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Le 27 novembre 2056 : In vitro versus In Vivo

Le Ministère de la Santé vient de publier les chiffres de la natalité, en France, pour la période 51 à 56. La natalité subit un léger tassement, mais reste parmi les plus fortes d’Europe.

Parmi ces chiffres, une tendance se confirme : l’augmentation régulière des procréations in vitro. Les modifications législatives de 38, épaulées par les progrès de la médecine nanotech ont permis des taux de réussite des « fivettes » de l’ordre de 85 %, « meilleurs que la Nature » s’enthousiasment certains. Sur les 1 009 250 enfants nés en 2055, pas moins de 303 270 sont nés par cette technique.

Cette tendance est à mettre en relation avec le nombre croissant de parents demandant à disposer d’une liberté de choix. Jusqu'à ce jour, les embryons étaient implantés sans autre regard que celui que portent les médecins sur les maladies génétiquement transmissibles. Aujourd’hui les parents veulent avoir le choix du sexe de l'enfant mais aussi la couleur des cheveux… des yeux... La commission parlementaire d'éthique se dit à l'écoute de toutes les propositions …

Parmi les opposants à cet « eugénisme rampant », se refusant à parler d'eugénisme positif qui concernerait des choix « d’amèlioration», il est des scientifiques qui voient dans cette éventualité une boîte de Pandore : "Si on obtient le choix de la couleur des yeux, pourquoi s'arrêter là ?"

Parmi les défenseurs du choix des parents, on trouve les représentants des communautés gays et lesbiennes. Ces populations font habituellement appel à la fécondation in vitro pour avoir un enfant. Pour les membres de ces communautés, le choix du sexe de l'enfant est très important. Certains pour garder l'unicité sexuelle de la famille et d'autres au contraire pour la rompre.

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Le 20 novembre 2056 : 1ère naissance lunaire.

Le premier né « hors Terre » a vu le jour le 26 juin, à Selen One, la principale station lunaire. Et une évidence s’impose : les parents ont bénéficié de la complicité de l’ensemble de la communauté scientifique lunaire. « Comment pouvait-on imaginer qu’un groupe de scientifiques d’un tel niveau cautionne de tels agissements ? » s’interroge le directeur des opérations, à Kourou.

« Ce sont avant tout des hommes et des femmes… » tempèrent d’autres voix qui sont, elles aussi, passées par les bases lunaires et qui préfèrent garder leur anonymat. Elles laissent ainsi entendre que la tentation de donner la vie sur la Lune est de plus en plus forte. De leur côté, les Enhanced People exultent: « C’est le premier pas sur le chemin de l’émancipation de l’homme de la sphère terrestre »

A l’évidence, tout le monde a été pris de court. Auprès de quelle administration enregistrer une telle naissance ? Certains enthousiastes demandent la constitution immédiate de la base lunaire Selen One comme la première municipalité internationale.

Plus sérieusement, le corps médical s’interroge sur les espérances de vie de cet enfant. « La microgravité aura des impacts sur son développement… Dans un premier temps, son horizon doit se restreindre à Selen One. Les contraintes et forces qu’il subirait lors d’un retour prématuré sur Terre pourraient lui être fatales. » déclare le porte-parole de l’Agence Spatiale Européenne. L’Académie Internationale de Médecine Spatiale s’est refusée à tout commentaire, se donnant le temps de consulter ses membres les plus au fait de cette situation des plus inattendues.

D’autres voix, grinçantes ou jubilatoires prédisent un brillant avenir à cette « mode »… annonçant un baby boom lunaire pour les prochains mois !

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le 13 novembre 2056 : Ouverture d’un procès improbable à La Haye.

Au Tribunal Pénal International de La Haye s’ouvre un procès, il y a peu, encore improbable. Il oppose les technologies les plus avancées aux libertés fondamentales dont l’homme doit disposer pour vivre.

Petit rappel : après un moratoire d’une vingtaine d’années, les semenciers obtinrent, dans les années vingt, l’autorisation d’inclure dans leurs semences génétiquement modifiées un gène dit « Terminator ». Ce gène empêchait qu’une graine issue d’une moisson puisse être replantée : la graine-fille était stérile. Ce dispositif génétique protégeait la propriété intellectuelle des laboratoires de génie génétique et des semenciers.

Parmi les arguments qui ont justifié la mise en place de ce moratoire, certains experts citèrent le chiffre de 1,6 milliards. C’était le nombre de personnes, de par le monde, dépendantes des semences issues de leurs récoltes pour assurer leur subsistance. Le moratoire avait été voté afin de donner le temps à ces populations, avec l’aide internationale, de sortir de cette pauvreté et ainsi d’être capables d’acheter leurs semences. Ils devaient, eux aussi, pouvoir « bénéficier des avancées du génie génétique ». Le moratoire tint vingt ans. Il fut levé sous la pression des lobbies agro-alimentaires.

En à peine sept ans, on vit alors s’abattre des famines à répétition sur les pays les plus pauvres et les plus dépendants de leur agriculture. La communauté Internationale dû intervenir d’urgence, auprès de ces populations. Les opinions publiques occidentales ayant été fortement choquées par des images telles qu’on pensait ne plus jamais en voir.

Aujourd’hui, ces pays, las de faire les frais du droit international, attaquent en justice les grands groupes industriels et les laboratoires pour voir enfin leurs droits fondamentaux reconnus.

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Le 6 novembre 2056 : Les Etats Unis d’Amérique face à un destin inattendu

Au sein de l’union des états américains, les relations entre certains états hispanophones et le gouvernement fédéral connaissent des difficultés croissantes. C’est à la fin du XXe siècle qu’apparurent les prémices des interrogations qui font aujourd’hui frémir l’état fédéral américain : En Californie, comme dans un grand nombre d’états du sud-ouest des USA, la communauté hispanophone était celle qui avait le taux de croissance démographique le plus élevé.

Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 21 états qui sont devenus majoritairement hispanophones. Ces états n’hésitent pas à faire appel à la Cours Suprême des Etats Unis pour demander la reconnaissance de leurs droits constitutionnels face à un état fédéral anglophone. Certains de ces états n’hésitent pas à attaquer le gouvernement fédéral en justice pour violence morale.

Le fond de ces procédures très longues et coûteuses pour le contribuable (les plus grands cabinets d’avocats du pays se jettent dans ces batailles à corps perdus et portefeuilles grands ouverts…) ont pour but avoué de faire reconnaître l’Espagnol comme langue officielle des états plaignants. Mais, « s’arrêteront-ils à cette seule victoire » s’interrogent des observateurs extérieurs ?

Dans le même temps, la communauté noire est tentée de s’engouffrer dans cette brèche qui s’ouvre à elle : là où elle a échoué, au nom de son identité afro-américaine, les hispanophones sont en train de réussir au nom de leur langue.

Tous ces mouvements inquiètent fortement Washington qui voit son pouvoir s’effriter d’année en année, procès après procès. Le président des Etats Unis d’Amérique, très attendu, s’exprimera, dans quelques semaines, dans son traditionnel discours sur l’Etat de l’Union.

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