effet de serre et les troubles climatiques de ces dernières décades. Les défenseurs de l’ascenseur orbital ne veulent pas voir cette porte ouverte sur les étoiles rester close. Ce sont les ressources minières de la Lune et, plus loin encore, celles de la ceinture d’astéroïdes qui sont en jeu, alors que les ressources naturelles de la planète s’épuisent d’autant plus vite que la croissance de la population mondiale ne cesse de croître.

« Il faut lancer l’exploitation minière de la ceinture d’astéroïdes au plus tôt ! A la vitesse à laquelle la planète s’appauvrit… les cargos spatiaux, leurs soutes pleines de minerais, auront à peine le temps d’arriver de la ceinture ! ».

Pour ces deux projets, le réel problème, c’est le coût ! Ce sont des travaux à l’échelle de l’ensemble de l’humanité qu’il faut envisager : on parle de milliers de milliards d’euros… Seul un effort planétaire permettra de mener à terme de tels projets , l’un comme l’autre, indispensables à l’avenir de l’humanité.
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